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Une année s’achève, avec son lot d’événements tant nationaux qu’internationaux, avec sa liste de personnalités disparues, dont les noms évoquent des charismes différents, mais qui, tous, ont marqué notre histoire commune :  Simone Veil, Helmut Kohl, Robert Hirsch, Jeanne Moreau..., puis, en décembre, à un jour d’intervalle, l’académicien Jean d’Ormesson et le chanteur Johnny Hallyday dont la mort a provoqué un déferlement d’émotion, mais aussi de communion.

Une année est une page d’histoire, tissée d’événements petits et grands, dont certains seront vite oubliés, tandis que d’autres laisseront des traces durables. Mais elle s’inscrit aussi dans une temporalité plus longue, certains sujets se répètent, semblent témoigner de cycles dont on ne parvient pas à sortir. Ce sont les attentats qui resurgissent régulièrement pour nous rappeler la menace terroriste, ce sont les migrants qui ne cessent d’arriver en Europe et dont l’accueil est toujours aussi difficile, c’est la menace climatique qui plane toujours et peine à être prise en compte.

Alors, comment appréhender la nouvelle année ? Comme André Gide, nous savons bien que « Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n'y projetait déjà une histoire ». Pourtant, l’année nouvelle est toujours vécue comme une promesse de renaissance. La page semble blanche et offrir des espérances de renouveau et d’oubli des souvenirs sombres. Les vœux circulent, s’échangent à tout-venant. Au-delà de la coutume, quel est le sens de ces « bons vœux » de bonheur, santé... S’agit-il de formules incantatoires qui doivent déjouer le mauvais sort, joue-t-on les bonnes fées en attirant la félicité sur les récipiendaires ? Ou bien les vœux sont-ils de bonnes résolutions qui, si elles sont tenues, génèreront des bienfaits ? Sans doute les deux.

Nous avons besoin d’espérance pour aller de l’avant et de croire que si « le passé se projette dans le présent » il ne le fige pas, au contraire il nous invite à le dépasser.  Alors, acceptons sereinement de jeter un regard sur les mois passés pour y chercher des failles, mais aussi des raisons d’espérer et donc d’agir. Avant de retomber dans l’accoutumance du quotidien, faisons de ce début d’année une promesse d’engagement concret dans un monde fait d’ombre, mais aussi  de tant de lumière.

Bernadette Angleraud