Note sur l'Université de la Solidarité et de la Diaconie. Lourdes 30/10 – 2/11 2017,

                                   à l'invitation du Conseil de la solidarité de la Conférence des évêques

 

Parce que des chrétiens vivent et accompagnent des personnes fragilisées, voire cassées par la vie, cette femme a pu dire publiquement  «  Je n'étais rien, aujourd'hui je suis quelqu'un ! »  Parole de résurrection lors d'un des ateliers de cette Université qui a réuni 550 personnes venues de bien des diocèses de France. Elles venaient à Lourdes grâce aux nombreuses communautés où accompagnants et accompagnés se retrouvent au nom de l’Évangile, portées aussi par l'attention permanente aux pauvres à laquelle le pape François nous appelle à temps et à contretemps.

Ces communautés venaient des diocèses, du Secours catholique, du CCFD, des aumôneries de prison, ou encore par le Réseau St Laurent, le Sappel, les Semeurs de lumière, Grain de sel, les Rencontres Fraternelles, les diaconies diocésaines, le groupe Bartimée, Lazare, Pierre d'Angle, le Réseau Siloë, aux Captifs la libération, Magdala, le Centre Sèvres...

Pour notre diocèse, j'ai eu la chance de rejoindre le Secours Catholique, en la personne de Pierre Keller, la communauté du Sappel emmenée par Philippe et Céline Bres, et les Rencontres Fraternelles emmenées par Christiane Thevenon.

Le but de cette rencontre était de partager l'expérience de tous pour mieux vivre et développer la diaconie dans les paroisses et dans les diocèses. Ainsi pour notre diocèse de Lyon avons-nous animés divers ateliers : sur la confiance, 2 ateliers animés par le Sappel, et de mon côté, avec Céline Tournus du Secours Catholique,  nous avons animé un atelier sur l'accueil des migrants à partir du travail de  la Cellule Migrants.

Cette université a permis a chacun d'apporter son expertise puisque le pari des organisateurs était que chacun pouvait se former à l'accompagnement des personnes fragilisées et à partager la réflexion. L'essentiel du travail c'est fait au sein des 93 ateliers qui étaient proposés autour de 10 thématiques illustrées par la vie des communautés : ceci allant de la confiance dans la vie de chaque jour au partage de la Parole, en passant par l'art de vivre en diaconie ou encore prier, célébrer et vivre les sacrements, tout cela pour développer la diaconie diocésaine et paroissiale à partir des plus pauvres.

Temps forts. Si les ateliers ont été la charpente de cette université, d'autres temps forts ont permis partage, prière et convivialité, notamment les temps en petites fraternités réunissant chacune une 10aine de personnes qui se sont retrouvées 2 fois par jour pour des échanges plus approfondis et personnels. Les célébrations communes comme le temps de réconciliation qui nous a menés de l'église Sainte Bernadette à la Grotte de Massabielle, la célébration de la Toussaint avec un lavement des pieds si signifiant dans le contexte de cette rencontre, ou encore les deux conférences données par Gwenolla Rambaud et Étienne Grieu. Et bien sûr les longs moments entre les séquences de travail ont permis, comme les repas, des échanges sur la vie et les engagements de chacun.

Et maintenant ici à Lyon ? Très clairement se pose la question de poursuivre cette démarche ici dans notre diocèse, dans chacune de nos paroisses en nous appuyant sur ce que nombre d'entre nous faisons déjà. Ne doit pas être un vain mot la lettre que notre évêque, Philippe Barbarin, a publiée début octobre pour appeler «  chacun à rejoindre l'autre dans sa fragilité pour ouvrir un avenir de justice pour tous. »

Concrètement quelle place ont les pauvres dans nos communautés, quelle place leur est faite, quelle temps leur est donné, quelle fidélité dans la durée sommes-nous prêts à vivre avec eux, qu'acceptons-nous de recevoir d'eux, eux « les exclus en rupture familiale, sociale et souvent de santé ; les personnes migrantes souvent en situation administrative complexe ; les mineurs isolés et toutes celles et ceux que la trajectoire de leur vie fragilise. »