FIGURES de la PENSEE SOCIALE

Christian BIOT  [1932 - 2015]

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Christian BIOT

Fils d’un médecin engagé dans le catholicisme social, il a grandi dans un milieu nourrissant, croisant régulièrement à la maison Jean Guitton, Jean Lacroix, son parrain Joseph Vialatoux, et plus occasionnellement Mounier, Varillon, de Lubac, Christian BIOT a su vivre ses passions pour la bible, la médecine, et l’homme. Prêtre du diocèse de Lyon, aumônier (enseignement public, prisons), anthropologue, il a longuement collaboré avec la Faculté de Médecine de Lyon sur l’éthique, la philosophie médicale, les soins palliatifs et la fin de vie. cela l’a conduit à créer et présider l’association l’Autre Rive qui a formé, dans toute la France des chrétiens à la célébration des funérailles. Curé de la paroisse Saint Maurice-Saint Alban, il a accompagné l’Antenne Sociale dans son développement.

Son frère Joseph développe le parcours de Christian BIOT téléchargeable (1p PDF)


 

L'abbé PIERRE  [1912 - 2007]


 

Joseph Wresinski  [1917 - 1988]

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 Madeleine DELBREL  [1904 - 1964]


 Sœur EMMANUELLE  [1908 - 2008]


 Joseph VIALATOUX  [1880 - 1970]


 Marius GONIN  [1892 - 1973]

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à lire et télécharger: Un portrait de Marius Gonin par Christian Montfalcon


Joseph FOLLIET [1903 - 1972]

« L’Église, pour moi, c’est l’église de Lyon – la mère des églises françaises,  la Rome des Gaules, la primatiale de France, ruisselante du sang des martyrs.  L’Église johannique où se conserve, avec le souvenir de Pothin et d’Irénée, le secret de cette charité qui sait être inventive et efficace, pour mieux témoigner à Dieu que nous l’aimons par l’amour de nos frères. L’Église doucement obstinée qui conserve ses traditions, sa liturgie et que sa catholicité n’empêche pas de s’implanter dans un terroir et une histoire. L’Église florissante et rayonnante qui a donné à Dieu des cohortes de saints, depuis la petite Blandine, victorieuse des lions, jusqu’au Curé d’Ars, vainqueur des démons.  L’Église immuable et solide, loin des modes parisiennes et des querelles d’État-major.  L’Église pauvre et humble du Curé Vianney, du Père Colin et du Père Chevrier. L’Église missionnaire du bienheureux Néel, du bienheureux Bonnard et de Pauline-Marie Jaricot.  L’Église pensante des Ballanche, des Lacuria, des Ampère, des Tixerant, des Jacquier et des Podechard.  L’Église charitable et sociale, l’Église populaire des Ozanam, des abbé Rambaud, des Marius Gonin. L’Église qui a donné à  l’Église la Propagation de la Foi, les Congrès eucharistiques et les Semaines Sociales. Je suis fier d’appartenir à l’Église par cette Église, de me rattacher au Christ par cette lignée de martyrs et de saints. Je suis fier d’appartenir à une Église qui n’a pas besoin de légendes pour magnifier ses débuts dans l’histoire. Je suis fier d’être le lieutenant de Marius Gonin, qui incarnait l’âme chrétienne et populaire de Lyon..


Des lyonnais du XIXe siècle

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Emma GOUNOT

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Colloque « Temps et Familles »  organisé par l’ISF les 13 & 14 novembre 2014

Conférence « Emma Gounot, fondatrice de l’Institut des Sciences de la Famille » par Bernadette Angleraud, Historienne, Présidente de l’Antenne Sociale, Lyon

« Quel message souhaiteriez-vous transmettre ? » L’Interview d’Emma Gounot, Fondatrice de l’Institut des Sciences et de la Famille


Rencontre avec Maurice SADOULET  

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Maurice Sadoulet est né à Marseille, en 1918, dans une famille de commerçants. Il est scolarisé au Pensionnat Mélizan, dont le fondateur, Paul Mélizan est un pédagogue et chrétien engagé dans la voie du christianisme social, dès Rerum Novarum.

Pour Maurice Sadoulet, le premier contact avec la pensée sociale chrétienne se fait par l’intermédiaire de la JEC, créée en 1929. Ses études en classes préparatoires le mènent à Grenoble, où il réussit, en 1939, le concours de Polytechnique

Ses années de formation se déroulent pendant la guerre : à l’X, au Centre de formation au pilotage de Versailles / Villacoublay, puis en Algérie et à Lyon en octobre 1940. La pensée sociale chrétienne y prend racine . Maurice Sadoulet s’engage au Secrétariat National (zone sud) de la JEC, lit les écrits de Teilhard de Chardin, qui lui révèlent que science et foi ne sont pas irréconciliables. La JEC est un lieu de militance, mais c’est aussi là qu’il rencontre son épouse, secrétaire nationale de la JECF ! De leur union naitront cinq enfants.

En 1942, Maurice Sadoulet entre dans la vie professionnelle, et connait une carrière assez mouvementée jusqu’à devenir indépendant comme détenteur de brevets (appareils de régulation pour les réseaux de distribution d’eau). Parallèlement, sa militance se poursuit au sein de l’ACI, comme responsable d’équipe, puis responsable diocésain.

1964 est l’année de la découverte de la Chronique sociale, en tant que responsable de l’accueil des Semaines Sociales de France, dont le thème, cette année là, est « le travail et les travailleurs dans la société contemporaine ». C’est le début d’un compagnonnage de 20 ans avec la Chronique sociale. Maurice Sadoulet y trouve un centre « d’expérimentation et de transformation sociale », y apprécie le projet de formation et de conscientisation qui permet de s’emparer des questions d’actualité au lieu de les subir. La Chronique est aussi un lieu de rencontre et d’échange avec des figures du catholicisme social, dont Joseph Folliet, qui l’a beaucoup marqué. La fin des années 1970 est difficile avec le changement d’orientation de la Chronique sociale, sa rupture avec le Diocèse pour devenir un centre d’édition et de formation.

La retraite professionnelle en 1988 va correspondre, pour Maurice Sadoulet, à une nouvelle aventure avec l’Antenne sociale. L’éloignement de la Chronique sociale a privé le diocèse d’un lieu d’analyse sociale. En 1989, pour répondre à la demande du cardinal Decourtray et de la commission sociale de l’épiscopat, une petite équipe, d’une dizaine de personnes, se met en place autour du père Montfalcon, de Maurice Sadoulet, de Bernard Devert dans le cadre de la paroisse de La Rédemption. L’idée est de créer un groupe d’expertise sur des questions de société. Ainsi, sur demande de l’archevêque, l’Antenne réalise une enquête sur la prison de Villefranche-sur-Saône, puis sur le logement à Lyon. Maurice Sadoulet devient président de ce groupe, devenu l’Antenne sociale de Lyon, jusqu’en 1995. René Valette lui succède. Pour autant, à 94 ans, le temps n’est pas à la retraite, Maurice Sadoulet s’intéresse toujours aux sciences cognitives, faisant partie de groupes d’échange, notamment du Centre théologique de Meylan.


Bernadette ANGLERAUD

Cet article a été publié dans le n° 54 de Regards en janvier 2013

Léon HARMEL  [1829 - 1925]

Le 25 novembre 1915, Léon Harmel s’éteignait à Nice à l’âge de 86 ans. Celui qui reste comme l’une des grandes figures du catholicisme social a en effet profondément marqué l’histoire sociale et religieuse de notre pays. Patron de la filature du Val des Bois, il a été le précurseur d’avancées fondamentales telles que les allocations familiales. Homme public et chrétien engagé, il a été le promoteur de réformes devenues indispensables dans la nouvelle société industrielle telle que l’humanisation des conditions de travail. Celui qui a consacré sa vie à la condition ouvrière, qui a lutté pour un monde plus juste et plus fraternel, qui a vécu dans la simplicité, nous a transmis des valeurs et des idées intemporelles. Son œuvre éclaire aujourd’hui sur des questions essentielles comme l’attention aux moins favorisés, les rapports entre catégories sociales, la dimension humaine de l’économie et la finalité de l’entreprise.

Des innovations sociales

Dès les débuts de l’usine familiale du Val des bois, la gestion de la caisse de secours et des groupements d’achat est confiée à des ouvriers désignés chaque année par leurs camarades. Cette méthode Harmel, initiée par Jacques-Joseph, son fils Léon la développe pour en faire son credo : l’appel à l’initiative ouvrière. La culture de la responsabilité ainsi encouragée trouve son aboutissement dans l’institution du Conseil d’Usine, préfiguration de nos comités d’entreprise et de nos comités d’hygiène et de sécurité. Par ailleurs, Léon Harmel crée dès 1891 le sursalaire familial, ancêtre de nos actuelles allocations familiales.

La volonté de procurer un mieux-être matériel aux ouvriers, de les éduquer et de les distraire est une des préoccupations de la famille Harmel. En l’absence de législation sociale, les Harmel prennent des initiatives telles que : la mise à la disposition de leurs ouvriers de logements, la création d’institutions de protection sociale (la caisse de secours et la caisse de retraite), la constitution de sociétés coopératives (la boulangerie du Val des Bois), l’institution de structures d’éducation (l’école maternelle, les écoles primaires et l’école ménagère), la mise en place de structures de loisirs (les groupes de théâtre, de musique ou de gymnastique).

Figure emblématique, avec Albert de Mun et René de la Tour du Pin, du catholicisme social, Léon Harmel (1829- 1915) compte à la fois parmi les inspirateurs et les propagateurs de la doctrine sociale de l’Église. C’est un homme hors du commun : chef d’entreprise à 25 ans, catholique de grande spiritualité, ami du pape Léon XIII, organisateur de pèlerinages ouvriers à Rome, orateur talentueux et homme de plume auteur de plusieurs ouvrages et d’une abondante correspondance, créateur d’institutions éducatives et syndicales, partisan de la démocratie chrétienne reconnaissant le syndicalisme ouvrier.

Un siècle après sa disparition, l’œuvre de Léon Harmel est toujours vivante. Un certain nombre d’institutions dont il est – avec d’autres – à l’origine continuent leur route. Ainsi en est-il : du groupe industriel Vivescia, prolongement du Syndicat agricole de Champagne créé conjointement avec Gustave de Bohan, de l’école d’ingénieurs HEI de Lille dont s’est détachée l’EDHEC, de la CFTC, du Mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens issu de l’Union Fraternelle du Commerce et de l’Industrie. Par ailleurs, nombre de ses intuitions sociales, reprises par le législateur français, contribuent encore aujourd’hui au bien-être général. Si l’action sociale de Léon Harmel n’est plus exactement transposable aujourd’hui, l’esprit qui présida à sa réalisation reste une source d’inspiration.


Jean LACROIX 

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Né à Lyon en 1900, mort à Lyon en 1986

« Chrétien philosophe » et non philosophe chrétien selon le mot du cardinal Decourtray.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages : Timidité et adolescence, Personne et amour, Vocation personnelle et tradition nationale, Marxisme existentialisme personnalisme, Le sens du dialogue, Le sens de l’athéisme moderne, Histoire et mystère, Philosophie de la culpabilité…

Philosophe personnaliste, c’est-à- dire recherchant une troisième voie entre le marxisme et les excès du capitalisme. La notion de personne, dans sa transcendance, assure le lien entre l’isolement de l’individu et la tyrannie du collectif : «  la personne n’est pas une donnée, mais un devoir-être », elle n’est pas une conscience mais une créatrice de conscience. Il définit sa philosophie comme « la transformation par l’esprit de l’événement en expérience » et insiste sur la nécessité de penser en se mettant à la place de l’autre. Il est proche d’Emmanuel Mounier dont il fait la connaissance en 1928.

Professeur agrégé de philosophie en 1927, il enseigne au lycée du Parc à Lyon de 1937 à 1968 (année de sa retraite professionnelle).

Ses engagements sont multiples en plus de sa stricte et brillante activité de professeur (le Maire de Lyon fut son élève au lycée du Parc) :

– participe à la fondation et au développement de la revue Esprit, notamment à Lyon ;

– impliqué dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale (il doit se cacher à partir du printemps 1944) ;

– participe au mouvement du catholicisme social ;

– tient une chronique au journal le Monde sur les publications philosophiques et rédige plusieurs centaines d’articles.