" à vous l'antenne !" ______________ANTENNE SOCIALE de LYON

14 mai 2020

“Mettons en œuvre une utopie mobilisatrice”

Extrait d'interview de Laurent Berger par Laurent Grzybowski, in La Vie 12 mai 2020: 

Laurent Berger

À l’heure du déconfinement, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger estime qu’il n’y aurait rien de pire que de vouloir recommencer « comme avant ». Et appelle à créer un nouveau contrat social. Avec 54 organisations, réunies au sein du Pacte du pouvoir de vivre, il souhaite lancer une conférence de la transformation sociale et écologique.

Vous souhaitez organiser une conférence de la transformation écologique et sociale. Dans quel but ?

Pour construire l’après, nous avons besoin de recréer les conditions d’un débat. Le monde fait face à une crise inédite qui appelle des réponses nouvelles. L’erreur serait de tout recommencer comme avant. Or le business, comme on dit, ne devra plus jamais être as usual. Nous allons devoir construire un nouveau modèle de développement qui préserve la vie humaine et les solidarités face aux périls sanitaires et écologiques. Prenons le temps d’en discuter, pour recréer du commun. Pour faire face aux nouveaux défis qui nous sont lancés, nous aurons besoin de plus de démocratie, de justice sociale et d’une transition écologique assumée. Pour cela, nous devons associer tous les citoyens et tous les travailleurs aux choix qui les concernent. Les 55 organisations qui constituent le Pacte du pouvoir de vivre pensent qu’il est nécessaire de poser cet acte fondateur pour recréer un nouveau contrat social.

Sur quelles bases recréer ce nouveau contrat social ?

Nous devons mettre en œuvre une utopie mobilisatrice, en nous acheminant vers une société plus juste, plus fraternelle et plus bienveillante avec celles et ceux qui sont le plus en difficulté. Une société qui inscrive son modèle de progrès, y compris économique, sur le respect de l’environnement. Le monde d’après ne sera pas celui des gagnants contre les perdants : il se bâtira sur le compromis. Nous avons besoin pour cela d’un grand moment démocratique où puissent s’exprimer les grands principes qui doivent nous diriger. Entre ceux qui nous disent qu’il faut repartir comme avant et ceux qui, dans un esprit de confrontation, attendent le grand soir, nous devons emprunter une troisième voie pour éviter de tomber dans le chaos. Celle d’un modèle plus juste, pour construire ensemble une société meilleure. Avec les compromis nécessaires pour y parvenir

Crédit photo:Eric Garault/Pasco pour La Vie

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09 mai 2020

Et après ?

Les prophètes des temps modernes avaient annoncé un cataclysme lié à des guerres, à des catastrophes environnementales, mais peu d’entre eux avaient envisagé que la mondialisation prendrait la forme d’un virus destructeur à l’échelle planétaire. Nous voici revenus au temps des grandes épidémies : 

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des pestes médiévales à la grippe espagnole. Alors que notre science semblait toute puissante, comme en 1347 ou en 1918, nous sommes assaillis par un virus qui se joue des frontières, et nous laisse sidérés par sa virulence. La mortalité s’envole à nouveau et plane sur nos têtes, réveillant nos peurs ancestrales. 

Nous voici déroutés au sens propre du terme, sortis de notre chemin quotidien, de nos habitudes, de nos certitudes. L’histoire s’est arrêtée du jour au lendemain. Les rues se sont vidées, chacun se repliant chez soi. Nous voilà confrontés à une expérience inédite de confinement. Très vite ont surgi des palliatifs à la rupture sociale. Par écrans interposés, nous maintenons, de façon artificielle, une vie sociale.  Plus le temps avance, plus des questions nous taraudent : quand et comment sortira-t-on de ce confinement ? Le monde de l’après sera-t-il semblable à celui de l’avant confinement ou différent ? Mieux ou plus mal ?

Les références se multiplient, chacun cherche dans le passé ou dans des expériences particulières des points de comparaison. Mais, il nous faudra affronter la nouveauté.

N’a-t-on pas parlé d’un état de guerre ? La situation est très différente des ruptures en 1918 ou 1945,  car l’environnement quotidien était informé par la guerre, qu’il s’agisse des pertes humaines ou matérielles.  Ici, la crise est, pour beaucoup, virtuelle, vécue à travers les media. Mais, comme en 1918 ou 1945, la crise passée, on voudra retrouver le monde d’avant, profiter de tout ce dont on a été frustré durant des mois.

Les expériences de retrait volontaire du monde ne nous aident pas davantage. Ainsi, a-t-on entendu les témoignages de navigateurs ayant fait le choix de longues traversées en solitaire ou de religieux cloitrés, mais, pour eux, le confinement était volontaire. Dans notre cas, il est subi, avec pour seule aspiration, la fin de cet isolement imposé.

Alors comment envisager « le monde de l’après » ? Ni mieux, ni pire. Nous aurons fait l’expérience du manque de relations sociales, constaté que le numérique ne remplace pas la force d’un regard, d’une poignée de main, de l’échange instantané. Nous aurons vécu a minima, en laissant de côté de nombreux rites qui faisaient notre quotidien. Certains auront eu la chance de réapprendre à vivre en famille en faisant des compromis, en acceptant de faire une place physique et mentale à ses proches. D’autres auront expérimenté une solitude, rendue plus accablante par le confinement. 

Les vécus sont divers, en fonction des conditions de cet isolement qui ont aggravé les inégalités sociales, économiques, mentales. Pour certains, le confinement a été ressenti comme une aubaine pour se couper d’un relationnel, perçu comme trop agressif, c’est l’effet de cocon, tandis que d’autres étouffaient dans ce huis-clos. Pour tous, l’autre est devenu une menace, car représentant un risque de contagion, « l’enfer c’est les autres » dont je me protège par des gestes barrières, dont je dénonce l’irresponsabilité.

Mais, paradoxalement, nous aurons aussi redécouvert des solidarités : avec les soignants dont la profession a pris le visage du don de soi, avec des voisins entraidés, des populations fragilisées, qu’il s’agisse de la personne âgée isolée ou du sans-abri. La solidarité a pris la forme de fabrication de masques, de coups de téléphone passés, de courses faites…  ce sont autant de liens tissés.

Ce virus est décidément bien complexe, révélant l’homme à lui-même dans ses bons et mauvais côtés. 

Alors, comment ressortirons-nous ?  Il nous faudra retrouver la confiance dans l’autre, car masques et gants laisseront des traces. Il nous faudra veiller à ce que l’isolement ne se traduise pas en xénophobie, en replis nationalistes. Il nous faudra renoncer à chercher des boucs émissaires. Avec la crise économique qui se profile, Il nous faudra retrouver ou préserver des valeurs de bien commun, de solidarité. Un autre monde est possible, mais il ne dépendra pas seulement des politiques publiques. Il dépendra aussi de nos comportements, de notre capacité à tirer le bilan de ce temps confiné, en préservant les solidarités qui se sont créées et en gardant le souvenir de ce manque existentiel de liens sociaux que nous avons vécu.  

Bernadette ANGLERAUD, Présidente de l'Antenne, 30 avril 2020

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29 avril 2020

Travail et Bien Commun

Extrait d’une note d’analyse publiée par le CCFD-TS en avril 2020 : Le monde du travail et les entreprises dans la tourmente.

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..... Si les politiques publiques de confinement ont entraîné un arrêt brutal de pans entiers de l’économie mondiale, les États ont dû établir dans l’urgence un régime d’exception pour les «services essentiels». Selon l’Organisation internationale du travail, est considéré essentiel « tout service dont l’interruption pourrait mettre en danger la vie, la sécurité ou la santé de tout ou partie de la population ». Les secteurs de l’énergie, de l’alimentation, des postes, des télécommunications, de la santé, de l’eau, de l’assainissement, du transport de marchandises et de la gestion des déchets ont ainsi bénéficié d’un statut particulier pour s’assurer que, dans les jours, semaines et mois à venir, la population mondiale puisse avoir accès à la santé, à l’énergie, à l’information et à l’alimentation. L’urgence sanitaire a ainsi fait voler en éclat les théories de la valeur associées au discours néolibéral: tous les points de PIB ne se valent pas, et la reconnaissance sociale accordée à telle ou telle profession est déconnectée de sa contribution effective au bien commun. En l’espace de quelques jours, l’attention portée aux « services essentiels » a ainsi révélé une lutte des classes selon la ligne de fracture théorisée par David Graeber : « la règle générale semble être que plus un travail bénéficie clairement aux autres, moins il est rémunéré ». Cette tension entre conditions de travail et utilité sociale a été d’autant plus marquée que ces personnes, officiellement reconnues comme des actrices essentielles à la survie des populations, se sont retrouvées surexposées au risque d’infection, mais n’ont que très rarement eu accès à des équipements de protection et d’aménagements de poste à la hauteur du risque sanitaire encouru. S’est donc aussitôt posée la question du respect du droit social, du droit à la santé, des primes de risque, des arrêts maladie, du droit de retrait des millions d’infirmières, routiers, caristes, ouvriers sur les plateformes logistiques, douaniers, caissières, aides-soignantes, agents de propreté, éboueurs, égoutiers, facteurs, ouvriers des services de l’eau, de l’énergie et des télécommunications, livreurs à domicile, employés du secteur de l’agroalimentaire, ouvriers des usines de production de matériel médical, etc. Les rapports ont en effet afflué à une cadence sidérante pour rendre compte de leur vulnérabilité, de leurs horaires de travail à rallonge et de la violation de leurs droits sociaux.  En France, la durée maximale du travail a été portée à 60 heures dans certains secteurs essentiels, en violation du droit européen, qui limite la durée maximale hebdomadaire de travail à 48 heures.  En Inde, des vidéos émanant d’ateliers qui produisent des masques de protection ont révélé des conditions de travail déplorables, qui font craindre des violations massives aux droits sociaux dans les usines qui, en Asie, produisent les blouses, gants, masques, produits désinfectants... pour nos hôpitaux.  Dans le monde entier, les géants du numérique ont été mis à l’index concernant l’absence de protection sociale et d’aménagement des postes de travail de l’armée invisible de travailleur.euse.s précaires que constituent les opérateurs des call center, les ouvriers des plateformes logistiques et les livreurs indépendants de la « gig economy » sur lesquels reposent ces géants que sont Amazon, UberEats, Foodora, Teleperformance, etc. L’émergence de ces ateliers de misère, de ces violations au droit social européen sous couvert d’ « état d’urgence sanitaire », et/ou de cette dépendance envers les travailleurs des plateformes numériques témoignent de la pertinence à qualifier le monde du travail comme étant un commun mondial, mais aussi de la fragilité des circuits logistiques et de l’absence de jeu dans les stocks de biens essentiels......

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26 avril 2020

JEAN-PIERRE HOUSSEL (1934-2020)

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Jean Pierre Houssel est décédé à 86 ans, du Covid-19 dans l’ehpad de la Croix Rousse, où il résidait depuis quelques mois. Père de 3 enfants, 1 fille et 2 garçons, il doit être enterré dans le cimetière de Mazet-Saint-Voy, village de Haute Loire, où sa femme repose depuis quelques années.

Géographe, il enseignait à l’Université Lumière Lyon 2. Très bon spécialiste du monde rural il s’intéressait notamment au rôle de l’industrie dans le rural, mais aussi à l’influence extrêmement bénéfique de l’Action Catholique dans l’évolution des campagnes françaises.

Je l’avais largement consulté pour la rédaction de ma thèse de doctorat de géographie, dont il avait été membre du jury pour la soutenance en 1976. Cela avait créé des liens de vraie cordialité entre nous, même s’ils s’étaient quelque peu distendus avec la vieillesse. Il s’était aussi intéressé à la recherche d’Etienne Fauvet, comme lui, bon connaisseur de l’apport de l’Action Catholique Rurale dans les campagnes.

Pendant quelque temps, il a participé aux réunions de l’équipe centrale de l’Antenne Sociale, « équipe centrale », c’est le nom que Maurice Sadoulet avait donné aux membres de l’association qui se réunissaient régulièrement dans le grand salon de la Catho 25 rue du plat.

Jean-Pierre avait été conseiller municipal du Coteau près de Roanne de 1977 à 1983 et même 4ème adjoint, sollicité bien que socialiste élu sur une liste d’union de la gauche, par le maire centriste, qui appréciait sa grande connaissance de la région et sans doute aussi ses qualités humaines. De même, Jean Auroux ,ancien ministre socialiste et roannais, disait qu’il appréciait beaucoup les publications de Jean-Pierre et qu’elles lui étaient fort utiles.

Jean-Pierre a été aussi le fondateur de l’écomusée du textile de Roanne.

Pendant plusieurs années il eut des échanges féconds avec le docteur Serih, partenaire thaïlandais du CCFD, sur les spécificités et les problèmes du monde rural de leurs 2 pays.

Tous ceux qui l’ont connu garderont de Jean-Pierre le souvenir d’un homme très facile d’accès, très cordial, d’un enseignant chercheur apprécié et reconnu et d’un humaniste aux solides convictions et engagement de solidarité.

A-Dieu Jean Pierre                                          

René Valette 

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01 avril 2020

Chronique de Bruno Frappat, in La Croix 20 mars 2020

...... Apprendre que la veille, à Wuhan, il n’y a eu qu’« un » nouveau décès nous permet d’envisager le long terme approchant de nous. Savoir qu’en Lombardie les premiers effets du remarquable confinement italien se font sentir suggère à notre impatience que la tragédie ne sera pas éternelle et que le temps des ennuis, et de l’ennui, finira un jour.

Forsythia

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C’est en s’appuyant sur cet espoir que nous devons préparer le printemps pour l’accueillir triomphalement quand il viendra, car il viendra. Ce n’est pas un vœu pieux, pas une de ces fake news répandues par l’Internet mais une certitude née de l’expérience et de l’observation, un scoop perso.

L’expérience tient au fait que, depuis que le monde est monde, les calamités et les guerres ont succédé aux désastres de tous ordres et que toujours l’humanité, en se battant contre ses propres dérives, est parvenue à redresser la tête et à reprendre goût à la vie. Au XIVe siècle la moitié des habitants de l’Europe avaient péri lors de la grande peste noire. Cela n’a pas empêché la Renaissance d’advenir, pour la joie de nos cœurs et la consolation de nos âmes. Après 1914-1918, premier suicide européen, et la récidive de 1939-1945, les humains se sont retroussé les manches pour reconstruire sur un tapis de ruines.

L’observation, elle, est d’ordre plus intime et on vous la livre comme elle nous est venue, de source sûre : dans tel jardin situé à six cents kilomètres de Paris, le grand forsythia qui, chaque année, signe le retour de la tendre saison a jauni ces jours-ci d’une couleur éclatante, joyeuse, triomphante, optimiste. Au même moment, « en même temps » dirait-on à l’Élysée, dans une avenue de Paris on a croisé un forsythia de ville, lui aussi en fleur, pas confiné, pas masqué, pas emmitouflé mais rameaux tendus vers l’azur, assuré de la continuité de son existence. Leçons de fleurs, comme vous nous êtes utiles, aujourd’hui comme hier !

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29 mars 2020

Quel avenir sur la planète? ( savoir - alerter - AGIR )

" Nous vivons le commencement d’un commencement " Edgard MORIN

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* Parmi les acteurs , dont la liste serait trop longue ici, citons les grandes ONG internationales ou locales, Colibri, Terre et Humanisme, Oasis France, Habiterre, Lea Nature, La Carline, Archer, Incroyables Comestibles, les marchés paysans, un nombre certain d’entreprises et de collectivités locales,  etc …

*  Les multiples réalisations locales sont les signes de changements mentaux (prises de conscience) et passage à l’action.  Cela va dans le bon sens .

* Mais tout changement local doit être en cohérence avec le changement global -  économique, politique et social - qui est la responsabilité du pouvoir politique, au sein du rapport de forces dans la société mondialisée. Les pouvoirs politiques doivent créer les conditions politiques et juridiques pour que les changements de paradigme puissent se réaliser. Et les équilibres entre le global et le local sont difficiles à trouver dans le monde complexe de la globalisation.

Cependant, il en va de l’avenir de ‘’notre maison commune’’ si on la veut viable.

La pensée chrétienne comme boussole et chemin d’espérance

Rien ne changera si l’être humain ne change pas !

L’écologie ne peut réussir que si elle s’appuie sur d’autres façons d’être, ce que souligne le pape François dans l’encyclique Laudato si'

 «  L’amour, fait de petits gestes d’attention mutuelle, est aussi civil et politique et il se manifeste dans toutes les actions qui essaient de construire un  monde meilleur. L’amour pour la société  et l’engagement pour le bien commun sont une forme excellente de charité qui non seulement concerne les relations entre les individus mais aussi les ‘’macro-relations’’ : rapports sociaux, économiques, politiques. C’et pourquoi l’Eglise a proposé au monde l’idéal d’une ‘’civilisation de l’amour’’. L’amour social est la clef d’un développement authentique » Laudato si, 231

«  les joies et les peines, les espoirs et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout, sont aussi les joies et les peines, les espoirs et les angoisses des disciples du Christ. Il n’est rien d’humain qui ne fasse écho dans leur cœur. » Vatican II, Gaudium et spes n° 1 

" Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Eglise aujourd’hui, c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Eglise comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol ou si son taux de sucre est trop haut! Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste. Soigner les blessures, soigner les blessures… Il faut commencer par le bas."

Conclusion

Questionner, imaginer. «  Créer l’unité dans la diversité. […] On ne peut pas dire ou bien croissance ou bien décroissance.

Mais  croissance et décroissance, ce qui veut dire : concevoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître » Edgard Morin, Penser global,81.

 Agir.  Croire c’est prendre le risque de l’engagement. Nous savons que nous n’y sommes pas seuls !

« Au cœur de ce monde, le Seigneur de la vie qui nous aime tant, continue d’être présent. Il ne nous abandonne pas, il ne nous laisse pas seuls parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins. Loué soit-il » Laudato si n°  245

 Espérer. « En ces temps d’incertitude, l’espérance revient au goût du jour. Fondée sur notre foi, attestée par toute l’histoire du peuple de Dieu, elle est invoquée pour dissiper une angoisse paralysante. » R. Cittério

                    Etienne FAUVET, février 2020

 

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24 mars 2020

Quel avenir sur la planète? (savoir-ALERTER-agir)

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Tous les indicateurs mettent en avant l’urgente nécessité des changements à mettre en œuvre si l’on veut continuer à vivre sur la planète terre. C'est ce que soulignent de nombreux acteurs: divers sont les modèles qu’ils préconisent, diverses leurs initiatives, diverses leurs solutions.

v    La collapsologie. C’est un courant de pensée qui annonce un effondrement planétaire et systémique imminent et inéluctable. Les penseurs de ce courant sont de plus en plus nombreux. Cf’’ Une autre fin du monde est possible’’ . En France,  l’homme politique Yves Cochet, pionnier de cette théorie, prédit la fin du monde pour 2030.

v    les ‘’lanceurs d’alertes’’ dans la perspective écologique sont nombreux également et les sujets variés ; entre autres : «Climat, pollution, qualité de l’air : subir ou agir ?», «L’alerte face aux pollutions et risques industriels», «Chimie agricole : traitement du vivant ou extermination ?», «Nucléaire et après ?»

 Parmi ceux-ci, on trouve de nombreuses figures de l’écologie française comme la députée Delphine Batho, le philosophe Dominique Bourg, la sociologue Annie Thébaud-Mony, l’agriculteur Paul François, les journalistes Stéphane Foucart et Inès Léraud, etc.

Des appels de plus en plus  nombreux sur les changements nécessaires :

* Commençons par  la jeune suédoise  Greta THUMBERG.  Agée de17 ans, la  jeune Suédoise, instigatrice de la «grève mondiale pour le climat», inspire des jeunes du monde entier, y compris  en France. La jeune militante a été désignée personnalité de l'année 2019 par le magazine Time«Vous dites que vous aimez vos enfants plus que tout, mais vous détruisez leur futur devant leurs yeux.» Lors de la 24ième réunion des pays de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tenait à Katowice, en Pologne en décembre 2019 , Greta Thumberg, a appelé les écoliers du monde entier à une grève internationale. Depuis, la jeune fille  ne cesse d’inciter les grandes puissances à prendre des mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique.

* Des scientifiques proposent d’entrer en résistance pour prendre sérieusement en compte la Convention citoyenne sur le climat et changer radicalement notre modèle économique et productif ( réf. ‘’1000 scientifiques face à la crise écologique’’. Le Monde 21 02 2020)

- Quinze mille scientifiques alertent sur l'état de la planète

Tous les indicateurs montrent une dégradation catastrophique de l'environnement sous la pression de l'homme.  Les conséquences sont connues et lourdes

Mise en garde des scientifiques à l'humanité : deuxième avertissement. "C'est une alerte solennelle que publient, lundi 13  novembre dans la revue BioScience, plus de 15 000  scientifiques de 184 pays. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes ou -encore agronomes, spécialistes du climat ou des océans, de zoologie ou d'halieutique, les auteurs mettent en garde contre la destruction rapide du monde naturel et le danger de voir l'humanité pousser " les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie’’.

.... à suivre

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19 mars 2020

Quel avenir sur la planète ? (SAVOIR - alerter - agir)

Etienne Fauvet fait le point et nous emmènera progressivement sur le terrain de l'Espérance. Une façon de faire Carême et de nous préparer à la soirée du 13 mai.

 

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Nous vivons dans un monde où les nombreuses catastrophes naturelles nous confrontent à l’imprévu de ‘’l’anthropocène’’,  que nous avons peine à concevoir et plus encore à maîtriser.

Dans ce XXIème siècle compliqué, aux multiples rapports de force économiques, politiques, sociaux,  et culturels,  saurons-nous  penser global  et agir local, dans une stratégie cohérente, soutenus par une perspective chrétienne ?

Quelques  impressions parmi d’autres,  à la suite de références bibliographiques consultées [i]

  1. 1.     Penser global

 Nous sommes dans un monde de l’effervescence médiatique sur tous les sujets possibles. Dans le domaine du climat et de l’écologie, particulièrement, les lanceurs d’alertes sont de plus en plus nombreux ; diverses sont les pensées ; diverses sont les analyses de la situation mondiale actuelle et les moyens à mettre en œuvre.

Quelques rappels récents parmi d’autres :

NB. Chiffres tirés des lectures récentes.

  • 10% des habitants les plus riches de la planète émettent plus de la moitié de CO², alors que la moitié la plus pauvre n’est à l’origine que de 10% des rejets polluants.
  • Le numérique émet  4% des gaz à effet de serre, plus que l’ensemble des avions. Une box internet consomme autant qu’un réfrigérateur.
  •  En 2016, à travers le monde, les déchets électriques et électroniques ont  représenté l’équivalent de près de 4 500 tours  Eiffel.
  • Au dessus d’un revenu de 15 000 dollars annuels par habitant, le bien être ne croît plus ou peu.
  • ONU octobre 2018. Pollution de l’air. 600 000 enfants âgés de moins de 15 ans (dont 540 000 moins de 5 ans)  meurent chaque année d’infection respiratoire à cause de la pollution,  essentiellement dans les pays les moins développés d’Afrique, Proche Orient, Asie du sud est ‘Le Monde29 10 18
  • Agence Europe Environnement. En Europe, la concentration de particules fines de gaz a causé la mort de 422 000 prématurés, en 2015. En France, 35 000. Pollution aux micro particules : 91% de la population mondiale respire un air trop chargé en microparticules, avec 7 millions de morts par an (plus que les accidents de la route = 1,3 millions, ou le SIDA 1,1M).
  • WWF rapport du 30 10 18.‘ « 60% des oiseaux, poissons, amphibiens et reptiles ont disparu en 44 ans (1970-2014) ».
  • Nature Climate Change 22 10 18. Le bassin méditerranéen se réchauffe plus vite que le reste de la planète : canicules et sécheresse en hausse.
  • On estime le gaspillage à 30% ou 40% de la production.

Tous ces chiffres et bien d’autres mettent en avant l’urgente nécessité des changements à mettre en œuvre si l’on veut continuer à vivre sur la planète terre.  A suivre.......



  1. [i] Pablo SERVIGNE, Raphael SERVIGNE, Une autre fin du monde est possible, Seuil, 2018, 327.
  2. Pierre RABHI, Juliette DUQUESNE, Vivre mieux sans croissance, Presses du Châtelet, 2019, 202.
  3. Delphine BATHO, Ecologie intégrale. Le manifeste, Le Rocher, 2019, 119.
  4. Olivier FREROT, Solidarités émergentes. Institutions en germe. Comprendre pour choisir et agir,  Chronique Sociale de France, 2015, 118. Essai sur les changements de société, avec la fin d’une société de progrès, verticale… et émergence d’une nouvelle société basée sur la relation et la solidarité..
  5. Mireille DELMAS-MARTY, Aux quatre vents du monde. Petit guide de navigation sur l’océan de la mondialisation,  Seuil, 2016, 147.
  6. Yuval Noah HARARI, 21 leçons pour le XXI° siècle, Albin Michel, 2018, 375.   
  7. Denis PELLETIER, Les catholiques de France de 1789 à nos jours, Albin Michel, 2019, 349.
  8. Anne SOUPA, Consoler les catholiques, Salvator, 2019, 125.

 

 

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15 mars 2020

La Fraternité, socle du christianisme social

Alice nous tient au courant de l'avancement de la numérisation par la Bibliothèque municipale de Lyon des actes des Semaines Sociales de France. Voici un extrait du cours inaugural de 1905 à Orléans.

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….. Puisque l'élan réel des hommes, des êtres concrets que nous sommes, n‘est pas celui dans lequel Dieu a mis l‘humanité, mais le résultat d'un acte émané de l‘initiative humaine. la réalité visible n‘est pas un modèle auquel nous avons à nous tenir. La nature, telle que nous la pouvons par nous-mêmes saisir et interpréter, n‘est pas une force que nous avons simplement à laisser agir. Puisque le Christ est venu racheter tous les hommes et apporter sa médiation pour leur salut, une réponse de notre part, témoignage de notre bonne volonté, est indispensable…. D‘où un besoin pressant et un devoir impérieux: le besoin d‘étudier, au moyen de l‘observation, la réalité, matière des réformes. pour éviter les abstractions dangereuses, susceptibles de rendre vaines les plus belles conceptions ou de dévoyer les esprits les plus généreusement inspirés…..

 Il ne s’agit point de nous lancer dans l'idéologie abstraite, mais de nous engager loyalement à l‘école réaliste du Maître qui a édicté l'obligation générale d’amour en commandant à chacun d’aimer son prochain, formule essentiellement concrète et précise qui met en relief le caractère positif et immédiat du devoir, en même temps qu‘elle fait apparaître la gradation et l'espèce de hiérarchie que le développement de la vie apporte dans l'application du devoir. Toutes les leçons de la Semaine sociale ont donc pour fondement la conception de la fraternité humaine, pour objet l'exposé de ses conséquences, pour but la recherche de ses applications aux contingences d'aujourd'hui. Dès qu‘on explore l’idée de fraternité. l‘on est au cœur du catholicisme; car, seul, il la fournit et l'incarne dans une institution; seul, il lui donne une valeur impérative et obligatoire; seul enfin il la sanctionne. Supprimez l‘obligation évangélique d'amour, l'idée de fraternité manque de valeur efficace. Supprimez la paternité divine, …. l‘idée de fraternité manque de base logique, de symbole positif. Supprimez cette sorte de parti-pris divin, par lequel Dieu ne peut accorder la pleine vision de lui-même aux hommes qu'à la condition qu‘ils s‘aiment et qu'ils travaillent à s'aimer. et l'idée de fraternité manque de sanction effective. ……

Entre la solidarité, fait qui se constate. et la solidarité érigée en devoir. la passerelle nécessaire, ….. c‘est la conception de la fraternité des hommes, tous créés à l‘image et à la ressemblance de Dieu. tous rachetés par le Christ. En étudiant les applications modernes de cette vieille idée, nous verrons, sur les divers terrains, le catholicisme se dresser contre l'individualisme issu du philosophisme du XVIIIème siècle et opposer, à une glorification abstraite, platonique et absolue de l’homme, la revendication concrète, effective des droits que la justice sociale, fondée sur la notion de fraternité, reconnait aux hommes.

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09 mars 2020

Municipales: ce qui nous tient à coeur

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Les communes sont des lieux privilégiés pour développer une démocratie qui ne laisse personne de côté. Pour ces élections municipales, le Mouvement a voulu s’appuyer sur les initiatives locales réalisées afin que personne ne soit oublié, et sur l’expertise de personnes engagées dans la vie de leur commune. Deux journées de réflexions avec des militants Quart Monde, des alliés et des volontaires permanents ont permis de déterminer ce qui tient à cœur à ATD Quart Monde, dans un contexte d’urgence climatique et sociale

ALLER AU-DEVANT DES CANDIDATS

L’objectif est d’encourager les membres du mouvement à dialoguer avec des candidats, à participer à des réunions publiques et à aller à la rencontre de personnes qui ne croient plus en la politique. «  Il y a beaucoup de gens qui n’iront pas voter car ils ne sont pas réconciliés avec les politiques, ils n’y croient plus, ils ont l’impression qu’on les noie plus qu’on les aide. C’est important d’aller au-devant des candidats et de les convaincre, pour qu’ils aillent à la rencontre des jeunes, qu’ils entendent ce que les jeunes veulent, ce qu’ils ont envie de porter, et leurs besoins réels », explique ainsi Doris, militante Quart Monde à Lyon. Cette période électorale est donc l’occasion d’échanger et de faire des propositions dans un souci de dialogue réel, pour que les choses changent dans nos communes.

Les propositions d’interpellation et d’actions formulées par ATD Quart Monde sont basées sur 4 grands axes :

-          Pour une participation réelle de tous, afin de connaître la manière dont les candidats souhaitent faire participer réellement l’ensemble des habitants.

-          Pour des mesures écologiques qui profitent à tous, pour que dans le débat public, les personnes, en situation de pauvreté soient considérées comme partenaires et sources d’initiatives dans la lutte contre le changement climatique.

-          Pour un accès de tous aux droits fondamentaux, pour inciter les candidats à évaluer l’impact des politiques municipales sur les personnes les plus pauvres et connaître leurs projets en matière de logement, d’éducation, d’emploi ou de transport.

-          Pour une société créatrice de liens, qui n’exclut personne, avec des questions et des propositions autour de la qualité de la vie collective, de la participation de tous aux activités municipales ou de l’accueil des personnes migrantes.

Ces propositions sont à adapter au contexte local. Toutes doivent permettre un échange réel sur la manière de construire des villes qui disent non à la ségrégation sociale, à la discrimination pour raison de précarité et de pauvreté et qui font de la lutte contre les exclusions une priorité fondée sur le respect de l’égale dignité de tous les êtres humains.

Xavier Verzat et Denis Rochette, pour ATDQM

Posté par DELEGUE AS à 07:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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