" à vous l'antenne !" ______________ANTENNE SOCIALE de LYON

19 juin 2019

AC C O M P A G N E R : témoignage

Pour moi, accompagnateur dans les domaines universitaire et professionnel,  le maître mot de cette relation  est CONFIANCE : une attitude qui se conjugue avec la bienveillance, le respect, l’écoute et l’encouragement. Mais confiance n’est pas naïveté et je lui associe le mot EXIGENCE.

Lorsque je rencontre une personne, je la pense a priori honnête et compétente. C’est dans cet esprit que je me mets à la disposition de mes étudiants étrangers. Tel de mes collègues me trouve parfois trop disponible et écoutant ; il dit qu’il faut les laisser responsables de leur vie et ne pas me substituer à eux. Certes, mais je prends en compte ce qui peut les affecter. Ainsi, pour ces doctorantes polonaise et libanaise fragilisées par des deuils familiaux, qui éprouvaient des difficultés à gérer les relations avec leurs directeurs de thèse, j’ai été particulièrement disponible.

mentor-2062999_640Confiance donc, mais aussi exigence !

Contrairement à certains accompagnants, je considère que la rigueur de la langue est importante et qu’il ne faut pas laisser passer des approximations incompatibles avec une bonne expression française ! Les étudiants en ont conscience et en sont reconnaissants. S’ils abusent parfois de ma disponibilité,  je me réfère à la Bible : Donnez une mesure pleine et débordante et elle vous sera rendue au centuple.

L’accompagnement bien compris exige de se décentrer et le respect de la personne accompagnée demande qu’elle soit mise au centre du processus. Pour ce faire, il est important de bien comprendre ce qu’elle attend et ceci peut modifier la perspective. Ainsi, dernièrement, le secrétariat du Coup de Pouce Université (CPU) m’a demandé d’aider une étudiante à préparer le C2, niveau le plus élevé dans les diplômes de Français Langue Etrangère. Après dix minutes d’écoute, j’ai appris qu’elle faisait une thèse depuis un an et que, pour mieux écrire, elle voulait préparer le C2. Je lui ai donc proposé de travailler à sa thèse. Pourquoi tourner autour de l’arbre quand il est plus simple de monter dedans ? En règle générale cependant, il est facile de comprendre ce que le demandeur attend.

Dans le domaine professionnel, RESSORT est une association qui  accompagne les cadres en recherche d’emploi et, pour éviter tout malentendu, il faut en rester à ce domaine, même lorsque la personne est très cabossée par la vie ! Des psychologues peuvent se substituer à l’intervenant habituel. Chez Rhône Développement Initiative (RDI), le but immédiat de l’accompagnement est de servir de miroir pour que le chef d’entreprise fasse mûrir ses idées et progresse dans la gestion et la conduite de ses affaires. Mais le but principal est aussi de briser la solitude bien connue du chef d’entreprise en lui servant d’interlocuteur privilégié.

Exigence à double sens.

Il est toujours fertile d’être exigeant; mais on ne peut exiger de l’autre que ce que l’on exige de soi-même. L’exigence que l’accompagnateur doit avoir à l’égard de lui-même est prioritaire :   discrétion, délicatesse, optimisme, respect ; il ne faut pas non plus exiger beaucoup plus que ce que l’autre peut accomplir.  

De plus, le respect passe par l’exigence ET la vérité. Cacher ses faiblesses par rapport à une exigence précise, ce n’est pas respecter ! Le respect de l’autre consiste à aller à son rythme et par les chemins dans lesquels il ne se sentira pas perdu, mais aussi à lui montrer ce qui est plus grand que lui, plus haut que ce qu’il voit ou veut, et lui faire désirer toujours plus, selon le Magis d’Ignace de Loyola.

Pour ouvrir un chemin d’avenir,

Il est difficile de sortir le nez du guidon. Souvent les exigences de temps  ne permettent pas de sortir du sujet à traiter. La seule façon d’échanger avec mes étudiants est de les inviter pour un repas à la maison. Cela se prolonge toujours pendant deux ou trois heures après le déjeuner.

Il faut porter sur l’interlocuteur un regard bienveillant et compréhensif. Sauf cas pathologique, les accompagnants ou professeurs d’aujourd’hui sont dans cette ligne : faire en sorte  que le stagiaire se dépasse et aille au bout de lui-même, ce qui est une perspective d’avenir.

Pierre JACQUIER

Posté par DELEGUE AS à 09:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,


08 juin 2019

Les Gilets jaunes : Que nous disent-ils sur les fractures ?

france-4212587_640Ils nous disent une solitude liée à  l’individualisme,  l’éclatement des liens de solidarité, et l’échec d’une société et d’une économie, sans plus d’ascenseur social avec un sentiment très fort d’injustice sociale  et d’être laissés pour compte.

Ils nous disent la colère d’une détressequi n’en peut plus de n’avoir pu s’exprimer, colère de ceux qui« bouclent » difficilement leur fin de mois  face aux salaires mirobolants, et grave sentiment de frustration  quand cette société consumériste les invite à consommer davantage.

Ils nous disent leur exaspération devant les injustices fiscales, leur sentiment d’être méprisés par des propos maladroits,  et des « experts » lointains.

Ils nous disent  leur besoin de lien social avec ce symbole des ronds points qui rassemblent : symbole d’un réseau qui n’est pas une idée abstraite ou électronique, mais qui s’inscrit dans le réel. Leur réseau souligne aussi une absence, celle  des partis et des syndicats et une grande méfiance envers les institutions. Il y a déconnexion et le dialogue ne peut plus exister. C’est plutôt un dialogue de sourds dans cet  archipel d’îles s’ignorant les unes les autres (Jérôme Fourquet)  où  les réalités ne sont plus appréhendées de  la même façon.

L’occupation des ronds-points  illustre cette solidarité « horizontale » entre tous les membres du réseau. C’est cela le plus frappant. Combien de personnes en mal d’être ont trouvé là amitié, solidarité, chaleur humaine, partage ! C’est sans doute là la dimension la plus humaine de l’affaire des gilets jaunes. Alors que la logique néolibérale est fondée sur la concurrence individualiste (y compris dans «  le travailler plus pour gagner plus »), les gilets jaunes retrouvent les relations humaines, la solidarité. Pour la rendre visible, outre leurs échanges sur les réseaux sociaux, les gilets jaunes se rassemblent dans des manifestations qui refusent les cadres habituels régissant ces mouvements, ce qui n’est pas sans entraîner des abus, incompréhensions et même violences.

Au-delà de la taxe carbone, c’est bien le problème des inégalités et celui de la participation citoyenne qui sont posés. On est loin des thèmes rabâchés lors des campagnes électorales comme la sécurité, l’immigration ou la laïcité. On est sur celui de conditions de vie décentes partagées collectivement et ouvertes sur un avenir possible. « Avec un retour spectaculaire de la prise de parole politique » et la demande d’une démocratie plus citoyenne.

 Nous avons donc à entendre ce que disent les gilets jaunes car il y a quelque chose à apprendre de mode d’expression. N’est-ce pas à cette condition, entre autres, que  naitront de nouvelles solidarités et des raisons d’espérer ?

Equipe Transmission, juin 2019

Posté par DELEGUE AS à 16:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

06 juin 2019

Des territoires oubliés ?

La crise des gilets jaunes a révélé l’inégalité des territoires. Et derrière cette inégalité, il y a des choix politiques et économiques.

IMG_20190606_121541Des politiques contraires

En 1900, la Troisième République voulait mailler le territoire en amenant le train dans chaque sous-préfecture. C’était le moyen de relier l’Etat aux différents « pays », et de désenclaver les territoires. Plus tard, sous le règne de la voiture, l’Etat, conscient qu’il fallait investir pour développer et équilibrer les territoires, a créé la Délégation à l’Aménagement du Territoire (DATAR 1963).

Aujourd’hui, pour répondre aux défis de la mondialisation, on développe de grandes métropoles, de grandes régions, on multiplie les liaisons rapides (aéroports, autoroutes, TGV) et on abandonne ce qui n’est pas rentable, quitte à négliger l’exigence du « service public ».

Ainsi géographes et sociologues constatent que des parties entières de la France sont en déclin, (disparitions d’entreprises dans les petites villes), se vivent comme abandonnées, (disparition de services publics de proximité, de moyens de transports collectifs) et voient partir leurs jeunes. C’est le cas dans la « diagonale du vide », ces régions rurales qui vont des Ardennes au sud du Massif central. Obligées d’utiliser de plus en plus la voiture, les populations éloignées des services (écoles, hôpitaux, administrations, postes...) se sentent victimes d’injustices. Ce fut l’un des moteurs déclencheurs de la récente crise.

Des victimes du développement

Les mécanismes en jeu sont contradictoires : d’une part la compétitivité, dans un contexte mondial libéral, exige des ensembles forts et concentrés, capables d’innover et d’investir ; d’autre part, des populations fragilisées par ces concentrations en appellent à la solidarité nationale,  mais  l’Etat rechigne à la leur assurer. De là naît un sentiment d’injustice, y compris au plan fiscal puisque les impôts payés par tous  ne bénéficient plus à tous.

La fracture socio-géographique s’accompagne d’une forme de mépris de ceux qui participent au mouvement mondial vis-à-vis de ceux qui sont les perdants de la répartition des richesses.

Des pistes d’avenir

Il y a nécessité pour l’Etat de rééquilibrer son action dans les territoires. Il ne s’agit pas d’assister, mais plutôt d’accompagner les initiatives de développement local.

Cela nécessite de décentraliser l’organisation territoriale en donnant aux collectivités locales plus de possibilités d’investissement économique, culturel, social, en soutenant de nouvelles formes d’activité comme l’économie sociale et solidaire, en accompagnant les initiatives locales autour de nouveaux modes de vie, sources de nouveaux développements. Le retour d’urbains dans des zones rurales pour fuir la pression économique excessive ou la pollution, ou pour créer des formes d’activités plus épanouissantes sont aussi des signes positifs.

En fait, des possibilités d’innovation et d’investissements existent partout. Pour peu qu’on les soutienne, que l’accès aux services notamment numérique y soit favorisé, les territoires pourraient retrouver espoir et la cohésion de toute la société y gagnerait.

Raymond CITTERIO, 16 mai 2019

Posté par DELEGUE AS à 15:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

22 mai 2019

Le Pacte civique compare les propositions européennes

Comme le soulignait Jérôme Vignon mercredi dernier, le Pacte Civique de Lyon a effectué un gros travail d'analyse comparative entre 6 listes susceptibles de recueillir beaucoup de suffrages dimanche. Nous vous invitons à télécharger cette analyse ici, et vous faire votre idée sur les critères qui vous paraissent les plus importants.

Posté par DELEGUE AS à 21:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

20 mai 2019

J.Vignon parle du Parlement européen

IMG_3552Le 15 mai, l'Espace Saint-Ignace était plein à craquer. Jérôme VIGNON a exposé pourquoi, à son avis, le Parlement européen mérite toute notre attention et respect pour le rôle qu'il a joué depuis 5 ans et qu'il sera amené à jouer de plus en plus sur les sujets clés pour notre continent et le développement de l'esprit démocratique. Voici l'essentiel de l'enregistrement qui a été fait de cette soirée:

Après une introduction déjà bien argumentée (8:29), Jérôme expose en quoi les institutions européennes, et particulièrement le Parlement, ont depuis 2014 démontré une activité et une efficacité qu'il qualifie d'étonnantes. En second lieu (28:55), il montre que le Parlement n'est pas un petit joueur, mais désormais un acteur démocratique incontournable, puis (41:32) il développe des enjeux forts pour le nouveau mandat : promouvoir le modèle de société européen, et donner de la force aux nécessaires compromis. Bien sûr, en conclusion, Jérôme appelle à voter, car ces enjeux ne peuvent nous laisser indifférents.

Dans une deuxième partie (1:06:37), deux étudiants  amènent à préciser la nature, technique ou politique du travail parlementaire, et questionnent aussi la responsabilité des députés devant leurs électeurs.

Une troisième partie, en dialogue avec la salle, n'est pas disponible à l'écoute.

 

Posté par DELEGUE AS à 20:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


10 mai 2019

Que dit l'Eglise catholique sur l'Europe?

Regards de l’Église sur l’Europe

Que dit l’Église catholique sur l’Europe ? A l’approche des élections européennes, la Conférence des Evêques a collecté les déclarations de l’Église catholique et des conférences épiscopales européennes sur certains thèmes communs : les migrants, l’économie, la défense, la construction européenne, l’aide au développement.

Regards de l’Église en Europe sur les migrations

10Partout dans le monde, des populations fuient des zones de conflits, de catastrophes naturelles, de persécution ou de pauvreté extrême, des populations cherchent péniblement à gagner un territoire sûr ou sont empêchées de le faire, des personnes sont victimes de la traite humaine. Suivant les appels du Pape, les Conférences européènnes travaillent à l’accueil des migrants et cherchent à promouvoir ensemble l’engagement des chrétiens.

 

Regards de l’Église en Europe sur la paix européenne

12À la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, Robert Schuman et les pères fondateurs de l’Europe misent sur la coopération des pays entrainant une mise en commun d’intérêts, rendant ainsi impossible la guerre. Mais l’édifice de paix ne repose pas uniquement sur l’interdépendance économique des états. Il se construit également dans les mentalités. L’Europe est une fraternité des nations, Elle est ainsi passée d’une absence de guerre à une paix durable.

Regards de l’Église en Europe sur le développement économique et social

15A l’échelon européen comme national, le niveau de vie et l’emploi figurent parmi les principales préoccupations des Européens. A cet égard, l’UE dispose d’importantes compétences, principalement en matière de politique économique et elle s’appuie sur l’envergure de son marché unique et développe une dimension sociale qui, pour l’heure, appartient encore largement aux Etats membres.

Regards de l’Église en Europe sur la construction européenne

vignette europe construction europeenneÀ la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, Robert Schuman et les pères fondateurs de l’Europe misent sur la coopération des pays entrainant une mise en commun d’intérêts, rendant ainsi impossible la guerre. Mais l’édifice de paix ne repose pas uniquement sur l’interdépendance économique des états. Il se construit également dans les mentalités. L’Europe est une fraternité des nations, Elle est ainsi passée d’une absence de guerre à une paix durable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Regards de l’Église en Europe sur l’environnement

vignette environnement

La protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique font l’objet d’une action commune des pays européens. Ces derniers ont délégué à l’Union de nombreuses compétences en la matière et s’emploient à parler d’une même voix lors des négociations internationales. Plutôt en pointe, les européens ont largement contribué à la signature des accords de Paris sur le climat en 2015. Encouragée par l’encyclique du Pape Laudato Si’ parue en 2016, l’Eglise catholique a également pris la parole sur la préservation de l’environnement.

Regards de l’Église en Europe sur l’économie

14Que dit l’Église sur l’économie et le travail ?

Posté par DELEGUE AS à 14:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

06 mai 2019

Les chrétiens s'engagent sur l'Europe

Les élections européennes approchent. Elles seront cruciales pour l’Europe et notre avenir.

Nous sommes tous concernés, comme chrétiens et comme citoyens européens. C’est ce qu’ont bien compris les évêques européens de la COMECE (Commission des Episcopats de la Commission Européenne) et les mouvements chrétiens de l’IXE (Initiative de Chrétiens pour l’Europe) en publiant deux importants appels. Il nous semble que ces textes peuvent compléter l’information, aider à réfléchir, voire faciliter l’organisation de débats. Ils peuvent aussi être repris ou servir à la rédaction d’articles dans nos divers bulletins. C’est pourquoi nous vous en indiquons les liens qui, nous l’espérons, vous seront utiles : Appel IXE , Appel COMECE

Par ailleurs,notre Antenne organise à Lyon, 20 rue Sala,le 15 mai prochain à 19h30 une conférence débat sur l’Europe avec Jérôme VIGNON, ancien président des Semaines Sociales de France, actuellement conseiller à l’Institut Jacques Delors.

Nous vous attendons nombreux et vous remercions de démultiplier cette invitation sans modération autour de vous.

Vignon JPEG

Posté par DELEGUE AS à 12:26 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Les défis du monde pour l'Europe

Nous sommes à la veille des élections pour le Parlement européen, avec pas moins de 33 listes. Tout ne va pas ‘’pour le mieux dans le meilleur des mondes’’, mais l’avenir est entre nos mains ! En introduction à une réunion prochaine de notre groupe de l'Ain, Etienne Fauvet brosse le tableau complexe qui constitue le cadre des enjeux internationaux pour l'Europe

Quelques défis  actuels en 2019

1. Une situation politique mondiale ‘’de pré- guerre’’  :

  • les Etats Unis ne veulent plus  assurer la sécurité de l’Europe (OTAN entre autres) et font de plus en plus pression sur le Venezuela et sur l’Iran.
  • La Chine étend son réseau mondial, avec les routes de la soie, elle militarise la mer de Chine, et se trouve en guerre commerciale avec les USA.
  • la Russie remet en cause l’organisation des frontières issues de l’histoire ( Crimée, Ukraine, pression sur les Pays baltes),
  • les tensions montent au Moyen Orient : Arabie Saoudite/Qatar ; Iran/Israël ; Palestine/Israël,
  • l’Afrique connait une évolution démographique forte qui provoque des migrations.

2. Une situation économique libérale préoccupante :

  • le réchauffement climatique et la lenteur des transformations sociales nécessaires à la survie.
  • l’exploitation des richesses des pôles nord et sud, et celle des océans.
  • la gestion des migrations ( climatiques, politiques, sociales…) Dans le monde, les migrants sont environ 260 millions (3,4% de la population mondiale).
  • la courbe démographique  négative des pays  d‘Europe, qui vieillissent.
  • la puissance du numérique dans les mains de grandes entreprise multinationales (GAFAM  [USA] et BATX [Chine] ) et la difficulté des Européens à les maîtriser,
  • les limites  économiques et éthiques de l’Intelligence artificielle ( entre autres pour surveiller les personnes)   
  • Les limites de la génétique ( manipulation de la vie)

3. L’Europe n’est plus le centre du monde, et la France encore moins

  • France 67 millions, soit 1% de la population mondiale.
  • Chine 1,415 milliard. Inde 1,355.  USA 328 M.  Indonésie 266. Brésil 207. Russie 146.

4. L’Union européenne (512 Mh)  peine à naviguer dans ces réalités internationales :

  • les difficultés du divorce du Brexit,
  • les tensions sur les migrations, entre pays de l’Est ( groupe Visegrad : Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie ) et pays de l’Ouest,
  • la règle de l’unanimité des 27 pour les décisions importantes.
  • l’urgence de trouver des modes de fonctionnement  pour des réalisations à 3 , 7, 10, etc. Les autres membres s’associant ensuite s’ils le veulent.

 5. Il faut à l'Europe une perspective qui donne un sens, c’est à dire :

  • une direction ( un programme) sur des sujets qui pèsent sur la vie des citoyens,
  • une signification, c’est à dire des raisons et des valeurs qui mobilisent.
  • une identité européenne, qui n’est ni celle de la Chine , ni celle des USA .

La COMECE (Commission des Episcopats de la Commission Européenne) et les mouvements chrétiens de l'IXE (Initiative de Chrétiens pour l'Europe) ont récemment publié deux textes importants qui répondent en partie à ces questionnements.

Voir Appel COMECE et Appel IXE .

Posté par DELEGUE AS à 12:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

05 mai 2019

La santé et son financement: une synthèse

Ce Rendez-vous de l’Antenne  du 23 janvier, en collaboration avec la Pastorale de la santé, a fait intervenir Paul Castel, ancien directeur général des Hospices Civils de Lyon et ancien directeur général de l’Agence régionale de la santé de Marseille, Régis Chazot, ancien directeur d’EHPAD (Établissement hébergement pour personnes âgées dépendantes), et Cyrille Issac-Sybille, député et médecin.

Santé-Finance-janv2019La France, faut-il le rappeler,  a un très bon niveau de soins et d’accueil dans ses établissements. Les moyens financiers sont très élevés, la sécurité sociale fournit aux institutions et aux patients les moyens pour un soin de qualité. La France consacre 11% de son PIB à la santé, 2900 euros par habitant, et son budget augmente plus vite que l’inflation. On est donc dans le paradoxe de moyens conséquents et d’une angoisse collective tant devant l’accès au soin par le public que d’un sentiment de manque de moyens humains et financiers par les soignants. L’urgence devient une angoisse pour beaucoup, accès, temps d’attente, soin de suite… Le reste à charge aussi puisque si la Sécurité sociale et les mutuelles couvrent 92% des dépenses, chaque français débourse aussi autour de 240 euros.

Dans ces budgets, seulement 2% sont consacrés à la prévention. Il y a là une anomalie qui se ressent lorsqu’on avance en âge. Une alimentation saine dès le plus jeune âge, des activités physiques tout au long de la vie réduiraient le coût de la santé au fil de la vie et notamment les polypathologies de la vieillesse.  En effet, le vieillissement a été largement évoqué, avec cette formule : « en France au vit plus vieux mais mal ! » Le vieillissement va augmenter au fil des décennies, et les pathologies associées vont alourdir le coût de la santé. En 2060 un tiers des français auront plus de 60 ans ; l’incidence est considérable, en terme de réponse de santé, mais aussi de structures d’accueil et d’accompagnement de la dépendance. On sait aujourd’hui la crise que traversent ces établissements, en nombre de places proposées, mais aussi en qualité des soins et de prise en charge des hébergés. La question des qualifications autant que de rémunération des personnels est aussi un facteur d’interrogation aujourd’hui.

La visibilité de notre système de santé à une dizaine d’année est peu claire car d’autres facteurs que le coût de la santé se font jour. L’informatisation, l’intelligence artificielle, permettent de notables évolutions mais interrogent sur la relation patient - médecin.  Ainsi, au terme de notre soirée, si l’économie de la santé apparaît comme une vraie question tant pour les institutions que pour les personnes, la santé dans son ensemble est aussi à revisiter en terme social et sociétal.

Luc Champagne

Posté par DELEGUE AS à 12:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

25 avril 2019

Le compromis, de la théorie à la pratique

 

Si la recherche du compromis est la seule voie pour trouver des solutions et sortir d’une crise en visant le meilleur pour tous, cela suppose une méthode, un processus partagé, et quelques outils.

Une éthique partagée

arrows-3274962_640Le compromis ne peut être porteur de progrès qu’à condition qu’un enjeu invite les parties à rechercher un accord qui prenne en compte les intérêts de tous. Cette volonté commune doit s’enraciner dans l’importance du vivre ensemble et l’exigence de faire société.

Ceux qui négocient et élaborent un compromis gagneront à avoir une base, un diagnostic partagé, que leur travail contribuera à développer, renforcer tout en transformant l’existant et en prenant en compte les tendances à l’œuvre ou émergentes.

Ceux qui négocient, ne sont pas tout puissants et leur travail, émergence d’un compromis ne sera qu’une étape qui nécessitera évaluation et ajustement chaque fois que nécessaire. Un compromis suggère qu’il n’y a pas de solution définitive, mais conjoncturelle.

Une posture consciente et enseignante

Respectueuse de l’éthique partagée entre des négociateurs conscients de qui parle et au nom de qui.

Respectueuse de la part de vérité dont l’autre est porteur, pour éviter le risque de voir en lui l’adversaire et non le partenaire avec qui on va construire une solution.

Exigeante quant à l’honnêteté intellectuelle : nécessaire au débat, elle exige d’entrer en empathie avec ce qui fonde la vision de l’autre. C’est un enjeu de sincérité, qui exige de travailler sur les causes profondes des désaccords, et de les traiter en s’appuyant sur ce qui est commun à tous.

Cette posture ne doit pas faire obstacle à un effort de « déplacement » propice à l’inventivité de solutions inhabituelles, hors des sentiers battus, peut-être dérangeantes, mais propices au dépassement du défi à relever.

Toujours partir de la réalité, garder l’esprit grand ouvert, et identifier les handicaps, les opportunités, les exigences, les contraintes. Accepter davantage de diversité, dans l’approche des problèmes, dans les priorités que chacun se donne. 

Et en toutes situations nous gagnerons à aborder les enjeux à la lumière d’une quadruple exigence : le Temps est supérieur à l’Espace, l’Unité prévaut sur le conflit, la Réalité est plus importante que l’idée et le Tout est supérieur à la partie (Pape François).

Un processus partagé

Si l’on est dans une situation de crise, il faut travailler à réunir les conditions de l’entrée en dialogue. Passer de l’émotion légitime à la raison. L’information facilite ce passage de l’émotion à la raison, même s’il est difficile de combattre les affects avec des arguments (Spinoza).

Ce processus n’est que très rarement linéaire. Il doit garder toute la souplesse souhaitable pour permettre aux partenaires, chemin faisant, de mettre à profit les informations obtenues.

Il y a ici un enjeu d’acceptabilité par les partenaires, qui permet la progression vers le compromis et l’élaboration du processus partagé. La stratégie va ainsi s’affiner et évoluer avec le temps.

Une méthode

Pour nous la recherche de l’Unité prévaut sur le conflit et l’appel à la responsabilité de chacun se fonde sur la reconnaissance du pouvoir d’agir de tous. Cela exige une méthode qui passe par trois étapes :

  • La rencontre nécessaire, se mettre autour de la table afin de s’écouter, d’entendre le point de vue de l’autre.
  • La reconnaissance de l’autre comme porteur d’un point de vue, d’un « système de justification de ce qui est juste et de ce qui est injuste » (Paul Ricœur[1]) que je ne peux ignorer et éliminer.
  • L’exigence de chercher et trouver ensemble une solution commune ; en ce sens, le compromis est une idée forte et non pas faible. C’est le seul moyen de viser le bien commun écrit Paul Ricœur.

Des appels

Dans notre monde, où il est de bon ton d’être radical, nombreux sont les médias chambres d’écho de cette radicalité. Nous manquons de voix intellectuelles pour porter cette exigence de compromis. Celle-ci passe par des relais sociaux, par la réhabilitation des corps intermédiaires, par l’information et l’éducation, autant d’acteurs et de partenaires potentiels nécessaires pour faire avancer cette cause du compromis.

Commission politique, Antenne sociale, Décembre 2018



[1] « Le problème du compromis est qu'on ne peut pas atteindre le bien commun par une justification unitaire, mais seulement par la mise en intersection de plusieurs ordres de grandeur. Le compromis est donc essentiellement lié à un pluralisme de la justification, c'est-à-dire aux arguments que les gens mettent en avant dans les conflits ».

 

Posté par DELEGUE AS à 19:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,