" à vous l'antenne !" ______________ANTENNE SOCIALE de LYON

18 octobre 2017

La Transmission en crise !??

Une communication de la Commission Transmission de l'Antenne

       Les études, colloques, publications sur ce thème semblent se multiplier à tel point que l'idée même d'une telle crise semble évidente et qu'il importe d'en rechercher les causes et surtout de la combattre !

Or nous devons d'abord faire le constat que la transmission n'a pas disparu :

–   les couples en France continuent à « faire des enfants » et d'ailleurs un peu plus que dans beeducation-2284911_640aucoup d'autres pays européens ;

–   les enfants continuent à apprendre, à aller à l'école et d'ailleurs plus qu'hier : le niveau général de connaissances de la population s'est incontestablement élevé ;

–   les enquêtes d'opinion font apparaître que la famille reste une valeur forte, y compris pour les plus jeunes ;

–   au sein même de notre groupe de travail, nous avons pu partager tout ce que nous ont apporté les différents « passeurs » au plan intellectuel, moral ou spirituel.

Alors pourquoi parler de « crise » ?

–   la transmission d'abord « définit » en quelque sorte l'humanité.  Pour survivre l'homme doit transmettre des savoirs, des savoir-faire et des savoir être (ce que l'on appelle la culture au sens large), C'est bien ce qui continue aujourd'hui à se faire !

–   la plainte d'une jeunesse qui n'écoute plus ses parents n'est pas d'aujourd'hui. Socrate (en 385 avant JC!)  parlait d'une jeunesse «  mal élevée » qui  « se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens »

Néanmoins, nous constatons des évolutions (révolutions?) importantes dans le processus même de transmission :

–   d'abord la « dispersion » des sources de connaissance : hier, celles-ci étaient l'apanage d'autorités reconnues. Aujourd'hui, nous le savons, les savoirs sont accessibles immédiatement par tous.

–   l'accélération de la recherche conduit à une « remise en cause » permanente des connaissances essentiellement scientifiques et techniques et ce sont désormais parfois les plus jeunes qui apprennent aux plus âgés (nouvelles technologies)

–   mais ce serait plutôt dans le domaine des savoirs être que la transmission serait en crise : un discours récurrent sur le laxisme des adultes, leur manque de rigueur, une incertitude sur les valeurs à transmettre à laquelle s'ajoute une sorte de culte de la spontanéité des enfants... est fréquent. On parle alors de crise de l'autorité !

–   et pourtant qui renoncerait aujourd'hui à sa liberté d'expression et notamment de contestation à l'égard de toutes les formes de pouvoir ?!!

–   pour P. Meirieu  l'éducation « consiste à créer les conditions pour rendre nos enfants capables de créer un monde nouveau et habitable, démocratique et solidaire »

Ainsi, notre interrogation doit porter à la fois sur ce qu'il serait important de transmettre notamment en termes de valeurs, et les modalités de cette transmission.

Dans le domaine des savoirs et des savoir-faire,  l'apprentissage des méthodes doit prendre le pas sur les contenus eux-mêmes  (« apprendre à apprendre »)

Les modalités de la transmission qui ne peut plus se faire de manière autoritaire et descendante sont à réinterroger : les enfants eux-mêmes ne cessent de nous enrichir !

Mais il semble aussi important de se dégager du piège d'une société (dite de « consommation ») dans laquelle l'enfant est devenu une cible commerciale, au détriment parfois des valeurs de sobriété et de partage : transmettre d'abord des « avoirs » ou une certaine qualité d'être ?

Ne convient-il pas alors, comme nous y invite Maurice Bellet, de nous « désencombrer » avant de transmettre et de croire peut-être que ce qui est essentiel dans cette responsabilité pourrait être de l'ordre de l'éveil, de l'authentique, du fragile voire de l'inattendu ?

                                        Bernard Javaux , Commission Transmission de l’Antenne Sociale

 

 

 

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26 septembre 2017

Europe : c’est le moment, c’est urgent.

 Le texte complet de ce document établi par la Commission Europe de l’Antenne sociale de Lyon, qui comporte notamment des développements sur les enjeux cités en gras, ainsi que des renvois et commentaires, peut-être téléchargé en suivant le lien : NA_Europe_CestleMoment_20170914

Pouvons-nous maîtriser notre avenir ?

 La France (malgré son siège au Conseil de sécurité de l’ONU, ou sa force nucléaire) et l’Allemagne (malgré sa force économique) restent de petits pays comparés aux Etats-Unis à la Chine ou à l’Inde. Chacun de nos pays européens pris individuellement n’a pas le poids nécessaire pour peser efficacement. L’Europe le peut dans un contexte mondial qui évolue. Encore faut-il qu’elle en ait la volonté politique et qu’elle dispose des moyens nécessaires.

Or l’Europe, qui s’est édifiée progressivement depuis près de 70 ans, est minée par ses querelles internes, paraît souvent incapable de mener les politiques nécessaires ; son fonctionnement démocratique est questionné, et l’Union fait l’objet de critiques qui devraient s’adresser davantage aux gouvernements nationaux qui la paralysent trop fréquemment. Le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, s’est ouvertement affiché comme pro-européen. C’est une orientation positive, mais qui doit être concrétisée, et qui pourrait se retourner si les attentes qu’elle suscite venaient à être déçues.

Avenir de l’Europe : 5 propositions au choix

Nous sommes à l’heure de choix essentiels. Consciente de cette situation, la Commission européenne a publié, début mars, un livre blanc  pour lancer un débat sur l’avenir de l’Europe  d’ici la prochaine élection du Parlement européen (juin 2019) dans la perspective de 2025. Le président de la République dans son programme électoral suggérait de son côté de lancer dans toute l’Union des conventions démocratiques et a confirmé à Athènes une telle démarche. La Commission européenne propose de débattre dans les parlements nationaux, les villes et les régions, partout en Europe, autour de 5 scénarios envisageables allant de la « continuité » avec le fonctionnement actuel à la possibilité de « faire beaucoup plus ensemble ». La mise sur le même plan des divers scénarios est étonnante, car il semble évident que les difficultés que rencontre l’Europe (ses lenteurs, son incapacité à prendre les décisions nécessaire, son déficit démocratique, etc.) devraient interdire les scénarios de continuité ou pire de régression, et que seuls présentent de l’intérêt les scénarios permettant de progresser en faisant mieux et plus (soit ensemble, soit seulement avec ceux qui le veulent). Est-ce une volonté pédagogique en mettant toutes les hypothèses sur la table ? La méthode est contestée par le Comité économique et social européen qui souhaite que soit dégagée une vision commune pour définir la voie à suivre par l’Europe. Dans son discours sur l’état de l’Union, le 13 septembre, le président de la Commission européenne J-C. Juncker a précisé sa vision de l’avenir en distinguant dans une feuille de route ce qui sera mis en œuvre d’ici 2019 et ce qui relève de l’horizon 2025. Les réflexions de la Commission se situent explicitement dans une Union à 27 pays (sans le Royaume-Uni) et laissent place à l’hypothèse où certains pays avancent plus rapidement que les autres avec des « coopérations renforcées ».

Le livre blanc s’ouvre par un utile chapitre présentant les « moteurs » de l’avenir de l’Europe, dans un monde en évolution et est accompagné par des contributions de la Commission aux discussions : « développer la dimension sociale de l’Europe », « approfondir l’Union économique et monétaire », « maîtriser la mondialisation », « l’avenir de la défense de l’Europe» et « l’avenir des finances de l’Union européenne». C’est donc bien un débat de fond auquel nous sommes appelés au cours des deux années qui viennent, mais dont certaines conclusions ne pourront attendre, car les évènements les rendent urgentes (terrorisme, changement climatique … etc.) et car elles interféreront avec la négociation du Brexit. Sans prétendre dans ce court texte entrer dans le débat, et au risque d’être schématique, nous voudrions seulement souligner ici quelques enjeux importants :

  •    Renforcer l’euro, et son contrôle démocratique  
  •    Besoin de convergence économique et sociale, de politiques industrielles et d’harmonisation fiscale 
  •    Pour une politique extérieure et de défense européenne  
  •    Information et culture, fondements de la citoyenneté européenne  

C’est le moment d’un nouvel élan pour l’Europe

Ce printemps, le Pape François, en recevant les chefs d’Etat et de Gouvernement pour le soixantième anniversaire du traité de Rome, a souligné des voies d’espérance pour l’Europe .

Pas de défaitisme face aux difficultés qui existent et à l’europhobie qui demeure  ; pas d’attentisme alors que notre pays a dans le passé souvent empêché l’Europe de progresser; pas d’idéalisme béat et de confiance exagérée dans le pouvoir politique national ; pas de minimalisme, même se présentant comme pro-européen tout en  s’opposant aux « élites européistes» et qui, sous couvert de prudence ou de réalisme plus ou moins cynique, laisserait une même capacité de blocage aux gouvernements nationaux. Pour franchir une étape nouvelle, l’Europe a besoin d’une impulsion nouvelle avec lucidité et détermination.

Appuyés sur l’expérience de ces dernières années, nous voyons les enjeux devant nous ; ils se situent au niveau européen : transition numérique, énergétique et climatique ; convergence économique et sociale, politiques industrielles ; harmonisation fiscale indispensable pour la libre circulation ; politique extérieure renforcée et défense commune ; approfondissement de la zone euro et processus de décision démocratique ; meilleur exercice de la citoyenneté européenne.

Dans tous ces domaines des progrès sont nécessaires. Ils deviennent possibles. L’Europe peut nous permettre de faire évoluer le monde vers plus de justice et de paix. Dans l’instabilité des forces à travers le monde, l’Europe peut peser face aux puissances continentales ou multinationales pour maîtriser la mondialisation. L’Europe politique peut se renforcer. Le veto britannique ne s’exercera plus. Rien n’est certain, mais après plus d’une décennie de paralysie, les esprits sont en train de changer. Les opinions, les gouvernements, les institutions européennes bougent rendant possible un nouvel élan.

C’est le moment de s’en saisir, à nos divers niveaux de responsabilité :

  •  S’informer, développer l’information, démonter la désinformation et les sophismes populistes ;
  •  Travailler avec les équipes qui cherchent à mettre au point les propositions concrètes et  adaptées ;
  •  Pousser nos gouvernements nationaux, nos élus locaux à se situer à la hauteur des enjeux européens ;
  •  Susciter, soutenir les initiatives européennes dans la société civile et dans la vie politique notamment au sein des syndicats, partis, mouvements et associations.

 Commission Europe de l'Antenne, septembre 2017

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23 septembre 2017

Résumé de lecture: de la défiance à la confiance

                En France la défiance, l’anxiété, et la déprime sont plus proches de celles des pays d’Europe de l’Est que de nos voisins européens. D’ou vient ce mal ? Est-il une tare culturelle, sociale, institutionnelle ? En a-t-il toujours été ainsi dans notre passé récent? Quels sont ses coûts économiques, institutionnels et humains pour le pays ? Y-a-t-il des pistes de solutions pour vaincre ce mal ?

Autant de questions auxquelles les économistes Yann Algan et Pierre Cahuc s’efforcent d’apporter des réponses à travers un travail de recherche fouillé, une somme de statistiques comparatives et d’analyses documentées, donnant ainsi à leurs thèses une crédibilité qui ne peut nous laisser indifférents.

Bernard Fénoglio a résumé pour nous cet ouvrage, que nous vous proposons ici: NA_170920_B_Fénoglio_De_la_défiance_à_la_confiance

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21 juin 2017

L'Europe toute !

Urgence d’avenir

Seule, la France  représente 1% de la population mondiale et 2 ,3%  de la richesse produite ; elle ne pèse pas lourd. Mais au sein de l’Europe, c’est différent : l’Union européenne pèse près de 509 millions d’habitants ; elle est la  première puissance économique avec près de ¼ du PIB mondial. Dans un monde de rapport de force, l’union c’est l’avenir, mais l’Union européenne, géant économique, est un nain politique ! Que faire ?

ImageDéfiEurope

Des défis à relever

Ils sont nombreux  mais le premier c’est la volonté de fonder une vie ensemble !

Dans l’ensemble européen :  la paix menacée par les attentats, la sécurité, le changement politique des USA menaçant l’avenir de  l’OTAN, une défense commune à prendre en charge,  l’immigration et la demande d’asile, le Brexit du Royaume Uni, une politique financière et fiscale commune, une transition énergétique bas carbone, une solidarité entre pays et régions, du travail pour tous…. en commençant par investir dans le capital humain (Erasmus).

Dans l’ensemble mondial : le changement climatique, les relations commerciales avec les géants que sont la Chine, l’Inde, les USA, la Russie, etc,  le développement durable…

C’est le moment d’un nouvel élan pour refonder l’Europe

Non pas moins d’Europe, mais mieux d’Union. Sortir de l’Union européenne serait un suicide, mais poursuivre sans changer de politique et de pratique serait la mort lente !

l’Europe est de nouveau à l’ordre du jour. Le président  français se dit pro-européen. Il a annoncé un débat citoyen avant la fin de  2017 ; il lui faut passer des paroles aux actes.

La Commission européenne vient de publier un ensemble de documents visant l’avenir de l’Europe, pour des débats citoyens dans les 27 pays, avant les élections européennes de juin 2019.

Une exigence chrétienne

 « Face aux poussées qui désagrègent, il est toujours plus urgent de mettre à jour l’“idée d’Europe” pour faire naître un nouvel humanisme basé sur la capacité d’intégrer, de dialoguer et de générer, qui a rendu grand celui qu’on appelle Vieux Continent. »

                                                               Pape François, vœux au corps diplomatique, Rome, 9/1/2017

« Le pape ne regarde pas la construction européenne comme un acquis mais comme un outil pour préserver la paix, laquelle est aujourd’hui en péril à travers le monde. Il invite les Européens à ne pas se replier mais à répondre aux nouveaux défis. »

Olivier POQUIN, Secrétaire général de la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne, 27/10/ 2016

 «  Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir d’avenir pour notre pays que dans une Europe forte et consciente de son histoire  et de ses responsabilités dans le monde. »

Conseil permanent de la conférence des évêques de France, 14/10/2016

 

Commission Europe de l’Antenne Sociale, 21 juin 2017 : une note d'actualité plus conséquente paraîtra sur ce support à la rentrée.

 

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10 juin 2017

"Parole d'Antenne !" La newsletter de l'Antenne Sociale de Lyon

"Parole d'Antenne !" Le lien entre les adhérents de l'Antenne Sociale de Lyon - N°1 Juin 2017

Ci-dessous, un lien pour parcourir en ligne ce nouveau support de d'information et de communication :

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Bonne lecture à tous !

 

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01 juin 2017

Redonner un sens au projet européen

Le mercredi 11 octobre, nous aurons un "Rendez-vous de l'Antenne" sur ce que doit devenir l'Europe, aeu-63985_640vec une intervention de Stefan Lunte, conseiller à la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne. (comme d’habitude à 19h30 rue Sala)

Aujourd'hui Justice et Paix , à la Une de sa Lettre de mai 2017, ouvre déjà la réflexion:

L’Europe, il y a un siècle, c’était le quart de la population mondiale, moins d’un vingtième demain ; l’Europe, il y a soixante ans, c’était un peu plus du cinquième de la richesse mondiale, toujours la même proportion aujourd’hui, mais avec une vingtaine de pays en plus dans l’Europe. La mondialisation est là, et prétendre restaurer la grandeur de la France en s’isolant du reste du monde, c’est aller vers des lendemains qui déchantent. Plus que jamais est vraie cette phrase de François Mitterrand : « La France est notre patrie, et l’Europe notre avenir. » Il faut redonner un sens au projet, montrer que l’Union est un projet commun pour vivre ensemble, que l’Europe, c’est la démocratie, les droits de l’Homme, la liberté d’entreprendre et un modèle social performant. L’Europe, et c’est peut être ce qui a été trop oublié, c’est une histoire, une tradition religieuse et laïque, et une culture communes. Dans un monde menaçant et imprévisible, ce n’est pas si mal.

Marc de Montalembert, membre de Justice et Paix, ancien président d’Amnesty France

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24 mai 2017

Modes de vie ? L'appel de Laudato si'

Cette nouvelle publication du Conseil Famille et Société de la Conférence des Evêques de France concrétise l'appel de Laudato si' à nous bouger dans nos habitudes et nos façons de vivre!

révélation

En 1982, les évêques lançaient déjà un appel « pour de nouveaux modes de vie » face aux conséquences « d'une situation économique et sociale de plus en plus difficile dans un monde déstabilisé ». Une  parole bien en phase avec ce que chacun constate aujourd'hui.

Alors les évêques nous proposent de regarder le paysage social actuel pour « mieux vivre le temps, mieux consommer, mieux habiter l'espace... ». Ce nouveau livre appelle à discerner et à agir avec réalisme et courage pour « un changement radical de nos s de vie », pour « prendre conscience de l'impact de nos modes de consommation, de déplacement, d'habitat... », car « la vie humaine et sociale se voit atteinte ».

 Les thèmes du livre : le temps, la consommation, l'argent, la production, l'espace, les besoins sociaux et la migration, la communauté humaine sont construits en 3 étapes : le constat de la situation, les nouveaux possibles, et des questions pour un changement de de vie et pour « nous aider à découvrir la Création d'une manière nouvelle et ainsi revisiter le sens de notre présence dans cette « maison commune » qui nous a été donnée.

Luc Champagne

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13 avril 2017

la cité idéale... entre utopie et défi social !

La cité idéale :

CitéIdéale

Aristote, dans une période de crise pour la cité grecque, s’interroge sur la cité idéale et définit plusieurs types de constitutions : la monarchie, l’aristocratie et la démocratie. Aucune n’est parfaite car toutes peuvent dériver, la première en tyrannie, la seconde en oligarchie et la troisième en anarchie. Toutes visent le bien public, mais le monarque ou les élites peuvent exercer le pouvoir dans leur intérêt propre, tandis que le peuple peut être manipulé par des démagogues. L’éthique est donc indispensable au politique pour assurer le bien commun et le bien des individus. La leçon politique d’Aristote et les risques pointés font un écho certain à notre contexte actuel : notre France actuelle n’est pas plus vertueuse que la Grèce antique.

Les évêques, dans leur lettre sur le politique, après un constat sévère et réaliste, nous invitent à nous réapproprier notre citoyenneté.

Et si cette crise était l’occasion d’un sursaut ?
60% des Français se disent intéressés par la politique (sondage La Croix mai 2016),
mais combien sont prêts à sortir de la posture du spectateur ?

Il est vrai que le flot d’informations éloignées des préoccupations quotidiennes invite à la passivité. Aristote faisait du citoyen l’acteur principal de la cité et de son harmonie, à condition que les citoyens se rencontrent pour agir ensemble. Il nous faut sans doute réapprendre à dialoguer, à nous engager pour reconstruire, selon la formule des évêques, un contrat social, tissé dans un bien commun. Il faut accepter de changer de posture en nous considérant comme des « animaux politiques » c’est-à-dire tout simplement sociaux, et donc concernés par le vivre ensemble. Il peut s’agir d’initiatives modestes, locales, peu médiatiques, mais elles disent toutes un désir de vivre, de participer à un projet commun. Tout cela est engagement politique dans la mesure où il dépasse notre moi pour construire un nous à l’échelle d’un groupe humain.   

La cité ne sera jamais idéale, mais il faut accepter d’y contribuer et de croire en l’avenir. L’élan, le foisonnement d’initiatives citoyennes, manifeste depuis quelques années, est ainsi une raison d’espérer.

A notre façon à l’Antenne, nous cherchons à nous inscrire dans cette dynamique en proposant des temps de rencontre, de réflexion, qui se nourrissent de la pensée sociale chrétienne, pour en faire un des fils qui tissent notre vivre ensemble.

Illustrations : Tour de Babel - Bible Illustree Salomon - 1554 Platon et Aristote - détail de la fresque «l’Ecole d’Athène» de Raphaël - 1510 Projet Lilypad de l’architecte belge Vincent Callebaut - 2008

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