" à vous l'antenne !" ______________ANTENNE SOCIALE de LYON

15 février 2018

Commission Europe : Nos propositions aux SSF pour l'Europe

« L’Union européenne n’a pas devant elle une vieillesse inévitable, mais la possibilité d’une nouvelle jeunesse. Son succès dépendra de la volonté de travailler une fois encore ensemble et de la volonté de parier sur l’avenir » (Pape François, 24 mars 2017, discours à l’occasion du 60ème anniversaire du traité de Rome).

 

Pariant sur cet avenir, la Commission « Europe » de l’Antenne sociale de Lyon, souhaite que la session de novembre 2017 des Semaines sociales de France soit en effet prolongée, à la fois par la mise au point de propositions pour l’Europe et par une campagne d’initiatives pour leur mise en œuvre. Répondant à l’appel des Semaines sociales d’enrichir les propositions déjà formulées (voir : www.ssf-lasession.org/propositions-pour-europe-de-demain) nous suggérons les orientations suivantes :

 

  1. 1.      Renforcer les échanges et donner sens aux symboles :

-     Développer l’enseignement pour les jeunes sur les autres pays européens et sur l’Europe est indispensable. Il existe des ouvrages de notre histoire commune, parfois difficilement mis au point, mais qui évitent les errements du « roman national ». Ce travail encore timide doit être considérablement renforcé et diffusé.

-     Erasmus qui s’est élargi au-delà des étudiants et concerne maintenant les apprentis  constitue un programme essentiel. Son renforcement suppose la mise en œuvre de moyens accrus à tous les niveaux.

-     La fête de l’Europe, devrait être célébrée, non seulement par les pouvoirs publics, mais aussi par des manifestations favorisant les échanges, culturels et festifs entre citoyens européens. Elle est fixée au 9 mai en référence à la déclaration Schuman du 9 mai 1950, proposant une communauté européenne du charbon et de l’acier, en vue de réaliser « les premières assises concrètes d’une fédération européenne indispensable à la préservation de la paix ».

En France, le 11 novembre étant devenu « journée de commémoration pour tous les morts pour la France », le 9 mai, pourrait devenir férié à la place du 8, et cette journée de l’Europe pourrait aussi commémorer la paix avec la fin de la seconde guerre mondiale.[i]

De même le drapeau et l’hymne européen devraient figurer à part égale avec les symboles nationaux, en veillant à en faire les signes de nos liens avec les citoyens européens des autres pays.

 

  1. 2.      Pour une Europe plus démocratique

-     L’information est la base de la démocratie. Nous devons être vigilants pour une meilleure information sur l’Europe, qui favorise l’émergence d’une opinion publique européenne. Les approximations et caricatures sont fréquentes dans la presse. La couverture médiatique des précédentes élections européennes (2014) a été d’une faiblesse indigne. Que dirait-on si l’actualité nationale était traitée de la même façon ? Nous devons interpeller les médias et soutenir les efforts d’information et de formation comme par exemple ceux de l’académie « Notre Europe » en direction des journalistes et des jeunes. Il est particulièrement nécessaire de mieux faire connaître les travaux du Parlement européen et de s’opposer à la tendance des gouvernements nationaux de se défausser de leurs responsabilités sur les instances européennes.

-     Le nécessaire renforcement de la zone Euro suppose une légitimité démocratique plus forte dans ses processus de décision, avec notamment un Parlement de la zone Euro qui pourrait être constitué au sein du Parlement européen.

-     En France, pour les prochaines élections européennes (mai 2019), la suppression projetée des circonscriptions régionales néglige les nouvelles régions, tourne le dos à la subsidiarité, détruit l’ancrage local des euro-députés et risque de générer lors de la campagne rendue «nationale » des débats caricaturaux au profit des extrêmes. Il faut chercher comment revoir ce projet qui a été qualifié de « marche arrière » par le Mouvement européen.

Cette élection devrait au contraire être l’occasion de rapprocher l’Europe des citoyens. Il est d’autant plus important de veiller à ce que les euro-députés soient proches de leurs électeurs et se consacrent pleinement à leur mandat européen.

En complément, pour favoriser le débat européen, il serait utile d’affecter à une circonscription complémentaire transnationale européenne les sièges précédemment occupés par les britanniques.

 

  1. 3.      Pour une Europe plus active et solidaire,

dans l’Union

-     Pour être soutenue par ses citoyens l’Europe doit renforcer sa dimension sociale. Celle-ci est inséparable de la conduite de politiques plus fermes pour une convergence économique de nos pays, appuyée sur une croissance soutenable. Cela suppose de mettre fin au dumping fiscal et social, par des règles communautaires. Cela ne peut se faire sans un renforcement de l’Europe politique, particulièrement dans la zone Euro.

-     Le socle européen des droits sociaux, proclamé à Göteborg en novembre 2017 définit des principes et droits (emploi sûr, salaire équitable, niveau élevé de protection de la santé et de la sécurité au travail, etc. ...). Des mesures concrètes pour sa mise en œuvre doivent être rapidement prises aux niveaux national et européen.

-     La place du dialogue social, avec la négociation entre employeurs et syndicats au niveau européen, après de réelles avancées est aujourd’hui au point mort. Nous demandons aux partenaires français et européens de prendre les initiatives nécessaires pour relancer le processus.

-     Mener des politiques européennes plus actives et solidaires demande de répondre aux nouveaux besoins dans de nombreux domaines, où le niveau européen est nécessaire, allant de la politique agricole (PAC), à la recherche et à l’innovation, aux défis du numérique[ii], à la transition énergétique, etc. … C’est incompatible avec le niveau actuel du budget européen qui représente à peine 1% du PIB de l’Union et qui doit être significativement accru.

 

et dans le Monde

-     L’Europe des 27 est la plus grande puissance commerciale, le premier investisseur et apporte la plus importante aide au développement dans le monde. Cette réalité contraste avec sa capacité d’intervention qui reste trop disparate. L’Europe doit agir pour maitriser la mondialisation. Elle doit poursuivre le rôle moteur qu’elle a joué dans les négociations climatiques et devenir exemplaire pour leur mise en œuvre. Les clauses fiscales, sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux doivent être renforcées.

-     Au-delà de la mise en œuvre du droit d’asile, l’immigration raisonnée doit être reconnue comme une réalité positive. La France, dont la politique est très restrictive, doit prendre toute la part qui lui revient. La surveillance et le secours aux frontières et en mer doivent être assurés en commun.

-     Nous appelons à développer un partenariat politique euro-africain comportant une vision partagée des enjeux du développement humain, économique et social, environnemental et démocratique, avec des dispositions concernant les échanges migratoires à court et long terme.

-     Dans le contexte mondial d’incertitudes et de conflits l’Europe a besoin d’une capacité commune de sécurité et de défense. Elle doit se construire à partir d’analyses convergentes des réalités internationales et s’appuyer sur une action diplomatique de l’Union plus cohérente et active.

 

  1. 4.      Mener campagne en 2018 et 2019

Dans tous les domaines précédemment repérés des progrès sont nécessaires. Ils sont possibles. L’Europe peut nous permettre de faire évoluer le monde vers plus de justice et de paix. Elle peut peser face aux puissances continentales ou multinationales pour maîtriser la mondialisation. Pour ce faire elle a besoin d’un nouvel élan.

La Commission européenne a lancé en 2017 des débats décentralisés sur l’avenir de l’Europe. Ils doivent se poursuivre avec la proposition du président de la République française de conventions démocratiques dans toute l’Europe en 2018.

Sans ignorer les difficultés et les oppositions, nous voyons qu’après plus d’une décennie de paralysie, les esprits sont en train de changer. Les gouvernements nationaux comme les institutions européennes, mais aussi les opinions publiques bougent rendant possible un nouvel élan.

Nous souhaitons saisir cette opportunité afin de susciter et soutenir ce nouvel élan :

-     développer l’information, démonter la désinformation et les sophismes populistes ;

-     travailler avec les équipes qui cherchent à mettre au point les propositions concrètes et  adaptées ;

-     interpeller et pousser nos gouvernements nationaux, nos élus locaux, et les partis politiques avec les candidats au Parlement européen, à se situer à la hauteur des enjeux européens ;

-     proposer, soutenir les initiatives européennes dans la société civile et dans la vie politique notamment au sein des syndicats, partis, religions, mouvements et associations ;

-     mener avec les organisations qui le souhaitent une campagne d’opinion en 2018-2019, sur des objectifs choisis, pour donner ce nouvel élan à l’Europe.

 

Antenne sociale de Lyon, Commission Europe

1er février 2018



[i]  En France, le jour férié du 8 mai fait référence à la capitulation de 1945, en fait signée à Reims le 7 mai puis à Berlin tard dans la nuit du 8 mai pour les alliés occidentaux, au matin du 9 mai (heure de Moscou) pour le Russes.

[ii]  Le contrôle de l’activité des GAFA et leur taxation sont particulièrement urgents.

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09 février 2018

Commission Pensée Sociale : La solidarité

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Définition :

Dans une première approche, la solidarité entre les hommes est un état de fait, indépendant de tout présupposé moral ou d’intentionnalité : « que nous le sachions ou non, que nous le voulions ou non, tout ce que chaque humain pense, dit ou fait, affecte l’humanité entière, et réciproquement».

Dans la pratique, la solidarité est le vécu d’un individu qui ressent un lien avec des personnes identifiées comme ses semblables, quelle que soit la nature de cette identité commune. Ce ressenti, notamment en cas de détresse, conduit à se sentir personnellement concerné et appelle à l’action et à l’engagement.

La solidarité n’est pas un concept spécifiquement chrétien. Toutefois le christianisme intervient dans la définition du semblable, appelé alors le prochain, qui prend particulièrement le visage du pauvre, du malade, du malheureux dans lequel chaque chrétien peut reconnaitre son frère en Christ, et une Dignité fondamentale. Cela fonde les actions chrétiennes d’aide à toute détresse, mais curieusement conduit peu les chrétiens à des engagements de nature politique en vue de remédier aux causes sociales de ces détresses.

Relation à d’autres concepts :

Interdépendance : la définition donnée en première approche pourrait décrire l’interdépendance, alors que la solidarité serait conditionnée par la conscience prise sur cette communauté de destin.

Entraide : met l’accent sur l’idée d’égalité et de réciprocité. Elle peut être manifestation de solidarité, mais ne suffit pas à la définir

Justice : La justice est un cadre social imposé, alors que la solidarité est une implication personnelle. Toutefois le sentiment d’injustice peut conduire à un engagement solidaire qui s’oppose à la justice des hommes.

Fraternité : la fraternité est le lien entre les hommes considérés comme membres de la famille humaine, et qui oblige à être attentif aux plus fragiles. En ce sens, la fraternité va au-delà de la solidarité.

Charité : Faire la charité, assistance verticale, n’implique pas nécessairement le sentiment solidaire. C’est pourquoi le terme a parfois été rejeté. Vivre la charité chrétienne, au sens de l’Amour va bien au-delà de la solidarité puisque cela peut impliquer le don de soi-même. La Charité peut être un moteur du comportement solidaire.

Pauvreté : se vivre pauvre, c’est expérimenter et croire qu’on n’est pas capable de faire face, par ses propres moyens, aux difficultés de la vie. Cela se traduit par une prise de conscience et un appel à l’aide solidaire de ses semblables pour restaurer son espérance de dignité.

Conditions d’exercice :

La solidarité suppose le partage d’un socle commun, constitué de valeurs, de principes, d’intérêts partagés et la prise en compte de besoins identifiés et acceptés.  Elle s’exerce de manière horizontale et non verticale

Les divergences dans les modalités d’action sont dues aux différentes échelles auxquelles la solidarité s’exerce. Le premier noyau peut être formé par la cellule familiale, l’ultime par l’humanité entière ;  entre les deux extrêmes se retrouvent des solidarités locales, professionnelles, nationales...  

La solidarité peut être ponctuelle (liée à un évènement), s’inscrire dans la durée, ou être existentielle (liée à la nature humaine).

Les spécificités chrétiennes de la solidarité:

Les spécificités ne se retrouvent pas dans l’action, mais dans l’intention. Sur le terrain, les Chrétiens n’ont pas le monopole de la solidarité, ils agissent avec d’autres acteurs. Mais, ils sont animés par des motivations qui leur sont propres car ils se nourrissent de l’Evangile. Ainsi, la dignité, le bien commun, l’option préférentielle pour les pauvres, la destination universelle des biens croisent les valeurs de solidarité et de fraternité. La pensée sociale chrétienne, actualisée en permanence, soutient  l’engagement solidaire des chrétiens et lui donne sens.

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30 janvier 2018

La Fin de Vie: causerie avec Laure Marmilloud et Fabrice Toulieux

 

Le 24 janvier l'Antenne a placé face à face un chercheur/juriste et une praticienne, pour évoquer à deux voix les enjeux et difficultés de cette période de la vie si importante et particulière qu'elle fait peur et conduit nombre d'entre nous à se fermer les yeux. Et pourtant, qu'il est important pour nous tous, de porter un regard lucide sur ce moment intime et inéluctable, qui nous concerne d'abord pour nos parents, et aussi pour nous mêmes.

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25 janvier 2018

Avec les SSF, proposez l'Europe de demain!

Les Semaines Sociales de France portent nos propositions pour l’Europe de demain

 

Après la session « Quelle Europe voulons-nous ? », Dominique Quinio, présidente des Semaines sociales a annoncé un certain nombre de propositions pour la refonte de l’Europe. Ces propositions, vous êtes encouragés à vous les approprier, à les critiquer, à les modifier, à les enrichir afin que nous proposions, ensemble, un Manifeste des Semaines sociales pour l’Europe
Les propositions seront transmises aux pouvoirs publics dans le cadre des conventions démocratiques mais aussi à la COMECE (Commission des Episcopats de la Commission Européenne) pour enrichir leur réflexion sur l’avenir de l’Europe. 

Alors prenez le pouvoir et soyez force de proposition, grâce au lien:

http://ssf-lasession.org/propositions-pour-europe-de-demain/

 

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22 janvier 2018

La commission transmission débat : que transmet-on ?

graduation-2276495_640On transmet un savoir faire,  des connaissances. C’est l’expérience de chacun à travers l’école, la famille, les groupes. Pour cela on s’appuye sur des méthodes, plus ou moins sophistiquées.  C’est l’apprentissage scolaire de la lecture, de l’écriture et du calcul. Puis cela évolue vers les connaissances littéraires ou scientifiques pour les uns et vers les apprentissages professionnels pour les autres. On peut citer aussi les préparations aux différents concours vers des professions de décideurs ou d’encadrants par les voies universitaires et les écoles d’ingénieur ou de commerce. Les méthodes peuvent s’assimiler à du training pour acquérir des mécanismes.

Avec l’apport de l’internet les connaissances sont rapidement accessibles, ce qui conduit les enseignants à trouver une autre interactivité avec leurs élèves. Ils ne sont plus la référence des connaissances, ils ont à apprendre à leurs élèves à trier ces multitudes de données, les organiser et les évaluer. Le but est de maîtriser ce nouveau média qui permet d’accéder à de nombreuses informations et de l’exploiter. Ainsi s’ouvrent « à la génération poucette » de nouveaux espaces de transmission à travers cette technologie numérique.

Mais enseigner requiert de la bienveillance et de l’attention à ceux qui reçoivent. Les élèves et les enfants en retour disent à leurs éducateurs ou leurs parents qu’ils ont reçu bien d’autres choses, auxquelles ils ne s’attendaient pas. Il s’agit souvent de ce qu’ils sont, la chaleur avec laquelle ils transmettent, plus que les méthodes, les exercices ou les programmes imposés. Il est préférable d’apprendre à se mettre en marche, à susciter le goût plutôt que de transmettre des valises pleines.

Transmet-on la foi ? Ou est-ce mission impossible comme le disait P. Peycelon dans un article de Regards ? dans son livre le Passage de témoins (2005-2007) Marguerite Léna écrit : « On ne transmet pas la foi, on transmet la Parole, c’est l’Esprit qui en fait le brasier de la foi ».  « Mais quelle responsabilité si nous ne transmettons pas la Parole ! » a ajouté l’un d’entre nous.

Le rôle du passeur : « Un tel c’était quelqu’un ! » se souvient un ancien élève. Ce qui est mis en exergue dans les héritages, ce sont les « passages » grâce à une personne marquante, un professeur, un prêtre ou une institution. Ils jouent le rôle de passeur. Ils donnent le goût d’apprendre. Ainsi ils éveillent, ouvrent l’esprit et développent de la passion pour, de l’engagement vers.

Co-construction : On apprend de ceux à qui on transmet. Les éducateurs font avec ceux qui reçoivent et ne transmettent plus uniquement de façon verticale parents / enfants, enseignants / élèves. L’enseignant apprend de l’élève, les parents des enfants. La transmission n’est plus verticale mais se fait dans l’interaction enseignants / élèves ; maître / disciple ; parents / enfants. Dans la construction d’un projet et aussi dans tout travail de groupe et dans la vie familiale et citoyenne on apprend les uns des autres.

On transmet autant le savoir-être que le savoir-faire. L’écriture en est un moyen, ce que proposent aujourd’hui les ateliers d’écriture pour faire émerger ce qu’on veut transmettre, balayer pour aller à l’essentiel de ce que l’on est.

Notre vocation est de transmettre à la génération d’aujourd’hui avec les savoir-faire le souci du bien commun, le vivre ensemble et un message d’avenir qui n’oublie pas ce qui nous a faits. « Un peuple qui n’a pas de passé n’a pas d’avenir. Un peuple qui n’a pas d’avenir a-t-il une mémoire ? » Jacques DELORS.

Sans transmission il n’y a pas d’humanité. Transmettre c’est espérer.

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11 janvier 2018

Notre écosystème : le XXIème siècle commence aujourd’hui

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On dit que c’est la première guerre mondiale qui a accouché du XXème siècle dans la douleur. Cent ans plus tard, nous voyons peut-être naître sous nos yeux une nouvelle phase de l’histoire de l’humanité. Les signes de dérèglements graves s’accumulent, ouragans, perte d’énormes surfaces de banquise, inondations catastrophiques et submersions. Voilà des « signes du ciel » propres à exciter de nouveaux millénaristes, mais ce sont des faits objectifs conformes aux attentes des modèles météorologistes, et dont la fréquence seule devrait nous inquiéter. En 2017, 15000 scientifiques alertent le monde  sur l’importance réelle du réchauffement climatique, qui s’oriente plutôt vers 3 ou 4°C que vers la limite de 2°C fixée lors de la COP21. Et pourtant les COP22 et 23 ne semblent plus  à la hauteur de l’enjeu. Et pourtant le négationnisme est plus que jamais au pouvoir à Washington. Alors ?

Sommes-nous entrés dans ce mouvement d’effondrement civilisationnel dont Jared Diamond montrait la possibilité historique en 2004 avec son ouvrage Collapse ? Le pire n’est jamais certain, et le citoyen est myope comme une taupe quand il se trouve au cœur de la tempête. Mais on peut aujourd’hui  raisonnablement penser que notre civilisation n’a plus d’avenir sans retournement complet de ses paradigmes. Nous avons à coup sûr détraqué la machine climatique, nous avons à coup sûr empoisonné l’air et l’eau jusqu’aux confins du globe, nous avons provoqué une perte sans précédent de biodiversité, nous mettons toutes les formes de vie de la planète en danger, y compris la nôtre, de façon insidieuse, par l’artificialisation des milieux, l’accumulation de micro déchets plastiques,  et les effets cocktails chimiques. Le comportement d’une humanité qui n’a jamais été aussi nombreuse ressemble désormais à celui des lemmings qui se jettent ensemble à la mer. Il y a là un vrai mystère à élucider, qui oppose l’aptitude morale individuelle à la capacité collective de prendre des décisions de sauvegarde. Personne n’y met vraiment de la mauvaise volonté, mais peu d’individus sont capables d’aller contre ce qu’on appelle un système, système désormais unifié et renforcé par la globalisation.

Pourtant, comme dans chaque crise, il existe des germes pour des développements différents. L’analyse de la presse en 2017 semble confirmer la prise de conscience, et c’est un début essentiel. Si la Présidence des Etats-Unis  s’obstine dans l’obscurantisme, de nombreuses collectivités américaines sont prêtes à retrousser les manches, et de grands acteurs, comme la Chine et l’Inde prennent leurs responsabilités. Sans préjuger de ce qu’il sera vraiment capable de faire, le nouveau président français a été élu sur un programme de mutation écologique, et ce mouvement est en fait porté par la base. Ce sont désormais des citoyens qui s’engagent nombreux, et dans de nombreux pays, non pas tant dans la militance politique que dans la mutation de leurs modes de vie, à travers les associations, qui cherchent à réduire leurs déchets, réduire leur consommation de viande, réduire leurs achats, retrouver la frugalité, la solidarité, redonner un sens personnel à leur vie et réconcilier comportement intime avec citoyenneté. Ils ne sont pas encore majoritaires, sans doute, mais leur nombre préfigure déjà la possibilité d’un basculement culturel, qui est le préalable à une véritable révolution de l’humanité. Il ne s’agit pas de croire que les conversions individuelles suffiront à sauver notre biosphère. Il s’agit juste de considérer que sans la conversion profonde de chacun à ce que le pape François appelle l’écologie intégrale, les structures politiques ne seront pas capables de prendre en charge la réorganisation profonde dont nos sociétés de milliards d’humains ont besoin pour assumer leur désormais immense responsabilité au regard de l’histoire de la vie sur terre. Le Bien Commun est plus que jamais le Point Oméga vers lequel doivent tendre tous nos efforts, et il doit être compris comme le Bien de toute l’humanité prise comme un tout solidaire, et le Bien de toute créature vivant avec nous. Et ce qui fonde réellement cette solidarité absolue, c’est l’absolue Dignité que nous devons reconnaître à tout être vivant.

Nous sommes ainsi très clairement entrés dans un processus de conversion généralisée des esprits, des économies, des relations, qui comme tout processus s’inscrira dans la durée, et se heurtera aux processus destructeurs  puissants qui sont également à l’œuvre. Nul ne peut prédire le cours de la guerre ni l’étendue des dégâts. Mais quand la planète brûle, cela vaut la peine de chercher des issues de secours. C’est peut-être ce mouvement là qui est en train de prendre réellement, et qui peut rendre optimiste malgré tout. Car comme le soulignait Alexis Jenni dans la Croix le 31 décembre, nous avons devant nous « un monde à refaire ».

François PILLARD

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27 décembre 2017

Mot de la Présidente

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Une année s’achève, avec son lot d’événements tant nationaux qu’internationaux, avec sa liste de personnalités disparues, dont les noms évoquent des charismes différents, mais qui, tous, ont marqué notre histoire commune :  Simone Veil, Helmut Kohl, Robert Hirsch, Jeanne Moreau..., puis, en décembre, à un jour d’intervalle, l’académicien Jean d’Ormesson et le chanteur Johnny Hallyday dont la mort a provoqué un déferlement d’émotion, mais aussi de communion.

Une année est une page d’histoire, tissée d’événements petits et grands, dont certains seront vite oubliés, tandis que d’autres laisseront des traces durables. Mais elle s’inscrit aussi dans une temporalité plus longue, certains sujets se répètent, semblent témoigner de cycles dont on ne parvient pas à sortir. Ce sont les attentats qui resurgissent régulièrement pour nous rappeler la menace terroriste, ce sont les migrants qui ne cessent d’arriver en Europe et dont l’accueil est toujours aussi difficile, c’est la menace climatique qui plane toujours et peine à être prise en compte.

Alors, comment appréhender la nouvelle année ? Comme André Gide, nous savons bien que « Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n'y projetait déjà une histoire ». Pourtant, l’année nouvelle est toujours vécue comme une promesse de renaissance. La page semble blanche et offrir des espérances de renouveau et d’oubli des souvenirs sombres. Les vœux circulent, s’échangent à tout-venant. Au-delà de la coutume, quel est le sens de ces « bons vœux » de bonheur, santé... S’agit-il de formules incantatoires qui doivent déjouer le mauvais sort, joue-t-on les bonnes fées en attirant la félicité sur les récipiendaires ? Ou bien les vœux sont-ils de bonnes résolutions qui, si elles sont tenues, génèreront des bienfaits ? Sans doute les deux.

Nous avons besoin d’espérance pour aller de l’avant et de croire que si « le passé se projette dans le présent » il ne le fige pas, au contraire il nous invite à le dépasser.  Alors, acceptons sereinement de jeter un regard sur les mois passés pour y chercher des failles, mais aussi des raisons d’espérer et donc d’agir. Avant de retomber dans l’accoutumance du quotidien, faisons de ce début d’année une promesse d’engagement concret dans un monde fait d’ombre, mais aussi  de tant de lumière.

Bernadette Angleraud

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15 décembre 2017

Noël arrive, les consommateurs manquent de beurre !

 

Suite du dossier sur les Etats Généraux de l'Alimentation :

         quelles perspectives?

 

4 - Consommation et perspectives d’avenir

« Agroalimentation : des pistes pour une meilleure répartition de la valeur entre acteurs de la chaîne. L’un des principaux chantiers des Etats généraux de l’alimentation a débouché sur une liste d’une demi-douzaine de propositions »  Le Monde 2/10/17.

  • Une restructuration  de la filière alimentaire dans un délai de 5 ans.
  • Une inversion dans la détermination du prix : partir du prix de revient des producteurs dans la négociation des prix du marché.
  • Une aide de l’Etat  pour professionnaliser mieux et moderniser plus efficacement les filières de production  agricole

5 - Economie ménagère et justice sociale

  • Changer les habitudes de consommation.

L’alimentation humaine saine est un élément important du droit à la vie pour tous et partout. Cependant, comme telle, elle s’inscrit dans le contexte plus vaste de l’environnement de notre maison commune (pape François) et  des générations futures.

 Il existe une relation étroite entre consommation et environnement, dans la mesure où toute production demande d‘utiliser des produits renouvelables ou non renouvelables comme les énergies fossiles.  L’appel récent (13 novembre) des 15 000 scientifiques de 184 pays sur l’urgence absolue de changer nos comportements en matière de climat va dans ce sens ; entre autres urgences : ‘’Réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation et l’amélioration des infrastructures ; promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale’’ in Le Monde 14 novembre 2017

« Les chercheurs proposent d'introduire deux changements dans le système alimentaire : réduire le gaspillage – aujourd'hui responsable de la perte de 30  % des aliments de la fourche à la fourchette – et limiter la concurrence entre la production de nourriture pour les humains et celle pour le bétail. Un tiers des terres cultivables de la planète sont utilisées pour nourrir les animaux d'élevage de soja, maïs, blé, etc., alors que ces céréales pourraient aller à l'alimentation humaine. Il faudrait donc réduire la quantité de bétail et de produits d'origine animale (viande, poisson, œufs, laitages), qui pourrait être divisée par trois.... A deux conditions : une fois encore, la diminution des surconsommations et des pertes, ainsi qu'un changement de régime alimentaire. " Nous consommons deux tiers de protéines animales pour un tiers de protéines végétales. Il faudrait faire l'inverse et diviser par deux notre consommation de produits animaux. »(Le Monde 16 novembre 2017, Nourrir le monde en bio serait possible en 2050)

Ainsi existe-t-il une relation étroite entre transformation sociale et nouveaux modes de vie personnels, entre changement personnel et Bien commun. C’est pourquoi, aujourd’hui le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun  d’entre nous (Benoît XVI, journée mondiale de la paix 2010)

  •  Sécurité alimentaire et gaspillage (atelier 12).

Parmi les sujets en débat aux Etats généraux de l’alimentation, il en est un qu’une pensée globale doit aborder et résoudre : le gaspillage.  Gaspiller, surtout de la nourriture, n’est ni écologique, ni acceptable d’un point de vue éthique.

 « En France, on estime que, par an et par habitant, à domicile, près de 30 kgs de produits alimentaires sont jetés, dont 7 kgs de nourriture encore emballée, ce qui représente un budget de 400€ […] Selon une analyse menée en 2011 par la FAO, la quantité  de gaspillage alimentaire dans le monde s’élève à 1,3 milliards de tonnes par an, soit environ le tiers de la production totale de denrées alimentaires destinées à la consommation. […]Dans le même temps entre 6 et 8 millions de personnes, soit 12,2% de la population sont considérées en situation d’insécurité alimentaire en France. […] » 

 Pour réduire le gaspillage alimentaire, on trouve d’utiles conseils sur les divers sites d’ONG de consommateurs.

    - Etes-vous prêts à payer plus cher ce qui est dans votre assiette ? 55% disent oui (La Croix 20 juillet)

    - «Que privilégions-nous dans nos choix de consommation : le moins cher ou le prix juste (qui tient compte du respect de la nature et des besoins du producteur)? » (Conseil Famille et société, Nouveaux modes de vie ? L’appel de Laudato si’, Cerf 2017)

    - «Faisons-nous attention à ne pas avoir à jeter des produits non consommés et à privilégier des produits avec moins d’emballage ?» (idem)

    - «Si nous participons à des associations de consommateurs ou à des centrales d’achat, demandons-nous que le respect de l’environnement,  la rémunération  juste du producteur, et la priorité aux producteurs locaux soient des critères de notation et de sélection?» (Idem)

 «Un changement dans les styles de vie pourrait réussir à exercer une pression saine sur ceux qui détiennent le pouvoir politique, économique et social. […] C’est un fait, quand les habitudes de la société affectent le gain des entreprises, celles-ci se trouvent contraintes à produire autrement. Cela nous rappelle la responsabilité sociale des consommateurs : ‘’Acheter est non seulement un acte économique, mais toujours aussi un acte moral’’ (Benoît XVI , Caritas in veritate n° 66) » Pape François, laudato si, n° 206.

Etienne FAUVET,  16 novembre 2017

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09 décembre 2017

Noël arrive, les consommateurs manquent de beurre ! Les agriculteurs broient du noir ! Tempête sur l’alimentation !

gourmet-749562_640Dans une indifférence quasi générale, les Etats généraux de l’alimentation, voulus par le président de la République,   se tiennent par étapes successives depuis juillet 2017. Ils sont organisés autour de deux chantiers qui veulent donner une perspective : « La création et la répartition de la valeur » et « Une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous ». Il s’agit de faire évoluer  le modèle alimentaire pour permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes, et aux consommateurs  de consommer mieux. Ceci dans un contexte mondial de concurrence et de spéculation, alors que près de 800 millions d’humains souffrent de faim ou de malnutrition.

 Les débats ont été et continuent d’être âpres dans la filière agroalimentaire, tant les acteurs sont nombreux et leurs intérêts divergents : acteurs économiques, syndicats professionnels, associations de consommateurs, ONG environnement, et autres !

Il reste à organiser concrètement cette gageure : comment organiser une alimentation saine et durable pour les consommateurs ? Comment permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail ?  On attend les arbitrages du président de la République avant la fin de l’année. La Commission Faits de Société de l’Antenne fait le point.

1 - Les différents acteurs de l’alimentation : producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs.

Comment se répartit la valeur  du produit qui arrive dans nos assiettes? Entre agriculteurs en amont, industriels qui transforment les produits, et distributeurs en aval.

Dans cette filière d’acteurs, les grandes enseignes du marché sont toutes puissantes.  Les industriels-transformateurs imposent leurs prix d’achat aux associations de producteurs (agriculteurs) qui sont le plus souvent en situation de faiblesse : 430 000 exploitations agricoles en multiples filières d’un côté et, de l’autre, quatre centrales d’achat. Le rapport de force est grandement déséquilibré.          
Le prix d’achat qu’on impose  aux producteurs n’est pas à la hauteur du prix de revient de leurs produits. Les transformateurs les plus puissants imposent aussi leur prix aux distributeurs qui se plaignent de ne pouvoir assez inclure le coût de la distribution dans leur prix de vente. Les prix à la production ne permettent plus de vivre !

Quant aux consommateurs, ils interviennent peu dans la répartition de la valeur de ce qu’ils achètent. En grande majorité,  ils sont intéressés par les prix bas de leur alimentation. De plus, leurs habitudes de consommation se modifient ; par exemple dans la consommation de viande.

2- Agriculteurs, les plus faibles : des laissés pour compte de notre société d’abondance.

Tout d’abord, le nombre d’exploitations agricoles ne cesse de baisser : 2 082 000 en 1960 ; 1 240 000 en 1980 ; 664 000 en 2000 et 434 000 en 2015. (Source ministère de l’agriculture). En 2016, on compte 701 900 agriculteurs en France.

En 2016,  le tiers  des agriculteurs n’ont pas reçu 354€ de revenu par mois, 20% ont travaillé à perte, et, en trois ans les revenus des exploitants imposés au réel ont chuté de 51%.

« Selon la Mutualité sociale agricole (MSA), plus de la moitié des paysans français gagnent moins de 354 euros par mois [30% + 20% à perte. NDLR]. Ils n'étaient que 30% dans ce cas-là en 2015 et 18% en 2014. Conséquence de cette paupérisation rapide: les fermetures d'exploitations se multiplient (+30% de faillites d'élevages, +80% dans le porc). Et, même si l'on manque de statistiques officielles, c'est une réalité désormais admise: les suicides se multiplient. » Source Chalenges juillet 2017.

Certes, tous les agriculteurs ne sont pas dans la même situation selon leurs filières : producteurs de céréales du bassin parisien, de fruits dans la vallée du Rhône, éleveurs de bovins, de porc ou de canards,  vignerons en Bourgogne ou en Bordelais, producteurs  de lait.  Certes aussi de grandes différences peuvent s’observer au sein de chaque filière de production. Cependant, globalement, par comparaison avec les autres groupes socio-professionnels, les ’’paysans broient du noir’’ et toutes les filières sont concernées.

Les chiffres publiés par INSEE au mois d’août n’annoncent pas d’embellie : les prix agricoles continuent de s’affaisser.  Entre autres : le prix du blé destiné à faire du pain, - 5,8% ; le maïs, - 8,6% en trois mois ; le tournesol, - 3% en août. Les fruits et légumes vont dans le même sens : abricots, - 39,5% par rapport au même mois de 2016 ; tomates, - 22,5% ; melons, - 17,1% en juillet à  cause de la canicule, etc. Dans l’élevage, la viande  de boucherie a baissé de – 3,2% en 9 mois ; - 8,9% pour le porc.

Les aléas climatiques du printemps (gel) ou de l’été 2017 (grêle et sécheresse) ne vont pas  améliorer la situation économique et sociale des agriculteurs français. Les tendances aux votes extrémistes s’installent et des manifestations plus ou moins violentes se font jour dans les campagnes. Si rien ne change, on va droit dans le mur.

3 - Des causes diverses et multiples, selon les filières, expliquent cette situation de crise :

  • Brièvement rappelé, le contexte international  européen et mondial de libre échange des marchés mondiaux (comme le CETA avec le Canada ou le Mercosur) ;  entre autres, l’embargo russe sur les produits agricoles, la concurrence  mondiale et intra européenne sur les prix de base, la guerre des prix bas des grands distributeurs. 
  • Le contexte national interne à la profession agricole. La PAC (Politique Agricole Commune) européenne laisse  à chaque Etat de la liberté pour orienter sa politique agricole (dans une perspective plus écologique). Pourtant, en France, la demande de produit bio devient une demande de masse des consommateurs. Les ventes de produits agroalimentaires bio ont crû de 15% en 2015 et encore de 20% en 2016. Mais l’agriculture n‘arrive pas à fournir et à répondre ainsi à la demande, se privant ainsi de débouchés pour ses produits. En France, la politique agricole ne permet pas assez la modernisation des exploitations.  Par exemple,  les aides à l’agriculture biologique ou à la conversion ne sont pas à la hauteur de la demande  des agriculteurs qui veulent changer de façon culturale (dont la suppression du glyphosate).
  • La guerre des prix bas pour les consommateurs. Pendant les Etats généraux de l’alimentation une polémique s’est faite jour entre l’enseigne Leclerc, à laquelle se sont jointes des associations de consommateurs (UFC-Que choisir, CLCV, Familles rurales, UNAF) , et les autres acteurs agroalimentaires, sur la répartition  de la valeur du produit fourni au consommateur.

D'ici quelques jours, la suite de ce dossier vous sera livrée sur ce blog pour développer les perspectives.

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04 décembre 2017

Les Églises saluent la proclamation à Göteborg du Socle Européen des Droits Sociaux

La COMECE et la CEC considèrent le Socle Européen des Droits Sociaux  comme un pas décisif vers l'Economie Sociale de Marché européenne. Elles saluent donc le consensus de haut niveau établi par la proclamation conjointe du Parlement, du Conseil et de la Commission.

Elles encouragent l'Union Européenne et ses États Membres à traduire le document en actions concrètes, impliquant tous les partenaires - y compris les organisations confessionnelles et religieuses - afin de créer un marché intérieur approfondi et plus équitable, pour une Europe plus sociale et au bénéfice de tous les citoyens de l'Union Européenne.

La COMECE et la CEC estiment que les inégalités économiques et sociales persistantes, ainsi que les transformations qui s'opèrent dans le monde du travail, ne peuvent être affrontées que par un effort européen commun, non seulement formel, mais concret et tangible, fondé sur les valeurs de justice et de solidarité.

Comme l'a souligné le pape François lors du dialogue organisé par la COMECE (Re)Thinking Europe, «une Union Européenne qui, face aux crises, ne parvient pas à retrouver le sens d’être une seule communauté unie qui soutient et assiste ses membres [...], manquerait non seulement l'un des plus grands défis de son histoire, mais aussi l'une des plus grandes opportunités pour son propre avenir».

De même, la Conférence des Eglises Européennes a rappelé à toutes ses Eglises membres la vision d'une «maison européenne commune avec des valeurs communes partagées comme fondement», dont la justice et la solidarité sont une partie fondamentale.

La COMECE et la CEC ont contribué dès le début au Socle Européen des Droits Sociaux en publiant des déclarations en faveur d'une Economie Sociale de Marché européenne telle que prévue par les traités européens et en participant avec leurs partenaires à la consultation publique lancé en mars 2016 par la Commission.

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