La cité idéale :

CitéIdéale

Aristote, dans une période de crise pour la cité grecque, s’interroge sur la cité idéale et définit plusieurs types de constitutions : la monarchie, l’aristocratie et la démocratie. Aucune n’est parfaite car toutes peuvent dériver, la première en tyrannie, la seconde en oligarchie et la troisième en anarchie. Toutes visent le bien public, mais le monarque ou les élites peuvent exercer le pouvoir dans leur intérêt propre, tandis que le peuple peut être manipulé par des démagogues. L’éthique est donc indispensable au politique pour assurer le bien commun et le bien des individus. La leçon politique d’Aristote et les risques pointés font un écho certain à notre contexte actuel : notre France actuelle n’est pas plus vertueuse que la Grèce antique.

Les évêques, dans leur lettre sur le politique, après un constat sévère et réaliste, nous invitent à nous réapproprier notre citoyenneté.

Et si cette crise était l’occasion d’un sursaut ?
60% des Français se disent intéressés par la politique (sondage La Croix mai 2016),
mais combien sont prêts à sortir de la posture du spectateur ?

Il est vrai que le flot d’informations éloignées des préoccupations quotidiennes invite à la passivité. Aristote faisait du citoyen l’acteur principal de la cité et de son harmonie, à condition que les citoyens se rencontrent pour agir ensemble. Il nous faut sans doute réapprendre à dialoguer, à nous engager pour reconstruire, selon la formule des évêques, un contrat social, tissé dans un bien commun. Il faut accepter de changer de posture en nous considérant comme des « animaux politiques » c’est-à-dire tout simplement sociaux, et donc concernés par le vivre ensemble. Il peut s’agir d’initiatives modestes, locales, peu médiatiques, mais elles disent toutes un désir de vivre, de participer à un projet commun. Tout cela est engagement politique dans la mesure où il dépasse notre moi pour construire un nous à l’échelle d’un groupe humain.   

La cité ne sera jamais idéale, mais il faut accepter d’y contribuer et de croire en l’avenir. L’élan, le foisonnement d’initiatives citoyennes, manifeste depuis quelques années, est ainsi une raison d’espérer.

A notre façon à l’Antenne, nous cherchons à nous inscrire dans cette dynamique en proposant des temps de rencontre, de réflexion, qui se nourrissent de la pensée sociale chrétienne, pour en faire un des fils qui tissent notre vivre ensemble.

Illustrations : Tour de Babel - Bible Illustree Salomon - 1554 Platon et Aristote - détail de la fresque «l’Ecole d’Athène» de Raphaël - 1510 Projet Lilypad de l’architecte belge Vincent Callebaut - 2008