" à vous l'antenne !" ______________ANTENNE SOCIALE de LYON

19 avril 2019

Pédophile, Eglise, cléricalisme… Aller plus loin que l’émotion

Le contexte médiatique actuel est connu et abondamment commenté , il faut aller aux causes structurelles et chercher comment les transformer.

En distinguant avec prudence :

  • Faits sociaux et croyances, la loi et la foi.
  • Pédophilie, homosexualité et pédocriminalité. Le viol de la personne, dans son corps et  sa liberté est un crime. L’homosexualité mal vécue peut amener à se taire.
  • Opinion publique ( émotivité ) et Institution Justice (observation et temps long).
  • Autorité (convaincre) et Pouvoir (contraindre) ; obéissance et abus de confiance.
  • Justice et pardon : réparation de la faute et absolution.
  • Conversion personnelle et transformation des structures.

Causes sociales profondes de la mise au jour des abus actuels, entraînant  des changements de repères dans le ‘’lien’’ entre personnes et entre générations:

  • Emergence des droits de l’Homme : dignité de toute personne humaine.
  • Emergence en occident d’un droit de l’enfant: l'abuser sexuellement est un crime.
  • Prise de conscience publique d’un ‘’crime’’ qui atteint durablement (psychologiquement) les victimes, et qui, venant de l’Eglise, est scandaleux.
  • Evolution des législations dans la protection des mineurs, le viol, le respect des femmes…
  • Changement dans le lien des générations ( barrière de l’interdit générationnel qui cède)
  • Déclin de la figure paternelle, et montée du féminisme , liées aux conditions de vie sociale
  • Libération sexuelle  sous toutes ses formes
  • Influence des téléréalités ou des mises en scènes sexuelles sur les réseaux sociaux.
  • Libération de la parole jusque là contenue (fin de tabous, ou de secrets)…

Causes plus directement ecclésiales

  • lchrist-2363694_640e prêtre ‘’sacralisé’’ comme ‘’représentant du Christ’’ depuis le Concile de Trente ou représentant de l’Eglise (Vatican II).
  • l’enseignement moral dans l’Eglise qui vise à protéger l’institution contre ses détracteurs.
  • la culture cléricale qui fait du prêtre un chef (cf François lettre au peuple de Dieu): de l’autorité spirituelle à l’autoritarisme.
  • Parfois le manque d’attention portée à la demande du ‘’fautif’’ dans le ‘’prendre soin’’.
  • La confusion entre homosexualité et pédophilie.
  • La dichotomie entre clercs et laïcs :  l’autorité législative et exécutive appartient à l’institution hiérarchique ; quasi absence des femmes dans le gouvernement de l’Eglise.
  • la nomination des évêques en dehors de tout dialogue avec les Eglises locales. 
  • la culture du secret.

L’Eglise  catholique et ses secrets

Références droit canonique

  • Code canonique de 1983 : (can 1387) ‘’le prêtre qui, dans l’acte ou à l’occasion ou sous le prétexte de la confession, sollicite le pénitent au péché contre le sixième commandement du Décalogue sera puni, selon la gravité du délit, de suspense, d’interdictions, de privations, et dans les cas les plus graves, sera renvoyé de l’état clérical’’.
  • Secret sacramentel : ‘’inviolable pour quelque cause que ce soit’’ (can 983)
  • Interdiction absolue d’utiliser  ‘’la connaissance des péchés acquise par une confession’’ (can 984). Si le confesseur passe outre, il est  excommunié ‘’latae sentintiae’’ (can 1388).

Cependant le confesseur peut, sous réserve d’absolution refusée, insister fermement auprès du pénitent  pour qu’il consulte un médecin ( qui pourrait dénoncer), voire  prenne contact avec l’autorité judiciaire.

NB Dans le code pénal français, le secret professionnel doit être levé, en particulier en faveur des mineurs victimes d’agressions sexuelles (Article 226-14, loi du 2 janvier 2004).

Remèdes pour l’Eglise

Prière et jeûne sont nécessaires à la conversion personnelle comme le demande le pape François,  mais ne suffisent pas socialement à la tolérance zéro, et à la transformation de l’Eglise catholique en ‘’peuple de Dieu’’, guérissant du cléricalisme. Il nous faut aller plus loin que l’émotion.

Dans les transformations à venir, quelques propositions non exhaustives :

* Accepter résolument que le droit civil s’applique à tous, y compris à tous les membres de l’Eglise dans les  affaires publiques.

* libération de la parole et conversion personnelle du regard.

* Hiérarchie de service et hiérarchie de pouvoir.

* Créer des tribunaux ‘’ecclésiaux’’ (différents de ecclésiastiques) – niveau régional (provincial) – indépendants de l'évêque du diocèse pris en compte, composés de façon synodale d'évêques de la Région, de prêtres, de religieux(ses) et de laïcs femmes et hommes qui ont l'expérience de la famille. En effet,  actuellement, dans un diocèse, l'évêque est à la fois : père, frère, éventuellement ami... et juge possédant le pouvoir (confusion des genres).

* Transformer la CEF (Conférence des évêques de France) en Conférence de L'Eglise de France... avec la difficulté de la représentation de tous et le risque d'organisation de groupes de pression (lobbying).

En ce temps de carême , prière, jeûne, partage sont des chemins de conversion et d’espérance.

« L'Eglise n'est pas l'Eglise du Christ parce que ses membres sont parfaits, mais parce que le Christ l'accompagne et veut passer par elle pour donner des signes qui la dépassent  complètement. »

Les laïcs dans l'Eglise «  ne sont pas des collaborateurs du clergé, mais des personnes réellement ''co-responsables'' de l'existence de de la mission de l'Eglise »  Benoït XVI, Forum international de l'Action catholique

Chrétiens, baptisés dans l'Esprit, nous voulons vivre ensemble dans notre relation au Christ,  nos relations entre nous dans l’Eglise et dans la société.

Sur le chemin du passage (Pâques)  de la mort et de la résurrection, le chemin est ouvert !                                                

 

Etienne FAUVET,  Antenne Sociale Lyon, Commission faits de société, 6 mars 2019

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18 avril 2019

Changements techniques et transformations sociales

Accro smartLes grands changements techniques ont toujours entraîné des changements sociaux, culturels et politiques profonds. Ils se poursuivent actuellement de façon de plus en plus rapide et inégalitaires  : informatique, robots, climat, comportements, consommation, déplacements, métiers, lois, croyances …

Nous sommes immergés dans une foule de ‘’réseaux sociaux’’, qui proposent une multitude de biens, de services,  d’informations vraies ou fausses.

1.   Nous aussi nous changeons

La plupart d’entre nous baignons dans les outils numériques (smartphones, tablettes, robots ….)

Nos consommations changent ( produits bio, voitures électriques, loisirs), et même nos modes d’achat (en ligne), nos emplois et nos métiers..

La mobilité  tend à se généraliser : géographique, professionnelle, ou même affective (recompositions familiales).

Cela entraîne des transformations mentales. Par exemple, une confiance dans les réseaux sociaux et une méfiance des institutions (Politiques, Ecole, Eglises). Un désir et une impatience du changement : «  80% des Français rêvent de changer de vie » Jean Viard, sociologue, 2018. Le changement devient valorisant !

Mais tout n’est pas facile pour autant ! La crise ‘’Gilets jaunes’’ le prouve !

2.   Les transformations sociales sont inégalitaires

Dans le monde numérique, les grandes firmes mènent  la danse : les GAFAM, Uber, Amazon, Blabacar deviennent plus puissantes que les Etats, et imposent leur changement.

Or tout le monde n’a pas accès à ces évolutions rapides. Socialement, une double fracture est en cours : générationnelle entre jeunes adaptables et personnes âgées ;  sociale entre ceux que leur formation et niveau de vie ouvre aux innovations et ceux que la précarité sociale tient à l’écart du mouvement. Cette fracture se double d’une distorsion géographique entre territoires plus ou moins équipés.

3.   Défis anthropologiques

« Nous sommes en train de vivre des changements anthropologiques majeurs dans de nombreux champs de la vie humaine » Bruno Saintôt, SJ, Collège des Bernardins, 10 02 2018.

Comment maîtriser le changement ? D’abord par un travail sur soi, pour limiter ses envies et ses consommations (frugalité). Par l’éducation aux outils et à l’esprit critique ; en refusant de céder aux sirènes ou aux prophètes, et en prenant la juste mesure des transformations sociales en cours. Le monde change, il nous faut adapter les règles et en connaître les fonctionnements. Cela engage donc notre responsabilité citoyenne dans les institutions que nous formons.

4.  Une perspective spirituelle pour l’action

Nous sommes des ‘’voyageurs’’ sur cette terre, maison commune, qui nous est confiée pour la protéger et l’améliorer au profit de tous.

«  Les limites qu’une société saine, mature et souveraine doit imposer sont liées à la prévision, à la précaution, aux régulations adéquates, à la vigilance dans l’application des normes, à la lutte contre la corruption, aux actions de contrôle opérationnel sur les effets émergents non désirés des processus productifs, et à l’intervention opportune face aux risques incertains ou potentiels. » Laudato Si’ n° 177.

« L’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a. De même, tout ce que font les hommes pour faire régner plus de justice, une fraternité plus étendue, un ordre plus humain dans les rapports sociaux, dépasse en valeur les progrès techniques. Car ceux-ci peuvent bien fournir la base matérielle de la promotion humaine, mais ils sont tout à fait impuissants, par eux seuls, à la réaliser »  Vatican II, Gaudium et spes n° 35.

 Etienne FAUVET, commission Faits de Société,  mars 2019

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16 avril 2019

Les hommes et les institutions

‘’Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions’’  J. Monnet

C’est ce que permet de comprendre l’effervescence sociale et politique actuelle en France.

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1.      Ce que révèle la crise des gilets jaunes

  • Une importante demande de justice sociale, d’équité (différent d’égalité).
  • la méfiance proclamée  vis-à-vis des institutions ( Etat, gouvernement, police, médias …) dont  le souci principal de certaines semble être leur permanence plus que leur efficacité.
  • la défiance envers les élus ( députés,  sénateurs, représentants de… même des maires).
  • la faiblesse des corps intermédiaires (partis politiques,  syndicats, associations…)
  • Une violence sociale et violence physique manifestée (manifestations et réseaux sociaux).
  • Omni présence des réseaux sociaux ( GAFAM) pour le meilleur et pour le pire (Fake news)
  • une crise profonde de transition sociale …  envie  de changement et peur de l’avenir.
  • une société qui se fracture.. entre groupe sociaux : les ‘’branchés’’ ( les plus formés) et les ‘’laissés pour compte’’ (les défavorisés).
  • une méconnaissance profonde des multiples contraintes internationales (européennes et mondiales) qui pèsent sur notre société.

2.       Ce que permet ce moment politique actuellement

‘’Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve’’ Hölderlin

  • Une expression   non prévue de laissés pour compte de la démocratie.
  • Une occasion de débat, malgré les difficultés de dialogue.
  • Un dynamisme au sein de la société française.. avec peu d’expression de la jeunesse.
  • Passer du désir à l’action :  du désir au besoin réel, du souhaitable au possible, avec les limites… imposées par le contexte international.
  •  Ouvrir des voies à la responsabilité citoyenne ( principe de subsidiarité).

3.       Perspectives citoyennes et chrétiennes : les valeurs en cause

‘’ Nous sommes tous responsables de tous devant tous’’ Dostoïevski. 

         Dignité de chacun, quelle que soit sa position.

         Attention au plus démuni ( le pauvre figure du Christ).

         Dialogue et compromis : fins poursuivies et moyens employés.

         Ethique de conviction, éthique de responsabilité ; éthique de moyens.

         Confiance active.

Conclusion

Les combats sont discutables, les causes sont imparfaites, c’est le lot de notre condition humaine pour vivre mieux.

L’histoire se conjugue au présent !

Atelier faits de société,  mars 2019

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28 mars 2019

Chrétiens et Engagement politique

C'était le thème de notre soirée du 20 mars, avec deux témoignages bien vivants et complémentaires, qui ont permis d'aborder diverses facettes de la tension qui se crée en chacun de nous lorsque l'engagement visible est confronté à la spiritualité intime. Voici un assemblage de passages clés glanés dans un entretien de presque deux heures. Servir, donner de soi, se ressourcer, Fraternité, Espérance, Bien commun et intérêt général, crise de la représentation, renouer les fils d'un récit commun.... 35mn d'écoute.

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26 mars 2019

Les bienfaits de l’Europe

Voulez-vous que Donald Trump et Xi Jinping dirigent le monde à deux, ou à trois avec Vladimir Poutine ? C’est ce qui arrivera si les élections européennes aboutissent au délitement de l’UE !

Paix.       Nous sommes en paix, mais la paix n’est pas automatique. Nous sommes en paix depuis plus de 70 ans grâce à l’UE voulue par ses pères fondateurs. Les jeunes générations qui n’ont pas connu la guerre, pensent que la paix c’est naturel.  Erreur !

Sécurité. En décembre 2018, Donald Trump a annoncé son désengagement immédiat du nord de la Syrie. A la suite d’un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron, il a évolué vers un retrait réfléchi et coordonné des troupes US en Syrie ( Le Monde du 9 janvier). C’est ainsi qu’actuellement la coalition internationale, dont les USA et la France, combat la dernière poche de Daech.

Mais l’UE nous protège aussi pour la sécurité des marchandises, pour la sécurité alimentaire. L’Europe protège la qualité de l’eau et aide les anciens pays de l’Est pour l’assainissement des eaux usées.

Mobilité. Pour les voyages, le plus évident des bienfaits de l’Europe : on peut voyager sans contrôle dans les 26 pays de l’Espace Schengen ; 6 autres pays se contentent de la carte nationale d’identité. Dans 18 pays ayant adopté l’Euro, pas d’opération de change nécessaire. Dans beaucoup d’autres pays, on peut payer en Euros aussi bien qu’en Dollars sans monnaie locale. Dans 31 pays, on peut téléphoner avec un portable sans frais d’itinérance.

Economie et Emploi. Dans le domaine économique, les exportations soutiennent 36 millions d’emplois soit 2/3 de plus qu’en 2000, grâce à la politique commerciale européenne.

Le plan Junker a permis de mobiliser dans le EFSI (Fond européen pour les investissements stratégiques) 335 milliards d’Euros ; pour la France, 10 milliards d’Euros sont d’ores et déjà approuvés par la BEI (Banque Européenne d’Investissement), en fin de plan ce montant doit atteindre 60 milliards d’Euros. Des projets d’investissement ont été financés, que les entreprises hésitaient à lancer compte tenu des incertitudes sur l’avenir. Sans oublier l’existence même de l’Euro : elle nous a protégés des dévaluations et autres turbulences monétaires pendant la crise « subprime » et les années qui ont suivi.

Industrie.  Sans l’UE pas d’Airbus : Airbus et ses 130 000 salariés pour 800 airbus livrés en 2018 ;  Airbus se dispute la place de numéro°1 mondial avec Boeing.

Sans les succès de la politique européenne, les lanceurs « Ariane » n’auraient pas  fait de l’Europe le premier des pays lanceur de satellites.

Sans l’Europe, pas de programme « Galileo » qui va nous permettre de prendre notre indépendance en matière de GPS ; technologie actuelle qui vient d’un projet militaire des USA.

Agriculture.  l’UE verse tous les ans plus de 500 millions d’Euros d’aides à l’agriculture bretonne. En 2017, la BEI s’est engagée à hauteur de 250 millions d’Euros pour la rénovation des lycées de la région PACA (Provence-Alpes-Côte-d’Azur).

Développement local   Plus proche de nous en Rhône Alpes, à partir de 2017, 31 millions d’Euros contribueront à la  modernisation du noeud ferroviaire de Lyon.

Formation. Sur la période 2014-2017, 73 millions d’Euros ont été dévolus au financement du programme « Erasmus+ ».

L’Europe fait donc énormément pour chacun d’entre nous et pour nos enfants, afin de nous protéger contre toutes sortes de risques, contre la dégradation de l’environnement pour aider au développement de nos entreprises, etc. Dans tous les domaines, l’Europe apporte un plus indéniable.

Mais l’Europe reste encore souvent incapable de conduire des politiques nécessaires en matière économique, industrielle, fiscale, sociale, environnementale, car elle se heurte aux replis nationaux renforcés par la règle de décision à l’unanimité qui prévaut dans de trop nombreux domaines. L’Europe est à mi-chemin. Il ne faut pas l’arrêter mais la renforcer.

Vous voulez en savoir plus : allez sur le site :    https://www.what-europe-does-for-me.eu/fr

C’est près de 400 thèmes objets de fiches explicitant ce que fait l’Europe pour nous.

L’avenir du projet européen dépend de nous tous. Populisme et nationalisme, synonymes de repli sur soi et de haine des autres, n’apporteront que tensions et déception.

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09 mars 2019

La pensée sociale chrétienne, une ressource pour aujourd’hui

coal-1626368_640En 1830, la révolution industrielle amène des hommes, des femmes, des enfants à travailler dans des mines et des manufactures, sans leur offrir de quoi satisfaire leurs besoins vitaux. Confrontés à cette injustice, politiques et économistes ont cherché des solutions à ce qu’ils ont appelé « la question sociale ».

La philanthropie, le solidarisme, le mouvement coopératif, le christianisme social, le socialisme et le marxisme ont chacun tenté de proposer des réponses, qui ont fait émerger l’Etat Providence. Mais depuis une quarantaine d’années ont resurgi la question sociale et ce que Robert Castel appelait le « précariat », c’est-à-dire  la multiplication de personnes qui travaillent, mais dont le salaire ne permet pas de vivre dignement, et qui se retrouvent dans « l’incertitude du lendemain », pour eux et pour leurs enfants. +

La France possède un bon système de protection sociale qui diminue considérablement la pauvreté, et elle réduit sensiblement les inégalités. Mais toute une partie de la population qui perçoit peu de transferts sociaux, qui souhaite vivre de son travail et n’habite pas dans les grandes métropoles échappe aux analyses, aux politiques sociales et à la curiosité des médias.

Cette population vit généralement dans des territoires péri-urbains, qui n’ont pas ou ont perdu beaucoup de leurs services (publics et privés) de proximité. Leurs dépenses contraintes (logement, déplacements nécessairement en voiture) n’ont cessé d’augmenter et une grande partie de leur temps se passe sur les routes (travail, scolarité des enfants, santé, alimentation, culture, démarches administratives…). Ils se sentent les oubliés du développement et de  la mondialisation. Leur vote se traduit souvent en vote de protestation, un vote qu’ils jugent ignoré voire méprisé.

Les « gilets jaunes » portent une action collective, mais ne constituent pas un mouvement au sens où nous l’entendons habituellement, c’est-à-dire une organisation avec des représentants désignés et des revendications précises. On retrouve cependant chez eux l’exigence de participer directement aux décisions qui les concernent et d’être reconnus.

Le « vivre ensemble » se trouve bousculé, à un moment où les institutions qui servaient de corps intermédiaires sont très affaiblies (d’autant plus que l’Etat les a largement ignorées). Cette nouvelle « question sociale » s’inscrit dans une société qui voit les réseaux d’appartenance et de relations traditionnels  s’effriter (famille, communauté, religion…). 

Les actions violentes et médiatisées sont perçues comme les seules permettant d’obtenir des réponses. Cette violence détruit le pacte démocratique. Le lien social ne sera pas  retissé par la mise à mort d’un bouc émissaire. Il faut construire une démocratie plus participative, locale et nationale, une économie qui tienne compte de tous et de l’avenir de la planète et surtout reconnaître la dignité de chacun. Devant les questions posées par ce mouvement hétéroclite et mouvant, beaucoup de chrétiens – de tous horizons  -  s’interrogent sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la crise actuelle ; ils s’efforcent de mettre en avant les repères éthiques et les pistes d’action que propose la pensée sociale chrétienne et qu’expérimentent ceux qui agissent en son nom.

Avec son encyclique Laudato si’,le pape François a présenté une actualisation de la pensée sociale de l’Église particulièrement inspirante pour affronter les défis d’aujourd’hui. Il s’agit, par-delà le rappel des principes, de contribuer à l’établissement d’un diagnostic, d’engager des actions pour transformer la société en changeant nos modes de vie, et de trouver des sources d’inspiration.

Laudato si’invite à écouter en même temps la clameur de la terre et la clameur des pauvres, car nous faisons face à une seule et complexe crise socio-environnementale. Question sociale et question écologique sont intimement liées et il nous faut rechercher une justice sociale et écologique qui s’attaque en même temps à toutes les pauvretés et aux dommages affectant « notre maison commune ». Pas de justice sociale sans transition écologique et pas de transition écologique sans justice sociale. L’option préférentielle pour les pauvres est devenue indissociablement option pour la terre. 

Le respect de la dignité de la personne humaine passe par la participation de tous dans les institutions politiques et économiques. Nul ne devrait se sentir ignoré, inutile ou méprisé. Il nous faut revitaliser une démocratie qui soit davantage participative mais aussi  concevoir des modèles économiques qui ne laissent personne de côté. Les solutions existent (expérience territoire zéro-chômeurs, économie sociale et solidaire, etc.). Aurons-nous le courage de nous y engager ?

Remettre au centre la personne humaine et le soin à apporter à notre maison commune, c’est reconnaître que la consommation ne peut-être la finalité de notre vie. Notre projet de société ne peut être celui de la consommation sans fin pour entretenir une croissance matérielle illimitée. Cette croissance transforme tout en déchets - personnes et objets - et elle épuise les ressources limitées de notre planète. Aurons-nous le courage de réformer en profondeur nos modes de production et de consommation et donc nos styles de vie ? Aurons-nous le courage de dénoncer la croissance des inégalités de revenus et de patrimoine, catastrophique pour la vie en société comme pour « la maison commune » ?

diamond-3185447_640Le souci du « bien commun », c’est-à-dire du bien de « nous tous » qui n’oublie personne, nous rappelle que nous ne relèverons pas les défis en nous repliant sur nous-mêmes dans des nationalismes ou des corporatismes étroits. Nous devons favoriser le dialogue pour faire de nos différences des richesses. Il nous faut retrouver le sens d’une hospitalité véritable qui sache, selon les mots du Pape François, accueillir, protéger, promouvoir et intégrer.

La crise que nous traversons, comme toutes les crises, est une formidable occasion de poser des choix. Cette crise n’est pas seulement économique et sociale, elle n’est pas seulement énergétique ou écologique, elle est existentielle et spirituelle. Puiser à cette source vivante qu’est la pensée sociale de l’Église, c’est apporter, en croyants, en dialogue avec d’autres, une contribution capable d’ ouvrir des chemins d’espérance. 

 

Les Semaines sociales de France, CCFD-Terre Solidaire, Confrontations, Justice et Paix et Pax Christi

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07 mars 2019

Joseph Folliet, vu par Mgr Matagrin

https://i.pinimg.com/236x/ed/7a/03/ed7a03b929c5859ecbc4f36ddb2aae42.jpg« Joseph Folliet avait le don de l’amitié. Pour lui, la « Chro », avant d’être un courant de pensée et d’action était une amitié. Joseph Folliet aimait provoquer les occasions de rencontres pour l’équipe. Toutes les fêtes, tous les anniversaires étaient célébrés dans cette atmosphère de joie fraternelle que Folliet excellait à créer, animant la conversation, ou racontant de vieilles histoires lyonnaises et dauphinoises, et lançant des chants ont il connaissait tous les couplets grâce à son insolente mémoire. Folliet avait intensément besoin d’amitié. Il avait un besoin viscéral de travailler dans une atmosphère de confiance, d’échange, de chaleur.
(...)
C’est par Joseph Folliet que je découvris ce que l’on peut appeler l’école spirituelle lyonnaise. Je connaissais évidemment Frédéric Ozanam, Pauline-Marie Jaricot, le père Chevrier, Marius Gonin, les abbés rémillieux, Montchanin et Couturier. Je n’avais pas encore perçu comme je le fis grâce à Folliet, à ses biographies, à ses conversations, la parenté profonde de cette tradition spirituelle, sociale, missionnaire : l’amour des pauvres, le souci de la justice sociale et de la paix, la passion de la vérité, le sens de l’universel, la volonté de faire tomber les barrières entre milieux, nations, cultures, églises, religions. »

SOURCE : Antoine Deléry, Joseph Folliet, Cerf histoire, les éditions du Cerf, 2003, 455 p., communiqué par Alice Palluault

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06 mars 2019

Grand Débat National : Démocratie et vie citoyenne

L'Antenne a organisé le 12 février à Saint-Alban une session du GDN sur le thème des Institutions. En voici une synthèse, reflet de la participation active des citoyens présents sans aucune condition d'appartenance à l'Antenne.

Vie institutionnelle et démocratique :

  • Rapprocher élus et électeurs : vaincre la défiance, redonner envie de s’engager
  1.  Tirage au sort pour impliquer tous les citoyens: ils pourraient discuter avec les députés pour travailler les projets de lois et dans une perspective de contrôle des résultats.
  2.  Rapprocher les élus du terrain en créant des commissions extramunicipales et des conseils de circonscription formés de citoyens experts issus des corps intermédiaires : syndicats, associations ciblées.
  3. Systématiser l’information sur le travail des élus par des  feuilles de route .
  •  Une meilleure représentativité :
  1. Revoir la composition et le fonctionnement du Sénat.
  2. Introduire une représentation des syndicats et associations.
  3. Séparer les élections présidentielles et législatives.
  4. Ramener le mandat présidentiel à 7 ans, non renouvelable pour se dégager des perspectives électorales.
  5. Comptabiliser les votes blancs et à partir de 30% de votes blancs, annuler l’élection.
  6. Expérimenter l’élection par vote pondéré (classement des candidats)
  7. Renouveler partiellement les députés à mi-législature
  8. Introduire  15% à 30% de proportionnelle.
  • Démocratie participative :
  1. Apporter une véritable formation citoyenne depuis l’école jusqu’à l’université et au service civique.
  2. Valoriser l’engagement citoyen à l’école par le biais d’une notation
  3. Le débat participatif pourrait être consultatif et non voté, organisé par la Commission Nationale du Débat Publique.
  4. Des débats plutôt que des referendums : cet outil  «dangereux» pourrait être utilisé seulement au niveau local et jamais sur les questions régaliennes de l’Etat.
  5. Pourquoi pas un secrétariat d’état à la démocratie participative ?
  • Ethique en politique :
  1. Supprimer le vote bloqué, chaque député doit se prononcer en son âme et conscience
  2. Mandat unique de façon à dégager  les élus de la préoccupation de leur réélection.
  3. Exiger un casier judicaire vierge pour les candidats aux élections
  4. Réduire ou supprimer l’enveloppe discrétionnaire des parlementaires.

Vie citoyenne : Le vivre ensemble passe par la solidarité plutôt que l’individualisme. Cela implique éducation, transparence, moralisation de la vie publique.

  • Faire prendre conscience du bien commun :
  1. donner le coût des soins  hospitaliers, des dépenses de dégradation des biens publics.
  2. Expliquer la fonction de redistribution de l’impôt.
  • Vivre ensemble :
  1. Présenter la laïcité, non comme un espace d’interdits, mais comme un espace de liberté.
  2. Service national universel comme moyen d’expérimentation d’une cohésion sociale.
  3. Contraindre les communes qui ne respectent pas les quotas de logements sociaux.
  4. Rôle des médias : montrer le positif, diffuser les bonnes nouvelles.
  5. Valoriser le principe de subsidiarité : trop de technocratie nuit à la proximité.

Immigration et intégration : Notre conviction de base : les migrations ne font que commencer, liées aux guerres, dérèglements climatiques, famines. Or le principe d’intégration est dû à tout homme parce qu’il est un homme.

  1. Travailler la pédagogie (éducation et mémoire) quant aux flux migratoires dans notre histoire.
  2. Engager un travail de fond sur l’identité française et sur le principe de droit du sol
  3. Arrêter les fausses informations sur le nombre et le coût des immigrés
  4. Développer une politique cohérente d’intégration.
  5. Aider les associations qui œuvrent dans ce domaine : alphabétisation, aide à la régularisation, accueil...
  6. Faciliter les démarches administratives, notamment pour le droit au travail.
  7. Aider en amont au développement des pays en difficulté.

La synthèse complète a été publiée sur le site du Grand Débat national.

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04 mars 2019

Le Bien Commun

La Commission Pensée sociale a cherché à définir le Bien Commun,  exercice difficile malgré la simplicité des mots

  • achievement-3592193_640Amenée par la conscience, cette notion de philosophie éthique donne un horizon à l’homme en exprimant l’appartenance à une famille humaine. On l’approche alors plus aisément par ses effets. Le Bien Commun permet de faire communauté, au sens le plus large. Il oriente de façon impérieuse l’action individuelle et collective, au quotidien comme en politique. Il oblige à défendre le bien pour autrui car au final, c’est défendre le sien propre. Il doit aussi être défendu contre les sirènes de l’individualisme égoïste, ou les erreurs de l’orgueil.

     

  • Nous voudrions une définition universelle. Mais le contenu du Bien Commun semble bien relatif à l’époque, et au périmètre culturel, plutôt occidental. Cela rejoint le débat de plus en plus ouvert sur l’universalité des Droits de l’Homme. Et même dans notre culture, deux personnes peuvent apprécier différemment le Bien Commun, et prendre en toute bonne foi des orientations opposées. Le Bien Commun doit donc être approché avec la plus grande humilité. Enfin, l'évolution récente incite à dépasser les limites de la famille humaine pour envisager un Bien Commun au périmètre très large de la Création (voir Laudato Si’).
  • Le Bien Commun, catégorie morale, est souvent confondu avec  des termes voisins, dont il convient de le distinguer.

        a)  Les Biens Communs, sont avant tout des ressources, matérielles ou immatérielles, que leur utilité pour la vie et l’épanouissement doit rendre disponibles de façon juste pour tous. L’air, l’eau, la culture, ou les libertés fondamentales, ne doivent pas faire l’objet d’appropriation individuelle, qui priverait les autres, mais au contraire susciter une gestion avisée au service de tous.

        b)  L’Intérêt général est un critère de choix politique, et il est susceptible de négliger les conditions nécessaires au développement de chaque personne. Il peut justifier ainsi des dispositions liberticides, ou des sacrifices, si le détenteur du pouvoir l’estime utile dans un calcul froid, sans empathie.

        c)  L’intérêt public est encore plus explicitement axé sur l’avantage procuré à la collectivité, considérée comme une personne morale supérieure à chacun des individus.

  • La discussion fait facilement remonter des situations paradoxales ou ambigües, qui conduisent à instrumentaliser le Bien Commun :

        a)  La crise des gilets jaune oppose le raisonnement écologiste sur le Bien Commun à terme, et des intérêts particuliers immédiats défendus au nom de l’égalité.

        b)  Le débat sur la PMA oppose un droit revendiqué à la procréation à celui de l’épanouissement intégral au sein d’une famille.

        c)  La création de Logement Locatif Social  confronte la défense des plus fragiles aux peurs individuelles des habitants préinstallés.

        d)  Des aménagements publics importants provoquent souvent de vifs débats : élargir le périmètre de recherche du Bien Commun fait parfois émerger des solutions.

  • Discerner le Bien Commun est un défi  qui se relève non pas seul, mais tous ensemble, en y mettant tous de la bonne volonté, de l’humilité, de la patience et de la ténacité. La bonne volonté ne suffit pas, il faut accepter avec réalisme que des intérêts particuliers soient mis en cause, que le lointain  bouscule l’immédiat, chercher de justes compensations, négocier des équilibres, se mettre dans la peau de l’autre. C’est donc un travail de médiation, de construction de la paix, de défense de la Dignité, dans l’attention aux plus fragiles, la solidarité et la fraternité, et à ce titre, c’est un véritable devoir et un exercice de vie pour le chrétien.

Commission Pensée Sociale, janvier 2019

Références :

Notion centrale de la Pensée Sociale Chrétienne, le Bien Commun n’est traité de façon systématique que par Jean XXIII.  Son encyclique Mater et Magistra du 15 mai 1961 est donc vraiment la référence principale sur ce thème. L’expression est aussi mentionnée à plusieurs reprises par les papes au cours de discours dont elle représente rarement le centre. C'est Thomas d'Aquin qui est a véritablement introduit le Bien Commun dans la pensée chrétienne, en reprenant Aristote (Ethique à Nicomaque).

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27 février 2019

Voter pour renforcer la démocratie européenne

L’Europe fait face à un contexte géopolitique tendu sous pression de Trump, Poutine ou Xi Jinping. Les groupes nationalistes sont soutenus par S. Bannon, l’ancien directeur de campagne de D. Trump, maintenant installé à Bruxelles.

voteparlementeuropeen

Nationalistes et eurosceptiques donnent de la voix. Oui, mais 61% des Français et 62% des Européens pensent qu’être membre de l’Union européenne est une bonne chose, contre seulement 9% et 11% d’avis opposés (sondage Eurobaromètre publié en octobre 2018). C’est le niveau  le plus élevé depuis1989 (chute du mur de Berlin). 70% des Polonais et 60% des Hongrois expriment le même avis positif. En  Italie on observe seulement 42% de satisfaits contre 18 % d’avis contraires. L’Euro est soutenu par 74% des Français et 77% des membres de la zone Euro.

Ne nous laissons pas tromper. Nos concitoyens espèrent en l’Europe. La tendance au repli national n’est pas inéluctable même si elle a de multiples raisons : dégâts économiques et sociaux d’une mondialisation mal maîtrisée, peur de l’étranger, faiblesses des gouvernements nationaux qui n’assument pas leurs responsabilités et font de l’Europe un bouc émissaire, manque d’information. C’est un paradoxe car l’Europe est notre seule chance de pouvoir maitriser la mondialisation : elle en a la taille et elle dispose de moyens institutionnels réels même s’ils sont encore limités par des blocages nationaux. Encore faut-il qu’elle mette en œuvre une volonté politique plus déterminée.

Le Parlement européen, clé du fonctionnement démocratique de l’Union

Le Parlement est le lieu d’expression de la volonté politique des citoyens européens. C’est pourquoi les élections de mai 2019 sont si importantes. Nous avons besoin qu’une majorité de députés soient :

-       porteurs des valeurs européennes ;

-       porteurs d’une volonté politique européenne ;

-       porteurs d’un fonctionnement démocratique.

Le Parlement européen est co-législateur avec le Conseil des ministres, dans un grand nombre de domaines. Il peut enquêter sur les infractions au droit de l’Union, il élit le Président de la Commission européenne, auditionne chacun des futurs commissaires et peut censurer la Commission. Les députés européens ne sont pas dépendants de l’Exécutif comme c’est le cas en France. Chaque texte législatif nécessite débat avec recherche de compromis. La plupart des députés européens travaillent beaucoup, même si l’absentéisme de quelques uns est remarqué lorsqu’ils préfèrent la scène médiatique nationale et désertent leurs responsabilités européennes.

Proportionnalité et subsidiarité, fondements de la démocratie européenne

La démocratie européenne est loin d’être parfaite. La technocratie et la bureaucratie existent à Bruxelles comme ailleurs, mais plutôt moins qu’ailleurs : 56.000 fonctionnaires européens, c’est beaucoup moins que les 140.000 employés de Bercy.

La démocratie européenne est, par nature, plus éloignée du terrain, mais les principes de proportionnalité et de subsidiarité la régissent de façon stricte strictes et bien respectée. La proportionnalité limite l’action de l’Union à ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs. La subsidiarité impose de décentraliser au plus proche des intéressés tout ce qui peut l’être, et de ne traiter de façon centrale que ce qui peut mieux l’être à ce niveau. Cela suppose un fonctionnement démocratique adapté aux divers échelons, et sa compréhension est difficile dans un pays très centralisé et jacobin comme la France.

Le principe de subsidiarité a ses racines dans la doctrine sociale chrétienne avec la réflexion de Thomas d’Aquin (1224-1274) sur le « bien commun » et les rapports de la personne à la société et au pouvoir. Il est présent dès la première grande encyclique sociale de Léon XIII « Rerum novarum » (1891). Ce principe était implicite dès le traité de Rome de1957, et traduit notamment par l’instrument appelé Directive (mise en œuvre décentralisée au plan national). Mentionné dans l’acte unique (1986), ce principe figure dans les traités qui ont suivi (art.5 du Traité sur l’Union européenne, actuellement en vigueur).

La pratique de la subsidiarité

La subsidiarité se traduit par le rôle reconnu des régions et corps intermédiaires, avec l’existence du Comité des régions et du Comité économique et social. De plus, les partenaires sociaux européens (employeurs et syndicats) sont obligatoirement consultés par la Commission sur tout projet dans le domaine social, et ils peuvent arrêter une procédure législative pour traiter le problème par la négociation d’un accord entre eux. En outre, un droit de pétition est établi auprès du Parlement européen et l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) fait obligation à la Commission de se saisir des demandes recueillant plus d’un million de signatures.

La démocratie européenne est souvent trop lente. Les blocages par l’autre co-législateur qui est le Conseil des ministres sont fréquents, avec la règle de l’unanimité qui existe dans trop de domaines (politique étrangère, fiscalité, ressources de l’Union, sécurité sociale, etc.) ou avec le jeu des minorités de blocage. Ces règles freinent beaucoup la capacité de décider démocratiquement pour agir. La majorité qualifiée devrait prévaloir plus souvent.

La démocratie européenne dépend de l’information

La précédente campagne électorale européenne (en 2009) a été marquée en France par un déficit important d’information. Depuis, on ne peut pas dire que les médias français aient régulièrement et pleinement rendu compte de l’actualité européenne, même si depuis l’élection du Président de la République quelques uns de ses discours européens ont attiré l’attention.

Il est essentiel de veiller à la qualité de l’information et de s’opposer à la désinformation. Il est essentiel que les citoyens soient bien informés, pour que le débat permette une meilleure compréhension des enjeux. C’est cette exigence que nous devons manifester auprès de nos médias (traditionnels et réseaux sociaux) dans les prochaines semaines.

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