...... Apprendre que la veille, à Wuhan, il n’y a eu qu’« un » nouveau décès nous permet d’envisager le long terme approchant de nous. Savoir qu’en Lombardie les premiers effets du remarquable confinement italien se font sentir suggère à notre impatience que la tragédie ne sera pas éternelle et que le temps des ennuis, et de l’ennui, finira un jour.

Forsythia

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C’est en s’appuyant sur cet espoir que nous devons préparer le printemps pour l’accueillir triomphalement quand il viendra, car il viendra. Ce n’est pas un vœu pieux, pas une de ces fake news répandues par l’Internet mais une certitude née de l’expérience et de l’observation, un scoop perso.

L’expérience tient au fait que, depuis que le monde est monde, les calamités et les guerres ont succédé aux désastres de tous ordres et que toujours l’humanité, en se battant contre ses propres dérives, est parvenue à redresser la tête et à reprendre goût à la vie. Au XIVe siècle la moitié des habitants de l’Europe avaient péri lors de la grande peste noire. Cela n’a pas empêché la Renaissance d’advenir, pour la joie de nos cœurs et la consolation de nos âmes. Après 1914-1918, premier suicide européen, et la récidive de 1939-1945, les humains se sont retroussé les manches pour reconstruire sur un tapis de ruines.

L’observation, elle, est d’ordre plus intime et on vous la livre comme elle nous est venue, de source sûre : dans tel jardin situé à six cents kilomètres de Paris, le grand forsythia qui, chaque année, signe le retour de la tendre saison a jauni ces jours-ci d’une couleur éclatante, joyeuse, triomphante, optimiste. Au même moment, « en même temps » dirait-on à l’Élysée, dans une avenue de Paris on a croisé un forsythia de ville, lui aussi en fleur, pas confiné, pas masqué, pas emmitouflé mais rameaux tendus vers l’azur, assuré de la continuité de son existence. Leçons de fleurs, comme vous nous êtes utiles, aujourd’hui comme hier !