Depuis des décennies les différents présidents ou candidats présidents nous assènent que leur objectifs majeur c’est de  « protéger » les français… sans en fixer les limites, tout cela au nom de la solidarité nationale.

Que l’Etat veille à protéger des grands malheurs de la vie est évidemment souhaitable, louable, nécessaire. Mais des français ont bien compris tous les bénéfices qu’ils pouvaient tirer de cette protection peu discriminante au nom de l’égalité. Et ce sont les plus malins et les moins pourvus de scrupules puisque «  ils y ont droit », et que ceux qui en auraient le plus besoin soit ignorent leurs droits, soit ont leur amour propre les incitant à « ne pas faire la manche » auprès des organismes sociaux, soit ne se sentent en mesure de remplir tous les formulaires et de parler à une administration qui ne va plus à leur rencontre.

Ainsi avons-nous de faux pauvres qui organisent leurs vies pour profiter des aides et de vrais pauvres qui sont hors des radars des organismes sociaux qui pourraient les aider à les sortir de leur misère et à obtenir les aides qui y contribueraient.

Un exemple : dans une Association culturelle, nous cherchons 3 jeunes animateurs, homme ou femme, à plein temps. Nous ne les trouvons pas. Pourtant nombre de candidat(e)s furent rencontré(e)s. Aucun ne voulait un plein temps mais un contrat d’au maximum 20h car, au-delà, ils perdaient les aides sociales dont ils bénéficiaient….Mais il s’avérait impossible pour cet Association d’organiser le planning du personnel avec « leurs » contraintes et ces 3 postes restent vacants !

Il est clair que ces candidats sont des « faux » pauvres intelligents et de bon niveau de formation. Une telle attitude est-elle acceptable par la collectivité ?

Combien de nos compatriotes « sans travail » vivent de l’aide sociale et du travail au noir - estimé à 120 milliards - appauvrissant ainsi tous ceux qui contribuent à leur subsistance à hauteur de 50 milliards.

Cette protection est sans limite clairement fixée,  car l’État se croit obligé ou se sent contraint d’intervenir sur tout aléa économique ou climatique, au prix d’un endettement croissant, privant ainsi les Français de l’idée même du courage de faire face, de s’adapter aux circonstances et de remettre en cause certains aspects de leur bien-être, succombant aux pressions publicitaires et sociales qui les environnent.

Que faire alors pour développer davantage la responsabilité et la réactivité personnelle  face aux aléas de la vie ?

Affirmer haut et fort que la solidarité nationale est d’abord consacrée aux situations personnelles dramatiques et durables et non à des situations temporaires et conjoncturelles. L’État doit s’attaquer en priorité à la grande pauvreté, aux grandes détresses, et tout faire pour éviter des situations d’aubaines.

Bernard FENOGLIO

Commission Faits de société, janvier 2019