Annoncée dès la campagne présidentielle, la modernisation du baccalauréat a été présentée par Jean-Michel BLANQUER, Ministre de l’Education nationale le 14 février dernier. Elle poursuit quatre objectifs :

Simplifier un examen devenu trop complexe ;

-  Lui redonner du sens et de la force pour permettre aux élèves de mieux préparer leur réussite future dans l’enseignement supérieur.

Valoriser plus fortement le travail des élèves.

-  Mieux accompagner les élèves dans leur projet d’orientation.

Elle implique donc une nouvelle organisation du lycée et propose une spécialisation progressive, liée à l’orientation professionnelle. La classe de seconde ne subissant pas de modifications profondes, la réforme devrait être mise en oeuvre à la rentrée 2019 pour la classe de première, à la rentrée de 2020 pour la classe de Terminale.

en 2019 - 2020, en première et terminale, il y aura :

-  des matières obligatoires : français (ou philo en terminale), Histoire - Géographie, LV1, LV2, EPS et une nouvelle discipline appelée «humanités scientifiques et numériques» ;

-  des disciplines de spécialités  : trois en première et deux en terminale.

le bac 2021 :

-  Les épreuves anticipées de français (écrit et oral) en fin de première sont maintenues mais redéfinies.

-  Un contrôle continu (40 % de la note finale) à partir d’épreuves communes organisées au cours des années de première et terminale (30%) associées aux notes des bulletins scolaires de première et terminale (10 %).

Quatre épreuves en terminale (60 % de la note finale) : deux épreuves écrites sur les disciplines de spécialité, au retour des vacances de printemps.  En juin se situeront l’écrit de philosophie et un oral.

-  Le bac est obtenu à partir d’une moyenne générale de 10/20. Pas de note éliminatoire.

-  Le système des mentions et de compensation entre les notes est maintenu, de même que l’oral de rattrapage, avec une insistance sur le livret scolaire.

Une nouvelle organisation des enseignements

La voie technologique conserve son organisation en séries, mais les séries L, ES, et S de la voie générale sont supprimées.

La voie générale comprendra :

-  un socle de culture commune (français, philosophie, histoire et géographie, langues vivantes)

-  Des disciplines de spécialité (mathématiques, SVT, SES, ...) L’élève devra choisir trois disciplines de spécialité en première et deux en terminale parmi celles qu’il avait choisies en première.

-  Un temps dédié à l’accompagnement et à l’orientation dès la classe de seconde

-  Des enseignements facultatifs.

De nouvelles disciplines voient donc le jour : les humanités scientifiques et numériques dans le socle commun ; géopolitique et sciences politiques, sciences informatiques et numériques dans les spécialités.

Calendrier :

Rentrée 2018 : tous les élèves de seconde passent un test de positionnement pour évaluer leurs compétences en français et en mathématiques.

Rentrée 2019 : introduction des spécialités. Les élèves de première en choisissent 3. Début de la prise en compte des notes trimestrielles pour le Bac. Deux sessions d’épreuves ponctuelles, en janvier et en avril.

Rentrée 2020 : les élèves de Terminale choisissent deux spécialités parmi celles qu’ils avaient en première.  Décembre : nouvelles épreuves sur toutes les matières qui comptent pour le bac. Retour des vacances de printemps : deux épreuves de spécialités.  En juin : épreuve écrite de philosophie et un oral, d’une durée de vingt minutes sur un projet interdisciplinaire choisi par l’élève et préparé dès la classe de première.

Quelques commentaires et interrogations.

Cette réforme semble avoir de nombreux aspects positifs :

-  Si les classes sont effectivement composées de façon hétérogène, la suppression des filières remplacée par une personnalisation des parcours peut être un atout majeur pour la progression des élèves.

-  L’instauration d’un contrôle continu allège l’examen terminal et devrait donner une idée plus exacte de la progression et des vraies capacités de l’élève.

-  Les heures réservées à l’orientation.

-  L’aspect interdisciplinaire des enseignements.

-  L’introduction d’une nouvelle épreuve orale pour l’examen de fin de terminale, préparée depuis la classe de première.

Des interrogations :

-  Quel sera le contenu des nouvelles disciplines, et en particulier ces «humanités scientifiques et numériques». Le Ministre a précisé que cette matière sera «enseignée par des professeurs provenant de plusieurs horizons disciplinaires».

-  Inquiétude de tous les enseignants dont les disciplines disparaissent du tronc commun et rejoignent le rang des «spécialités».

-  La mise en place du contrôle continu n’est pas non plus sans susciter des questions sur l’égalité nationale - même si les sujets sont fournis par une banque de données - , la garantie de l’anonymat, ou des moyens supplémentaires. Ne va-t-on pas vers «un tunnel de partiels» qui se traduirait de fait par une pression constante des contrôles  sur deux ans et qui alourdirait très sensiblement le travail du lycéen et des enseignants ?

-  Aura-t-on un véritable investissement sur les heures réservées à l’orientation, une formation des enseignants ?

 

« La réussite de cette réforme passe probablement par une série d’assouplissements : une meilleure place aux initiatives locales…, une meilleure attention à tous les élèves qui ne vivent pas dans un environnement favorable..., le développement du travail en équipe et la formation des enseignants, que la centration unique sur les contenus s’accompagne aussi d’une réflexion sur  les méthodes de réflexion, d’aptitude au travail collaboratif, de capacité à l’initiative, à l’esprit de recherche, à la prise de risque »

«  Si c’est le cas (...) alors pourra enfin se développer en France une véritable culture  collective de la formation tout au long de la vie : l’avenir de nos jeunes, et donc celui de notre pays,  est à ce prix » (Newsletter de l’Enseignement catholique. « En correspondance » Février 18)

 

André BLANDIN et Philippe CABROL, responsable de formation dans l’Enseignement catholique, 23 mai 2018.

Bac 2021