Pr_sentation_Mme_Plasse_Bouteyre

En résumé : 

Lyon, comme les autres grandes métropoles européennes est constituée de populations très diverses, distribuées inégalement , avec des fractures sociales et spatiales flagrantes. Les populations aisées choisissent leur lieu d'habitation qui sont principalement les centres rénovés gentrifiés et les banlieues pavillonnaires proches. Les catégories plus modestes peuvent être exclues de ces quartiers, et reléguées dans l'ancien dégradé, dans les grands ensembles construits après guerre, ou dans les secteurs périurbains éloignés (30Km). Ces secteurs cumulent des handicaps sociaux : chômage, accès aux soins, faible mobilité, faible qualification et parcours d'insertion erratiques. La discrimination est économique par le coût de l'immobilier, mais aussi celui du transport. Elle est aussi psychologique car ces quartiers sont négativement connotés, ce qui provoque une discrimination ethno-spatiale et une stratégie d'évitement résidentiel: chaque groupe s'évertue à fuir un groupe immédiatement inférieur.

Malgré le dynamisme de la Métropole et de l'action publique, les inégalités restent marquées, avec des territoires à l'ouest plus favorisés par un habitat peu dense favorisant l'entre-soi, et des territoires à l'est et au sud plus modestes, faits de grands ensembles enclavés et touchés par la précarité. Ces contrastes ont une cause largement historique liée aux implantations industrielles, puis à la construction de grands ensembles HLM dans les années 60-70.Dans la commune de Lyon, la mixité sociale est bien présente à l'exception du 9ème, en lien avec une forte concentration de logements sociaux. L'embourgeoisement des 2ème et 6ème s'est renforcé, et la gentrification des 1er et 4ème se diffuse au 3ème et dans certains quartiers du 7ème arrondissement.

Les populations des Quartiers Politique de la Ville ont des revenus faibles, beaucoup d'enfants et de jeunes en familles monoparentales, et des personnes seules, souvent âgées. Les taux de pauvreté y sont deux fois plus importants que la moyenne métropolitaine. le chômage y reste élevé, malgré un dynamisme économique flagrand dans certains quartiers comme Vaulx, Vénissieux, la Duchère ou Rillieux. Les populations immigrées sont également surreprésentées. Ce sont des quartiers d'ouvriers et employés, faiblement diplômés, et moins mobiles que la moyenne, d'où une politique métropolitaine forte pour les équiper en Transports en commun.

Les actions politiques ont eu un impact positif certain pour certains quartiers comme Duchère-Plateau, Rillieux-Semailles, Vaulx-l'Herpe, Saint-Priest-Bellevue, Verdun-Suchet à Lyon, ou Saint-Clair et Montessuy à Caluire. Mais la situation se fragilise pour la Sauvegarde, Les Minguettes, Cuire le bas, Saint-Fons-centre, Alagnier nord à Rillieux, ou même à Parilly et Bron-Terraillon, Les Vernes à Givors, Grappinière, Buers-est, Arsenal sud à Saint-Fons, Mermoz-Trinité et Langlet-Santy à Lyon 8ème.