Suite du dossier sur les Etats Généraux de l'Alimentation :

         quelles perspectives?

 

4 - Consommation et perspectives d’avenir

« Agroalimentation : des pistes pour une meilleure répartition de la valeur entre acteurs de la chaîne. L’un des principaux chantiers des Etats généraux de l’alimentation a débouché sur une liste d’une demi-douzaine de propositions »  Le Monde 2/10/17.

  • Une restructuration  de la filière alimentaire dans un délai de 5 ans.
  • Une inversion dans la détermination du prix : partir du prix de revient des producteurs dans la négociation des prix du marché.
  • Une aide de l’Etat  pour professionnaliser mieux et moderniser plus efficacement les filières de production  agricole

5 - Economie ménagère et justice sociale

  • Changer les habitudes de consommation.

L’alimentation humaine saine est un élément important du droit à la vie pour tous et partout. Cependant, comme telle, elle s’inscrit dans le contexte plus vaste de l’environnement de notre maison commune (pape François) et  des générations futures.

 Il existe une relation étroite entre consommation et environnement, dans la mesure où toute production demande d‘utiliser des produits renouvelables ou non renouvelables comme les énergies fossiles.  L’appel récent (13 novembre) des 15 000 scientifiques de 184 pays sur l’urgence absolue de changer nos comportements en matière de climat va dans ce sens ; entre autres urgences : ‘’Réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation et l’amélioration des infrastructures ; promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale’’ in Le Monde 14 novembre 2017

« Les chercheurs proposent d'introduire deux changements dans le système alimentaire : réduire le gaspillage – aujourd'hui responsable de la perte de 30  % des aliments de la fourche à la fourchette – et limiter la concurrence entre la production de nourriture pour les humains et celle pour le bétail. Un tiers des terres cultivables de la planète sont utilisées pour nourrir les animaux d'élevage de soja, maïs, blé, etc., alors que ces céréales pourraient aller à l'alimentation humaine. Il faudrait donc réduire la quantité de bétail et de produits d'origine animale (viande, poisson, œufs, laitages), qui pourrait être divisée par trois.... A deux conditions : une fois encore, la diminution des surconsommations et des pertes, ainsi qu'un changement de régime alimentaire. " Nous consommons deux tiers de protéines animales pour un tiers de protéines végétales. Il faudrait faire l'inverse et diviser par deux notre consommation de produits animaux. »(Le Monde 16 novembre 2017, Nourrir le monde en bio serait possible en 2050)

Ainsi existe-t-il une relation étroite entre transformation sociale et nouveaux modes de vie personnels, entre changement personnel et Bien commun. C’est pourquoi, aujourd’hui le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun  d’entre nous (Benoît XVI, journée mondiale de la paix 2010)

  •  Sécurité alimentaire et gaspillage (atelier 12).

Parmi les sujets en débat aux Etats généraux de l’alimentation, il en est un qu’une pensée globale doit aborder et résoudre : le gaspillage.  Gaspiller, surtout de la nourriture, n’est ni écologique, ni acceptable d’un point de vue éthique.

 « En France, on estime que, par an et par habitant, à domicile, près de 30 kgs de produits alimentaires sont jetés, dont 7 kgs de nourriture encore emballée, ce qui représente un budget de 400€ […] Selon une analyse menée en 2011 par la FAO, la quantité  de gaspillage alimentaire dans le monde s’élève à 1,3 milliards de tonnes par an, soit environ le tiers de la production totale de denrées alimentaires destinées à la consommation. […]Dans le même temps entre 6 et 8 millions de personnes, soit 12,2% de la population sont considérées en situation d’insécurité alimentaire en France. […] » 

 Pour réduire le gaspillage alimentaire, on trouve d’utiles conseils sur les divers sites d’ONG de consommateurs.

    - Etes-vous prêts à payer plus cher ce qui est dans votre assiette ? 55% disent oui (La Croix 20 juillet)

    - «Que privilégions-nous dans nos choix de consommation : le moins cher ou le prix juste (qui tient compte du respect de la nature et des besoins du producteur)? » (Conseil Famille et société, Nouveaux modes de vie ? L’appel de Laudato si’, Cerf 2017)

    - «Faisons-nous attention à ne pas avoir à jeter des produits non consommés et à privilégier des produits avec moins d’emballage ?» (idem)

    - «Si nous participons à des associations de consommateurs ou à des centrales d’achat, demandons-nous que le respect de l’environnement,  la rémunération  juste du producteur, et la priorité aux producteurs locaux soient des critères de notation et de sélection?» (Idem)

 «Un changement dans les styles de vie pourrait réussir à exercer une pression saine sur ceux qui détiennent le pouvoir politique, économique et social. […] C’est un fait, quand les habitudes de la société affectent le gain des entreprises, celles-ci se trouvent contraintes à produire autrement. Cela nous rappelle la responsabilité sociale des consommateurs : ‘’Acheter est non seulement un acte économique, mais toujours aussi un acte moral’’ (Benoît XVI , Caritas in veritate n° 66) » Pape François, laudato si, n° 206.

Etienne FAUVET,  16 novembre 2017