A la recherche d’une liberté responsable 

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En quelques décennies,  la nation France, une et indivisible, est devenue une société multi culturelle, multi religieuse, et fragmentée socialement et territorialement, au sein d’une Europe à la dérive, dans une mondialisation instable.

Les évolutions de la société française

  • La France, fille aînée de l’Eglise, a cessé d’être chrétienne

La pratique religieuse a baissé depuis le XVIII° siècle, avec un décrochage brusque et continu depuis le milieu du XX° siècle : Baisse des baptêmes et funérailles religieuses ; baisse de la fréquentation du dimanche ( 6% de la population, 12% des baptisés) ; baisse  du nombre de prêtres et religieux/religieuses. Dans ce contexte, « l’Eglise catholique, en tant qu’institution et corps social, ne joue plus du tout dans la même division que l’Etat ». Elle apparaît comme une île  minoritaire dans l’archipel français. L’influence du catholicisme est en train de disparaître. La France est devenue ‘’a-chrétienne’’. Ce décrochage brutal de l’influence du catholicisme  est un fait social important. « Avec le déclin du contre pouvoir du communisme , c’est tout l’édifice idéologique de la société française qui se trouve  déstabilisé ».

  • Basculements anthropologiques 

Les mariages enregistrés sont de moins en moins nombreux ; La durée des unions est de plus en plus aléatoire ; les naissances hors mariage sont devenues la norme. L’IVG est entrée dans les mœurs (13,9/1000 femmes) ; l’homosexualité se décrispe, la PMA accessible  devient majoritaire (malgré les manifs pour tous) ; l’incinération des défunts apparaît comme écologique ; le tatouage est une pratique banalisée.

  • Des fragmentations multiples

Effondrement électoral du PC qui en 1970 représentait entre 20 et 25%  des suffrages. Les insoumis n’ont pas remplacé le PC. Le PS ne répond plus. La droite est amputée. Perte d’influence des grands médias de masse (journaux et TV) au profit des réseaux sociaux sur Internet. Montée en puissance de l’individualisation (volonté de se distinguer de la tradition). 

  • Recul de la mixité sociale

Dans  l’habitat entre ‘’élites’’ urbaines et périphéries, avec des conséquences en terme d’accès à l’éducation scolaire et universitaire.

Fin des grandes institutions de mixité comme le service militaire, les colonies de vacances.

Regain de certaines ‘’identités régionales’’ (Bretons, Corses) ou revendication d’identité des immigrés arabo-musulmans, ou turcs.

  • La recomposition du paysage politique (avant élections européennes)

Que souligne l’émergence des gilets jaunes? L’ancien clivage Ouest/Est est devenu centre/périphérie avec dépendance à la voiture et sentiment de déclassement social.

Ce nouveau clivage est fonction du niveau d’études et des possibilités (plus que du revenu), du sentiment de déclassement social, des inégalités de territoires (métropoles/ périphérie).

Ces changements profonds peuvent conduire à une accentuation des fractures entre les différents groupes qui se rattachent soit à  un lieu de résidence (villes/périphéries) soit une perspective économique (gagnants /perdants en fonction des diplômes), soit à une identité (musulmans, évangélistes, catholiques conservateurs), soit à des valeurs différentes ( sexualité, procréation, inclusion/protestation).

Au cœur de ces changements sociétaux, il nous reste à réinventer de nouveaux liens sociaux qui fassent contrepoids à l’émiettement actuel, où l’irresponsabilité collective est perçue comme une liberté, au détriment d’une responsabilité vraie, assumée et partagée.

* Comment vivre en citoyens à la fois lucides intelligemment et volontairement courageux  et responsables ?

* Comment dire Dieu, en un langage du XXI° siècle  dans une Eglise minoritaire et une société massivement areligieuse ?

                                                                              Etienne FAUVET, juin  2019