graduation-2276495_640On transmet un savoir faire,  des connaissances. C’est l’expérience de chacun à travers l’école, la famille, les groupes. Pour cela on s’appuye sur des méthodes, plus ou moins sophistiquées.  C’est l’apprentissage scolaire de la lecture, de l’écriture et du calcul. Puis cela évolue vers les connaissances littéraires ou scientifiques pour les uns et vers les apprentissages professionnels pour les autres. On peut citer aussi les préparations aux différents concours vers des professions de décideurs ou d’encadrants par les voies universitaires et les écoles d’ingénieur ou de commerce. Les méthodes peuvent s’assimiler à du training pour acquérir des mécanismes.

Avec l’apport de l’internet les connaissances sont rapidement accessibles, ce qui conduit les enseignants à trouver une autre interactivité avec leurs élèves. Ils ne sont plus la référence des connaissances, ils ont à apprendre à leurs élèves à trier ces multitudes de données, les organiser et les évaluer. Le but est de maîtriser ce nouveau média qui permet d’accéder à de nombreuses informations et de l’exploiter. Ainsi s’ouvrent « à la génération poucette » de nouveaux espaces de transmission à travers cette technologie numérique.

Mais enseigner requiert de la bienveillance et de l’attention à ceux qui reçoivent. Les élèves et les enfants en retour disent à leurs éducateurs ou leurs parents qu’ils ont reçu bien d’autres choses, auxquelles ils ne s’attendaient pas. Il s’agit souvent de ce qu’ils sont, la chaleur avec laquelle ils transmettent, plus que les méthodes, les exercices ou les programmes imposés. Il est préférable d’apprendre à se mettre en marche, à susciter le goût plutôt que de transmettre des valises pleines.

Transmet-on la foi ? Ou est-ce mission impossible comme le disait P. Peycelon dans un article de Regards ? dans son livre le Passage de témoins (2005-2007) Marguerite Léna écrit : « On ne transmet pas la foi, on transmet la Parole, c’est l’Esprit qui en fait le brasier de la foi ».  « Mais quelle responsabilité si nous ne transmettons pas la Parole ! » a ajouté l’un d’entre nous.

Le rôle du passeur : « Un tel c’était quelqu’un ! » se souvient un ancien élève. Ce qui est mis en exergue dans les héritages, ce sont les « passages » grâce à une personne marquante, un professeur, un prêtre ou une institution. Ils jouent le rôle de passeur. Ils donnent le goût d’apprendre. Ainsi ils éveillent, ouvrent l’esprit et développent de la passion pour, de l’engagement vers.

Co-construction : On apprend de ceux à qui on transmet. Les éducateurs font avec ceux qui reçoivent et ne transmettent plus uniquement de façon verticale parents / enfants, enseignants / élèves. L’enseignant apprend de l’élève, les parents des enfants. La transmission n’est plus verticale mais se fait dans l’interaction enseignants / élèves ; maître / disciple ; parents / enfants. Dans la construction d’un projet et aussi dans tout travail de groupe et dans la vie familiale et citoyenne on apprend les uns des autres.

On transmet autant le savoir-être que le savoir-faire. L’écriture en est un moyen, ce que proposent aujourd’hui les ateliers d’écriture pour faire émerger ce qu’on veut transmettre, balayer pour aller à l’essentiel de ce que l’on est.

Notre vocation est de transmettre à la génération d’aujourd’hui avec les savoir-faire le souci du bien commun, le vivre ensemble et un message d’avenir qui n’oublie pas ce qui nous a faits. « Un peuple qui n’a pas de passé n’a pas d’avenir. Un peuple qui n’a pas d’avenir a-t-il une mémoire ? » Jacques DELORS.

Sans transmission il n’y a pas d’humanité. Transmettre c’est espérer.