Alors que l’Europe, depuis son élargissement à l’Est, a vu son premier souffle éclater, elle peine à trouver son second souffle. Invité à exprimer ses raisons d’espérer, Stefan Lunte nous a d’abord longuement développé les raisons de ne pas être trop optimistes.

Pour commencer, il a dressé la liste, longue, des sujets chauds qui fâchent : la taxation du numérique, les travailleurs détachés, l’assainissement des déficits publics, la garantie des dépôts bancaires, les droits à polluer, les migrations, les disparités de contraintes entre états, le Brexit, l’Ukraine, le Fonds de Développement Durable pour l’Afrique….

Cela montre que l’Europe pulse encore, mais elle le fait loin des populations et sans contrainte de résultat. Il faut élargir l’horizon, et remonter à l’esprit prophétique d’un Aristide Briand soutenant en 1930 devant la SDN que « l’effort constructif de l’Europe devrait porter en priorité sur le plan politique », faute de quoi les économies industrielles les plus fortes écraseront les autres. Il faut « rétablir la confiance entre les peuples en pacifiant réellement les esprits ». Et enfin, «  les sentiments ne peuvent rien sans le droit, mais le droit ne peut rien sans les sentiments ».

Alors, rien n’est jamais perdu, tout est encore possible, si chacun veut bien prendre conscience de la situation que vivent les autres, si on garde l’ouverture d’esprit nécessaire pour faire évoluer les institutions, et enfin si nous gardons foi en la démocratie.