Famille

Exprimée initialement dans un monde dont les préoccupations sont la conservation des structures sociales et morales, la Pensée Sociale est nécessairement amenée aujourd’hui à se réexprimer, à s’extraire des contingences socio-économiques anciennes et à accrocher ses fondamentaux au plus proche de la Dignité humaine. Le synode lancé par le pape François sur deux années doit contribuer à cette refondation. Les approches devront être variées, comme le sont les situations humaines.

Exhortation Amoris Laetitia

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Intervention d’Oranne de Mautort,

Directrice du Pôle Famille à la Conférence des Evêques, lors du Mardi de l’Antenne le 24 mai 2016 

L’exhortation du pape n’apporte pas des solutions réglementaires à toutes les questions qui se posent. Elle invite plutôt à renouveler le regard, à changer d’attitude, en posant comme principe que la patience, le temps long, le dialogue doivent primer sur le conflit, la réactivité, les difficultés du présent, et que le vécu, le réel, les crises même, doivent servir de terreau à la réflexion. La notion de cheminement est clé, car la Parole de Dieu se fait compagne de voyage, la Grâce de Dieu ouvre des chemins de bonheur, l’amour se construit de façon artisanale, pas à pas, la capacité d’aimer demande maturation, et les familles vivent donc un parcours dynamique d’épanouissement, où l’on apprend à former  sa conscience et à discerner, à éduquer et à faire croître la liberté. Il ne faut donc pas craindre d’approcher les crises matrimoniales car non seulement les familles sont en besoin de soutien, mais elles sont les sujets actifs de la pastorale dans la culture propre qui est la leur. L’Eglise est une maison pour chacun, sans condamnation, et avec bienveillance. L’esprit de synodalité doit souffler encore pour que les fidèles, qui sont les véritables experts de la Famille, se saisissent du sujet et proposent à leurs évêques les gestes pastoraux adaptés.

Ecoutez Oranne de Mautort (46mn) : Mardi Famille 20160524

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Le synode doit aussi travailler le champ fertile de la parentalité

L’Antenne a travaillé plusieurs mois non sur la Famille au sens le plus traditionnel, mais sur l’alchimie qui fait d’un adulte un parent dans un devenir long, complexe, et souvent délicat.

Constatant que la première synthèse issue du synode négligeait cet aspect pourtant essentiel de l’humanisation de la personne, l’Antenne a souhaité alerter les acteurs synodaux en adressant le 11 mars 2015 ce  courrier à Monseigneur Barbarin  (téléchargeable PDF).

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Emma GOUNOT

Colloque « Temps et Familles »

organisé par l’ISF les 13 & 14 novembre 2014

Conférence « Emma Gounot, fondatrice de l’Institut des Sciences de la Famille » par Bernadette Angleraud, Historienne, Présidente de l’Antenne Sociale, Lyon 

« Quel message souhaiteriez-vous transmettre ? »

L’Interview d’Emma Gounot, Fondatrice de l’Institut des Sciences et de la Famille

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Mardi de l'Antenne 13 janvier 2015

Etre parent aujourd’hui : quel vécu ?

Ce deuxième mardi de l’Antenne tentait de relever un défi de taille : faire parler de la parentalité, sujet intime et mystérieux s’il en est, des personnes qui ne se connaissaient pas, en essayant de déceler sous des cas tous particuliers, des lignes de force assez générales pour témoigner aussi d’un fait de société. Une cinquantaine de personnes se sont prêtées à l’exercice, avec des attentes diverses, et les mots de leur vécu.

Etre parent, devenir parent, choisir de l’être, ou accepter de le devenir parce qu’il y a attente, confiance, appel et mission à assumer. Toutes les expériences sont uniques et originales, le modèle type n’existe pas. Pas question d’avoir tout juste à l’école des parents. Et des questions à n’en plus finir. Quel temps laisse-t-on aux parents pour développer leur parentalité, qui les transforme autant qu’elle forme les enfants ? Comment prendre les conflits ? Ils sont aussi des occasions de grandir. Est-on vraiment seul dans cette barque ? La parentalité est une relation à deux, où l’on cherche à s’accorder. Et c’est aussi une fonction sociale, qui véhicule de façon inconsciente tout un système de valeurs.

Bien sûr, chaque participant avait les attentes dictées par son histoire propre, qu’il était impossible de satisfaire. Mais l’essentiel émerge de la variété des remarques : la parentalité ne se laisse pas enfermer dans une liste de compétences, dans une définition pauvre. Elle est par essence un chemin de questionnements sans fin, sur soi et sur la relation qu’on construit avec un enfant et toute une société qui observe, censure ou soutient.

Téléchargez ici les notes du Mardi 13 janvier saisies au vol (2p.PDF)

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Parentalité : Parole d'Antenne

Sur le plan spirituel, nous ne pouvons pas ignorer le mystère profond qui fait naitre et grandir le sentiment parental, don de soi en réponse à l’appel du faible par excellence. Le croyant fera nécessairement « le pas de côté » qui s’impose pour que, même si la situation matrimoniale venait à s’écarter du standard religieux, et même surtout dans ces cas où les blessures de l’âme affaiblissent les personnes, jamais la fonction parentale n’ait à souffrir du jugement et de l’exclusion des hommes. La noblesse de la fonction parentale, et sa difficulté même, requièrent une bienveillance extrême, et toute la Grâce dont le ciel peut les nourrir.

Ceci est la conclusion de la Parole d’Antenne (téléchargeable 1p PDF) publiée dans Regards n°62 .

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Parentalité et pensée sociale

Historiquement, la Pensée sociale de l’Église, a relié, de façon explicite, la réalité familiale, l’activité économique et la responsabilité du père de famille (Rerum Novarum). Le déploiement des moyens contraceptifs, à la fin des années soixante, consacrant – et banalisant – la dissociation contemporaine entre la sexualité et sa pleine signification dans la procréation, va interroger radicalement la conception catholique de la parentalité. Les possibilités ouvertes par l’assistance médicale à la procréation – et, plus encore, la gestation pour autrui – amplifient cette dissociation entre sexualité, conjugalité et procréation.

Tout cela traverse la question de la parentalité qui se décline désormais en termes de filiation et d’alliance. Et c’est bien là que se croisent, d’une manière inédite, le familial et le social.

On a bien à faire à une responsabilité collective quand le droit consacre – ou refuse de reconnaître – une manière communautaire de donner naissance à des enfants. En précisant comment l’enfant est (devenu) fils (ou fille) et de qui il tient, on donne sens à ce que veut dire « être parents ». Sachant en outre que c’est en se découvrant fils ou fille (de) que l’on peut devenir soi-même parents, dans une continuité. Nul doute que les questions de bio-éthique, nous ramenant à la réflexion sur l’origine de la société, traversent et interrogent la pensée sociale de l’Eglise et son fondement premier : l’affirmation de la Dignité de la personne humaine.

Ces phrases sont un raccourci du texte de Bruno Marie Duffé (téléchargeable 3p.PDF) publié dans Regards n°62 (janvier 2015).