Les participants à notre soirée du 29 janvier se sont répartis en 3 ateliers pour répondre à deux questions: Qu’est-ce qu’un bon maire ?  Que peut attendre un maire de ses citoyens ?

Marianne

Pour tous,  un bon maire est d’abord à l’écoute des administrés,  dans le respect dû à chacun. Il est présent, proche, c’est quelqu’un en qui on peut avoir confiance.

C’est aussi quelqu’un qui anticipe et propose, donc qui a une vision. Il aime sa  ville et la valorise. C’est assez inattendu en politique, mais les maires, c’est aussi une histoire d’amour.

On attend du maire une prise en charge globale, même hors de son champ de compétences. On l’a dit, les compétences des maires sont rognées régulièrement et déléguées en partie, mais le maire doit intégrer les enthousiasmes  comme les misères humaines, en restant réaliste et en défendant des valeurs. Il lui faut donc du charisme et de l’éthique.

Il doit communiquer tous azimuts, avec des administrés, des corps associatifs, des fonctionnaires, des techniciens, comme avec  les communautés de communes et l’Etat. Il est donc un médiateur, qui sait travailler avec les autres et sait élargir son point de vue.

La fonction crée l’organe, et l’élu doit devenir maire,  élargir son regard et son influence au-delà des cas particuliers pour  aborder l’intérêt général voire le bien commun, pour reprendre un terme cher au christianisme social.

On l’a signalé avant, c’est le projet qui fait le territoire. Aussi faut-il savoir, avec charisme,  embarquer les citoyens dans un projet qui n’était sans doute pas le leur au départ.

Un groupe l’a dit, et cela peut faire une transition, un bon maire c’est d’abord de bons citoyens, et les citoyens disposent de nombreux moyens d’intervenir.

 Il y a des commissions extramunicipales, ouvertes à des non élus, des Centres Communaux d’Action Sociale, des Comités Locaux de Développement, des Conseils de Quartier, dans lesquels des corps intermédiaires sont bienvenus, voire obligatoires, et qui couvrent de nombreux sujets. La participation des citoyens est sollicitée lors de nombreuses concertations. Il y a parfois des budgets participatifs, et il s’agit d’une responsabilité difficile à endosser pour le citoyen. Il faut que les règles du jeu soient claires, connues, et que des réponses soient impérativement données par les élus ou les techniciens.

Ce registre appelle la notion de subsidiarité : les élus municipaux confient aux comités les manettes  pour agir. La subsidiarité, c’est aussi un contrat qui nécessite une évaluation régulière. Il est difficile que chaque citoyen intervienne à tout moment, et c’est pourquoi il est important que les municipalités soutiennent fortement leur tissu associatif, un vecteur majeur pour la circulation du pouvoir, de l’information, et la prise de conscience des nouveaux besoins, dans un monde très déstabilisé. Les élus actionnent aussi la subsidiarité ascendante. Dans les Monts du Lyonnais ils ont ainsi très tôt compris qu’il fallait décider des choses ensemble pour le bien collectif.

Quelqu’un a questionné tout à l’heure le vote : Délégation de responsabilité par le citoyen, ou abandon de responsabilité par le citoyen? Il a été dit combien les élus ont besoin de citoyens qui aient envie de travailler pour le Bien Commun. Cela  conduit à la notion bien chrétienne d’appel. Nos élus seraient parfois bien inspirés d’appeler ainsi leurs concitoyens : « Vous avez des idées, des compétences. Venez nous aider, vous êtes les bienvenus ».

Cet appel s’adresse à chacun de nous.

François Pillard, délégué de l'Antenne